Sucre et cancer mythe ou réalité ?

Sucre et cancer mythe ou réalité ?

Écrit par

Clément Draghi – Data scientist, chercheur

Delphine Lichte-Choukroun – Responsable du Pôle Nutrition 

Lorsqu’on accompagne les patients touchés par le cancer, il ne se passe un jour, , sans que l’on soit confronté au mantra « le sucre nourrit le cancer » et toutes les déclinaisons en découlant. Ce discours est alimenté et entretenu par les réseaux, les gourous, les amis bienveillants qui veulent aider…

Alors « sucre & cancer », mythe ou réalité ?

Tout d’abord que met-on dans la case « sucre »

  • Les délices : gâteaux, miel, confiture, sucre, chocolat, crèmes dessert, yaourts aux fruits
  • Le pain, les pâtes, le riz, les céréales
  • La pomme de terre, la patate douce
  • Les légumineuses
  • Plats préparés
  • Boissons sucrées, même zéro mais au goût sucré
  • Les fruits

Ensuite on peut catégoriser les qualités de sucre et la distribution différente dans l’organisme.

Quoi qu’il en soit, ce qui les rassemble, c’est l’apport énergétique.

Le sucre a deux principales fonctions :

  • Apporter de l’énergie
  • Apporter du plaisir et bien plus. Ce plaisir est indispensable pour fabriquer le messager du bien-être, la Sérotonine.

Lorsqu’on se prive en excès de sucre ou si on le supprime totalement, les réactions ne se font pas attendre :

  • Baisse d’énergie
  • Perte de poids pouvant aller jusqu’à la dénutrition
  • Déprime

Origine du lien Sucre et Cancer

Lorsqu’on est en bonne santé, réduire sa consommation de sucre pour passer d’un excès à un apport raisonnable est évidemment une bonne idée.

A l’annonce du cancer, la personne se retrouve face à son corps qui a trahi et face à une avalanche d’émotions qui puisent dans notre stock de sérotonine (notre messager du bien-être).

Puis suit le temps des traitements dont le principal effet secondaire est la fatigue. Qui dit fatigue, dit besoin d’énergie. Les deux moyens prioritaires pour pallier à cette fatigue sont l’apport d’énergie via l’alimentation et aussi l’activité physique adaptée qui reste le meilleur remède contre cette fatigue inextinguible au repos.

Mais le sucre, « c’est mal ».

La majorité des patients rapportent ce postulat qui veut que le sucre nourrisse les cellules cancéreuses » et qu’il faut alors priver drastiquement de sucre les cellules pour éviter la progression du cancer ou l’apparition d’une récidive ».

 Le lien entre le sucre et le cancer trouve son origine par la grande consommation de sucre que font les cellules cancéreuses en raison d’un milieu pauvre en oxygène. Elles favorisent ainsi les voies métaboliques utilisant préférentiellement le glucose.

C’est d’ailleurs cette caractéristique qui est utilisée lors d’une tomographie à émission de positron (TEP scan) où l’on injecte du glucose radioactif pour visualiser la ou les tumeurs.

Les cellules cancéreuses à l’instar d’autres organes comme le cerveau qui en consomme 20% de ce que nous consommons chaque jour, vont capter préférentiellement ce glucose radioactif et ainsi être visible à l’imagerie.

Mais quand le sucre vient à manquer, les cellules cancéreuses sont capables de créer des dérivations et peuvent se servir d’autres voies métaboliques pour se nourrir en utilisant d’autres substrats et notamment des protéines. Lorsque les cellules cancéreuses utilisent les protéines à leur profit, le risque de dénutrition est aggravé et c’est alors une perte de chance.

A contrario, une masse et force musculaires maintenues voire augmentées permettent d’améliorer l’effet thérapeutique des traitements et d’en diminuer l’effet toxique.

En résumé, le sucre seul n’est pas responsable directement de la prolifération des cellules cancéreuses malgré que ce soit l’un des substrats préférentiels, les cellules cancéreuses peuvent se servir d’autres métabolites à l’instar des cellules saines en utilisant d’autres sources pour obtenir l’énergie nécessaire à leur prolifération.

Régime alimentaire et cancer

Toutes les sortes de régime avec ou sans, le jeûne, adoptés volontairement fragilisent l’organisme voire le déséquilibre. Il est préférable d’adopter le « on fait comme on peut » et d’être accompagné par son médecin ou un nutritionniste qui saura vous conseiller sur comment et quoi manger en s’adaptant à chaque jour de vos traitements et des effets secondaires ressentis.

Il faut distinguer le temps des traitements du temps du « tout va bien ».

Lorsque tout va bien et que l’on souhaite adopter une alimentation équilibrée, bonne et joyeuse, il est pertinent de gérer sa consommation de sucre et de trouver un équilibre entre le besoin d’énergie, la gourmandise et le plaisir. Et là encore, être accompagné par un professionnel pour comprendre et apprendre peut simplifier le quotidien et balayer les idées reçues et fausses croyances.

Pendant les traitements, on fait ce qu’on peut, on mange ce qui fait du bien, ce qui a du goût voire bon goût et dès que possible on mange « utile » comme des protéines. Lorsque se nourrir devient trop problématique, il appartient au patient de se faire plaisir et au nutritionniste d’organiser autour l’alimentation adéquate et complémentaire.

Lorsque le sucre est diminué à outrance voire supprimé, dans un premier temps, la personne ressent une sorte de victoire sur son corps et une manifestation glorifiante de sa volonté. Si la restriction stricte se prolonge au-delà de 3 semaines, survient une baisse d’énergie physiologique et pour tous d’une diminution de production de sérotonine (messager du bien-être).

Il est à noter que les recommandations mondiales préconisées par WCRF n’abordent pas le sucre, le seul focus est sur les boissons sucrées.

Source :  https://www6.inrae.fr/nacre/Actualites/WCR-AICR-Third-expert-report-2018

En conclusion, le sucre n’est pas à bannir, c’est l’excès de sucre qui est à cadrer et aussi la manière de le consommer en prenant en compte la qualité des sucres et les associations à créer pour rendre la consommation de sucre la moins néfaste possible pour l’organisme.

La consommation raisonnée et raisonnable du sucre a toute sa place dans l’alimentation équilibrée.

Lien entre consommation de viandes et Cancer, 2nd Coup de balai sur les idées reçues

Lien entre consommation de viandes et Cancer, 2nd Coup de balai sur les idées reçues

C’est un fait et non plus une « chimère » (ou un fantasme), le lien cancer et alimentation est aujourd’hui totalement avéré.

40% des cancers seraient évitables en modifiant quelques habitudes de vie.

Malheureusement comme tout chiffre l’interprétation de ce dernier n’est pas univoque et son sens prend de nombreuses formes au gré des interlocuteurs.

En effet, certains y voient une occasion de prôner le tout-répressif, d’autres la modération, d’autres encore cristallisent leur attention sur un élément-aliment qui pourrait être protecteur ou à l’opposé provoquer un cancer.

Cet article a pour objectif de faire un focus sur la viande et plus particulièrement la viande rouge pour tordre le cou aux idées reçues !!!

 

Dans un premier temps, explorons ce que disent les études :

En 2015, un groupe de travail, composé de 22 experts de dix pays différents nommés par l’OMS, rend son rapport sur les effets de la consommation de viande rouge et l’association potentielle d’un risque d’être atteint d’un cancer et notamment celui du cancer colo-rectal. Les experts classent alors la viande rouge comme probablement cancérigène (classe 2A) après avoir analysé plus de 800 études et la viande transformée comme cancérogène avec un niveau de preuve convaincant.

Parmi ces études, le groupe de travail a donné de l’importance aux études prospectives de cohortes réalisées dans la population générale et aux études cas témoins, ainsi qu’à celles qui utilisaient des questionnaires validés et ayant ajusté les principaux biais potentiels.

Une étude prospective vise à évaluer les effets de l’exposition à un facteur donné et dans laquelle les participants sont divisés en groupes « exposés » et « non exposés » avant que les résultats ne soient produits.

La première conclusion est la grande hétérogénéité des résultats obtenus sur l’association entre consommation de viande rouge et l’apparition de cancer du côlon. 12 études de cohorte sur 18 ont retrouvé une association positive et 6 sur 9 études cas-témoins. Enfin, sur les 10 méta-analyses retenues, il en ressort une augmentation de 17 % de risque relatif par apport de 100 grammes par semaine de viande rouge.

Dans l’étude d’Alexander (1) de 2015 cité par le rapport, lorsqu’on examine la relation dose-dépendante, nous n’observons pas de lien linéaire entre le risque de cancer du côlon et la consommation de viande rouge, c’est-à-dire un lien qui augmente proportionnellement à la quantité de viande rouge ingéré, mais une relation non-linéaire avec un plateau autour d’une consommation de 140g/jour.

Pour simplifier, ça qui veut dire que le lien entre consommation de viande rouge et cancer colorectal ne peut être certifié.

Et ceci peut s’expliquer par des biais importants non corrigés et des facteurs de confusion.

Nous pouvons citer plusieurs hypothèses pour expliquer ce fait. La consommation de viande rouge peut être un indicateur d’appartenance à un groupe d’individus qui aurait un mode de vie à risque vis-à-vis du cancer colorectal, mais qui ne serait peu ou pas dû directement à la consommation de viande rouge. En d’autres termes les individus consommant plus de viande rouge seraient aussi ceux qui consommeraient de faibles quantités de fibres ou seraient plus sédentaires.

Une nouvelle étude (2) parut en 2019, utilisant une autre méthodologie que celle de l’OMS conclut qu’il existe des preuves faibles à très faibles qu’un régime restreint en viande puisse avoir un effet sur la survenue de troubles cardiométaboliques, d’incidence et de mortalité par cancer.
D’autres études seront donc nécessaires pour affirmer avec certitude le lien entre cancer et viande rouge, qui s’il existe reste faible et expliquer les liens mécanistiques (analyse des substances nocives) de la cancérogénicité de la viande rouge.

Le directeur du CIRC (centre international de recherche sur le cancer), Dr Christopher Wild a déclaré : « Ces résultats confirment en outre les recommandations de santé publique actuelles appelant à limiter la consommation de viande. Dans le même temps, la viande rouge a une valeur nutritive. Par conséquent, ces résultats sont importants pour permettre aux gouvernements comme aux organismes de règlementation internationaux de mener des évaluations du risque, et de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de la consommation de viande rouge et de viande transformée, et de formuler les meilleures recommandations alimentaires possibles ».

De là, les médias, les réseaux, les gourous ont conclu à préconiser sous forme d’injonction de ne plus consommer de charcuterie ni de viande rouge, qui s’est même étendu pour certains à ne plus consommer de viande du tout.

De quelle viande s’agit-il ?

Faisons le tri entre les viandes : viande rouge, viande blanche et viande transformée :

  • Viande rouge concerne le bœuf, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre
  • Viande blanche rassemble les volailles, le lapin, le veau et le porc
  • Viande transformée par salaison, maturation, fumaison ou tout autre processus de transformation. On trouve les saucisses, les charcuteries, nuggets, cordon bleu…

La consommation de viande rouge a un intérêt indéniable sur la santé.

La viande rouge comme blanche apporte du zinc et des protéines bien assimilables par l’organisme. La viande rouge, quant à elle, est le pourvoyeur de fer héminique et de vitamine B12.

Il est possible de remplacer la viande par d’autres sources de protéines tels que les œufs ou le poisson. Il est toutefois nécessaire de prendre quelques précautions car les apports en fer et vitamine B12 ne seront pas couverts. De plus, il faut consommer plus de poissons, œufs ou légumineuses pour espérer assimiler la même quantité de protéines. C’est-à-dire qu’il faut un appétit plus féroce.

Pour exemple :

100g bœuf=3 Œufs=150g poisson=250g lentilles cuites

Ainsi, il est intéressant de varier les sources de protéines et d’aliments pour enrichir la diversité de nutriments et micronutriments absorbés.

Maintenant, un petit arrêt sur les « viandes végétales ».

Les viandes « végétale » ou le Canada Dry de la viande.

Elles sont le plus souvent composées de protéines de soja, de pois, de lupin ou de blé. Bon nombre de ces préparations sont des produits transformés donc à ne pas consommer trop souvent.

Pour choisir au mieux, choisir des produits les plus bruts possibles comme les émincés et effilochés non panés, s’intéresser à l’étiquetage et préférer les produits affichants au moins 15g de protéines pour 100g de produit.

Les recommandations diffèrent en fonction des besoins

Les objectifs sont différents en fonction des profils des personnes

  • Prévention
  • Pendant les traitements
  • Après les traitements

Consommation raisonnable de viande rouge ne veut pas dire plus de viande.

On peut bien évidemment choisir de ne pas consommer de viande rouge, il faut alors trouver des équivalents.

Quoiqu’on en dise les protéines végétales et animales ne se valent pas mais sont complémentaires et c’est pourquoi les personnes qui ne consomment plus du tout de viande doivent se complémenter en vitamine B12 et en fer via des compléments alimentaires (forcément passés par l’industrie !!!)

Il faut souvent manger plus de protéines végétales, donc l’appétit doit être au rendez-vous.

Pendant les traitements, les enjeux ne sont pas les mêmes. En fonction de la localisation de la maladie, du traitement reçu, le goût peut être modifié, la déglutition difficile, l’appétit très réduit, la fatigue est souvent très présente. Et nous devons préserver le plaisir.

Près de 40% des patients sont en état de dénutrition à l’annonce du traitement et en fonction de la localisation de la maladie, ce chiffre peut aller jusqu’à 88% des patients.

L’anémie est un effet courant de la chimiothérapie. Ainsi, un apport en vitamine B12 et en fer via la viande rouge est recommandé pendant les traitements. A condition, évidemment que le patient puisse ou veuille en consommer.

De plus, l’apport énergétique doit être suffisant pour avoir la force de supporter les traitements.

Les réseaux sociaux, Dr Google, amènent parfois des informations riches pour le patient et souvent compliquent également à coup de généralités, d’injonctions de faire ou de ne pas faire, en ne prenant pas en compte les spécificités individuelles, les traitements etc…

Pour diminuer encore les risques, la préparation de la viande prend toute son importance. Il est préférable de se diriger vers une cuisson douce, préparer la viande grâce à des marinades et des épices.

Les associations sont également à réfléchir, une bonne dose de vitamine C apportée par une belle salade permet de diminuer la toxicité éventuelle de la viande et de cuisson.

Ainsi, pour diminuer les risques de surconsommation et obéir à tous nos besoins, il est recommandé de varier et de diversifier les sources de protéines en alternant, viande, volaille, œufs, poisson, coquillages et crustacés. Tout en respectant les limites en consommant moins de 500g de viande rouge par semaine et moins de 150g de viande transformée par semaine

Aucun aliment n’est interdit, encore une fois, c’est l’excès de certains aliments qui est à cadrer.

Ici, encore, selon les valeurs de l’Institut Rafaël, c’est le parcours sur-mesure qui est primordial.

 

Références des études scientifiques citées :

1, Alexander DD, Weed DL, Miller PE, Mohamed MA. Red Meat and Colorectal Cancer: A Quantitative Update on the State of the Epidemiologic Science. J Am Coll Nutr. 2015;34(6):521-43. doi: 10.1080/07315724.2014.992553. Epub 2015 May 5. PMID: 25941850; PMCID: PMC4673592.

2, Johnston BC, Zeraatkar D, Han MA, Vernooij RWM, Valli C, El Dib R, Marshall C, Stover PJ, Fairweather-Taitt S, Wójcik G, Bhatia F, de Souza R, Brotons C, Meerpohl JJ, Patel CJ, Djulbegovic B, Alonso-Coello P, Bala MM, Guyatt GH. Unprocessed Red Meat and Processed Meat Consumption: Dietary Guideline Recommendations From the Nutritional Recommendations (NutriRECS) Consortium. Ann Intern Med. 2019 Nov 19;171(10):756-764. doi: 10.7326/M19-1621. Epub 2019 Oct 1. PMID: 31569235.

 

Faut-il manger bio ? Balayons les idées reçues !

Faut-il manger bio ? Balayons les idées reçues !

Écrit par

Clément Draghi – Data scientist, chercheur

Delphine Lichte-Choukroun – Responsable du Pôle Nutrition 

Qui remettra en cause l’affirmation qui dit que Manger Bio est bon pour la santé ?

Aujourd’hui le dogme du « manger bio, manger sain » est tellement puissant qu’il est difficile, voire impossible d’argumenter ou même simplement d’en discuter.

Pourtant le sujet mérite de nombreux éclaircissements pour distinguer le vrai du faux.

Plus de 40% des cancers seraient attribuables à des facteurs de risques évitables.

Si aucun aliment à lui seul ne protège ni ne soigne du cancer, certains facteurs nutritionnels sont associés à une majoration ou diminution du risque.

Qu’en est-il du Bio sur notre santé ?

Commençons par définir ce que veut dire « bio ».

L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité́ dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants (8 sept. 2017, Alimagri (site du ministère de l’agriculture et de l’alimentation)).

Si nous analysons cette définition, nous constatons qu’il est écrit « elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse ». Cela n’exclut pas totalement les pesticides, mais uniquement les pesticides de synthèse. Les pesticides d’origine naturelle restant autorisés.

Le Bio est avant tout un label environnemental et non un label santé.

Analysons le cahier des charges du bio :

  • Interdiction des pesticides de synthèse (ce qui ne veut pas dire que les pesticides sont interdits)
  • Pas de semences OGM (max 0,9%)
  • Protection des cultures par des auxiliaires naturels
  • Limitation des antibiotiques (mais pas d’interdiction !)
  • Alimentation bio des animaux
  • Accès au plein air et au pâturage pour les animaux

Ce que le cahier des charges ne mentionne pas :

  • Pas de cahier des charges nutritionnels
  • Pas de cahier des charges éthiques
  • Notion de proximité et de saisonnalité (pas de notion d’empreinte carbone)
  • Présence d’additifs : une liste de 50 additifs alimentaires sont autorisés dans le bio

(Dioxyde de soufre, Anhydride sulfureux Métabisulfite de sodium, Pyrosulfite de sodium, Métabisulfite de potassium, Pyrosulfite de potassium, Talc …)

  • E220, E223, E224, E250, E252, E464, E553

Ces additifs autorisés peuvent participer aux « effets cocktails » délétères ou présenter des risques de sensibilité individuelle.

Prenons l’exemple de la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre). Ce fongicide est utilisé dans l’agriculture biologique de la vigne ou la pomme de terre. Le cuivre qu’il contient peut diminuer nos défenses antioxydantes.

En conclusion, les produits naturels ne sont pas toujours moins toxiques que les produits de synthèse.

Logo agriculture biologique, eurofeuilleLa présence du logo eurofeuille, certifie que le producteur n’a pas utilisé de pesticides ou d’engrais chimiques ou qu’il a respecté une alimentation bio pour les animaux avec un recours limité aux antibiotiques et un respect du bien-être animal. Ce qui ne garantit pas que le produit est meilleur pour l’environnement ou la santé. (INC, institut national de la consommation)

Les produits bio ne présentent pas toujours une meilleure composition nutritionnelle.

Bouteille du lait bioLe lait bio est moins riche en iode de 44% que le lait de l’agriculture conventionnel. L’iode est impliqué notamment dans la synthèse des hormones thyroïdiennes ainsi que dans de grandes fonctions de régulation de l’organisme. L’iode est présent dans bons nombres d’autres aliments tels que les crustacés, les poissons, les œufs…

 

Saumon bioEncore un contre-exemple : le saumon bio est plus contaminé que le saumon non bio. En étudiant le sujet, il apparaît que le saumon bio est nourri au moyen de farines de poissons contaminés. Le saumon non bio est nourri en partie de farines et de protéines végétales qui ne présentent pas de contamination.

Allons plus loin, le saumon est source de métaux lourds, le Mercure, et aussi source de Sélénium, micronutriment détoxifiant. Bonne Nouvelle ! 100g de saumon apporte la moitié de nos besoins en Sélénium par jour et des oméga 3.:

Les liens entre BIO et Cancer Décryptage des études

Les études dont se sert la presse pour valoriser le BIO méritent que nous prenions le temps de l’analyse.  Et surtout sur le lien éventuel entre bio et cancer.

L’une des premières études prospectives sur le bio est une étude britannique « The Million Women Study» publiée en 2014. L’exposition aux aliments bio avait été estimée à partir d’un questionnaire chez plus de 600000 femmes adultes sur une durée de 9,3 ans, l’étude anglaise a ainsi montré une réduction de 21 % des lymphomes non hodgkiniens chez les consommateurs d’aliments bio ; et 9% de réductions de cancers du sein, mais aucune association statistique avec d’autres cancers n’a pu être faite.

Organic food consumption and the incidence of cancer in a large prospective study of women in the United Kingdom JAMA Intern Med. 2018;178(12):1597-1606. doi:10.1001/jamainternmed.2018.4357

L’autre étude sur le bio est une grande étude française NutriNet qui a interrogé 70 000 personnes (78 % de femme âgé en moyenne de 44 ans) sur 4 ans et démi (écart type 2 ans). Cette recherche étudie le lien cancer et habitudes alimentaires.

NutriNet est une étude observationnelle et pas une étude interventionnelle donc on ne doit pas conclure à une causalité. Il est important de préciser que l’INRA alerte sur les nombreux biais de cette étude, car la population interrogée n’est pas représentative de la population générale,

L’étude française conclut a une association entre la consommation d’aliment bio et le risque de cancer du sein chez la femme post ménopause et le lymphome non hodgkinien.

Comment expliquer cette corrélation ?

Les personnes consommant bio font en grande majorité plus attention à elles : plus de sport, une alimentation plus équilibrée, être moins en surpoids que les autres.

L’étude Nutrinet souligne que les personnes qui mangeaient bio, pourraient mieux en termes de qualité nutritionnelle (score mPNNS-GS) et pourraient consommer plus de produits d’origine végétale.

Les chercheurs ont essayé de diminuer certaines caractéristiques, mais pas toutes.
De plus aucune preuve, aucun lien n’a pu être mis en évidence entre le taux de pesticide sanguin/urinaire et le risque de développer un cancer !!

Source: Baudry et al. Association of Frequency of Organic Food Consumption With Cancer Risk Findings From the NutriNet-Santé Prospective Cohort Study. JAMA Intern Med. Published online October 22, 2018. doi:10.1001/jamainternmed.2018.4357

Des chercheurs d’Harvard (Jamanetwork) évoquent en lien entre une consommation importante de produits bio et une diminution du risque concernant le cancer du sein post-ménopause et le lymphome non hodgkinien. La petite cohorte de personnes intégrées dans cette étude ne permet pas de conclure. Ainsi les données sont à envisager avec précaution.

Selon l’INRA, manger bio permet réduit le risque de syndrome métabolique et de diabète. En précisant que ce n’est pas le fait de manger bio qui protège, mais le fait de s’intéresser à la qualité de la composition de son assiette.

En conclusion : On n’en sait rien. Et c’est là, la véritable conclusion des études. La leçon est qu’il ne faut pas confondre Cause et corrélation, car deux évènements peuvent survenir simultanément alors qu’ils n’ont pas de lien ensemble.

Ainsi, à l’aune des connaissances actuelles, si le bio devait avoir un impact, il ne saurait être que mineur sur la survenue des cancers.

Niveau de preuve élevé entre alimentation saine et cancer

Cinq facteurs ont prouvé scientifiquement une corrélation entre l’alimentation et la prévention du cancer :

  • Consommation de fibres
  • Consommation de fruits et légumes
  • Consommation de produits laitiers
  • Activité physique
  • Éviter les facteurs de risque que sont tabac, alcool, alimentation déséquilibrée et surpoids (INRAE-02/10/20)
  • Alcool : 2nd facteur de risque après le tabac:
  • Surpoids (sein et colorectal)
  • Viandes rouges et charcuteries

(Fiche repère Institut National du cancer – déc. 2019)-(Réseau NACRE-les facteurs nutritionnels en lien avec le cancer).

Le coût de bio

Le prix des produits bio serait en moyenne 75 % plus élevé que celui de produits issus d’une agriculture conventionnelle. C’est ce que révèle une étude réalisée par linéaires, le magazine mensuel de la distribution alimentaire, sur les 218 catégories de produits qui dépassent un million d’euros de chiffres d’affaires, rapporte BFM TV. Selon les résultats de l’étude, au moins une famille sur cinq de produits bio affiche un prix moyen au moins deux fois supérieur aux autres produits.

Le projet Diet4Trans a analysé les rythmes saisonniers des consommations alimentaires et les différences entre les groupes sociaux dans leurs habitudes de conso. Une association claire avec le statut socioéconomique apparaît. Donc manger bio n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Réduire le risque, réduire les coûts et faire les bons choix

  • Acheter de saison
  • Varier son alimentation permet de réduire l’accumulation de toxiques
  • Préférez certains produits bio. Les produits à privilégier en bio sont les végétaux consommés crus : tous les fruits et légumes consommés sans épluchage et sans cuisson(fraise, raisin, abricot, baies, cerise, salade, tomate, poivron, céleri, concombre, herbes aromatiques…). Mais aussi le riz et le blé complets et pomme de terre
  • Si on ne peut/ veut consommer des produits bio, il est possible d’éliminer un maximum de pesticides :
    • Nettoyage: éliminer les parties abîmées de l’aliment.
  • Lavage à l’eau courante + vinaigre de vin blanc ou de cidre. C’est un lavage pour enlever la terre, les bactéries et les petites bêtes, mais qui n’a pas d’impact sur les pesticides.
  • Laver les fruits et légumes avec saupoudrage de bicarbonate de soude ou trempage pendant 15 minutes dans de l’eau additionnée bicarbonate de soude.
  • Brossage : est l’intermédiaire entre lavage et épluchage.

Les recommandations mondiales actuelles continuent à mettre l’accent sur les facteurs de risque modifiables qui sont appuyés par des preuves solides et encouragent des habitudes alimentaires saines : notamment une conso accrue de fruits et légumes conventionnels ou bio.

Ne nous trompons pas de combat et ne diluons pas le message. Plus encore que de manger bio, les démarches pour préserver l’environnement et sa santé sont :

  • Augmenter sa conso de Fruits et légumes
  • Privilégier les produits locaux et de saison
  • Limiter sa consommation de viande rouge et charcuterie
  • Limiter conso d’aliments ultra-transformés

Nous pouvons conclure que dans le monde de l’alimentation, du Bio et de la Santé tout n’est pas tout blanc, tout noir. Rien n’est totalement bon et rien n’est totalement mauvais (à condition que ce soit de temps en temps) pour notre santé. Ce qui est primordial, c’est la mesure en toute chose et la possibilité d’adopter des meilleures habitudes de vie tout en se faisant plaisir et en préservant son pouvoir d’achat.

En espérant que cet article vous aidera à faire les bons choix sans culpabilité de ne pas bien faire.

La formation au cœur de la médecine intégrative

La formation au cœur de la médecine intégrative

Semaine Nationale de la dénutrition

L’Institut Rafaël enseigne

L’Institut Rafael a pour objectif de passer d’une médecine centrée sur la maladie à une médecine centrée sur l’individu et son projet de vie.

SFO, l’organisme de formation partenaire de l’Institut Rafaël, a pour mission de promouvoir les valeurs d’une médecine intégrative, riche d’une vision pluridisciplinaire – médicale et paramédicale – et holistique, en quête d’une santé globale.

S.F.O. accompagne les professionnels de santé

La SOCIÉTÉ FRANÇAISE ONCO ESTHÈTE (SFO) répond aux attentes des professionnels de la santé avec la certification des compétences enseignées.

Ces compétences donnent aux futurs certifiés de multiples bénéfices :

Une reconnaissance des compétences professionnelles

Une attractivité professionnelle accrue et un meilleur niveau d’employabilité

Elle est également utile aux établissements de santé, car elle est la garantie :

  • D’un personnel compétent avec une qualification reconnue,
  • D’un personnel qui réactualise ses connaissances théoriques et pratiques,
  • De recruter des professionnels de santé fiables, connaissant les modalités de la prise en charge des malades atteints de cancer, en capacité d’exercer durablement, sereinement et efficacement.

La dénutrition au cœur des débats

À l’occasion de la semaine de la dénutrition, nous faisons un focus sur le contenu de nos formations destinées aux infirmiers et docteurs en pharmacie, qui comportent un volet « Nutrition – Dénutrition ».

La DÉNUTRITION, souvent méconnue, concerne pourtant 2 millions de personnes en France parmi lesquelles 400.000 personnes âgées et 40 % des patients traités pour un cancer.

La prévention, le dépistage et la prise en charge de la dénutrition sont devenus une priorité de santé publique.

Dans la formation s’adressant aux pharmaciens « Onco-Pharma », la dénutrition est abordée avec pour mission :

  • De conseiller au mieux les patients dans le choix des compléments nutritionnels pour en améliorer l’observance et l’efficacité
  • D’aider au dépistage de la dénutrition. Le pharmacien étant un des acteurs de santé les plus proches des patients au quotidien peut, s’il apprend à en reconnaître les signes pathognomoniques, réaliser ce dépistage au moyen d’un questionnaire, simple à remplir au comptoir
  • D’interpeller sur l’hygiène bucco-dentaire, autre facteur aggravant.
  • Dans la formation s’adressant aux infirmiers « Onco-nurse », les IDEL reçoivent un enseignement spécifique en nutrition adapté à la personne fragilisée par le cancer, prise en charge à domicile. Cette formation permet aux infirmiers :
  • De dépister la dénutrition
  • De suivre l’évolution de l’état nutritionnel du patient
  • D’acquérir des compétences pour conseiller le patient et améliorer son observance.

L’Institut Rafaël de la théorie à la pratique

Un atelier cuisine pratique complète l’enseignement théorique avec un « Bar à compléments alimentaires » qui permet aux patients mais également dans le cadre de cette formation, aux professionnels de santé de découvrir, goûter, comprendre les compléments nutritionnels oraux (CNO).

Semaine de la dénutrition - Cuisine - FormationAinsi, les futurs certifiés comprendront l’intérêt des boissons lactées avec ou sans fibres, super concentrées ou non, découvrir la gamme adaptée aux diabétiques ou encore faire la différence entre les crèmes plus ou moins acidulées. Cette nouvelle expertise leur permettra d’améliorer l’observance et le confort des patients.

La formation est une des missions cardinales de l’institut Rafaël ; elle participe d’un cercle vertueux servant patients et aidants.

 

Témoignage d’infirmiers ayant assisté à la formation

« La formation est très bénéfique pour mon cabinet d’infirmiers pour optimiser la prise en charge des patients à domicile le plus souvent en dénutrition et fragilisés par les traitements du cancer et plus largement pour tous les patients en dénutrition.

J’ai aimé les différentes approches pour nous donner des clés pour accompagner tant sur les bases de la cancérologie et les traitements, que l’aspect psychologique pour éviter les maladresses de parole que sur la dénutrition, comment la dépister, suivre les indicateurs, savoir alerter et faire remonter les informations. C’est une très bonne formation qui m’a permis de me resituer et d’aborder tous les aspects et les moyens du patient en cancérologie. Cette Formation m’est utile chaque jour. » Bryan

« Bonjour,

Vos conseils ont été très productifs et mon collègue les a d’ailleurs appliqués chez un de nos patients pour les CNO en poudre ». Olivier

Nutrition artificielle et Compléments Nutritionnels Oraux (CNO)

Nutrition artificielle et Compléments Nutritionnels Oraux (CNO)

Semaine Nationale de la dénutrition

Nutrition artificielle et CNO – Compléments Nutritionnels Oraux

 

LA DÉNUTRITION

La DÉNUTRITION touche 2 millions de personnes en France. Les plus concernés sont les personnes âgées, les malades du cancer et d’Alzheimer et les enfants hospitalisés. C’est pourquoi cette maladie silencieuse est devenue un sujet prioritaire en santé publique.

La DÉNUTRITION survient quand les apports nutritionnels ne sont plus suffisants pour couvrir les besoins de votre organisme et/ou lorsque votre organisme a des besoins énergétiques augmentés du fait d’une pathologie. Il y a donc un déséquilibre énergétique, qui se traduit par une perte de poids involontaire. En résumé, les conséquences de la dénutrition sont une perte de poids significative et plus particulièrement de muscles, indispensables au bon équilibre et au tonus musculaire.

LE DEPISTAGE

Quand faut-il s’interroger ?

Plus spécifiquement en cancérologie, la dénutrition concerne 40% des patients, toutes localisations confondues. Les patients les plus atteints par la dénutrition sont ceux concernés par les cancers digestifs et ORL.

Cette importance accordée à l’alimentation a pour objectif de fournir suffisamment d’énergie à l’organisme pour lutter contre la maladie. Un bon état nutritionnel permet ainsi au patient de mieux supporter ses traitements, maintenir son état physique, améliorer sa récupération après une opération, de réduire les complications et les hospitalisations.

A L’INSTITUT RAFAËL

A l’Institut Rafaël, maison de l’après cancer, la prise en charge de cette maladie silencieuse est une priorité pour tous nos patients. Après une évaluation de l’état nutritionnel, au travers d’un parcours biométrique de pointe, d’une consultation en nutrition, et d’une évaluation de la force physique, le patient se voit proposer plusieurs solutions en collaboration entre les différents acteurs, médecins et soignants, présents autour du patient et de sa famille.

LE PARCOURS BIOMÉTRIQUE À L’INSTITUT RAFAËL

Médicalement, la dénutrition s’appelle aussi sarcopénie qui se définit comme une baisse progressive et généralisée de la masse musculaire, de la force et de la performance musculaire.

Pour dépister la sarcopénie, la recherche recense de nombreux tests physiques, biologiques, radiologiques… Des études ont mis en évidence une bonne corrélation et fiabilité entre la mesure de la masse musculaire par bio-impédancemétrie et les mesures de la force musculaire.

À l’Institut Rafaël, chaque patient qui rentre dans un parcours de soins se voit proposer un parcours biométrique qui permet au travers d’un bodyscan complet et de l’impédancemétrie d’évaluer l’état de santé général et la composition corporelle de chacun pour accompagner de manière personnalisée chaque patient.

LA PRISE EN CHARGE NUTRITIONNELLE

En complément de l’alimentation « maison » ou lorsque les apports ne suffisent plus, nous sommes amenés à proposer une nutrition artificielle :

  • Compléments nutritionnels oraux
  • Nutrition entérale
  • Nutrition parentérale

LES COMPLÉMENTS NUTRITIONNELS ORAUX (CNO)

Les CNO sont des mélanges nutritifs concentrés en énergie, protéines, vitamines et minéraux, conçus pour compenser des apports alimentaires insuffisants.

Cuisine de l'Institut RafaelPour rendre cette nouvelle façon de s’alimenter plus concrète, en partenariat avec Fresenius, l’Institut Rafaël s’est doté d’un « Bar à Compléments alimentaires » qui nous permet d’inviter les patients à gouter les différentes textures, les différents parfums. Ce bar nous permet également d’expliquer les différences de composition et l’intérêt de chaque produit, rendant le patient autonome dans ses choix et ses besoins ce qui permet d’améliorer l’observance et le confort des patients.

Ainsi, le choix proposé sera fonction des pathologies concomitantes (diabète, constipation, troubles de la déglutition), des préférences gustatives, des besoins nutritionnels et de l’environnement de chaque patient.

Par la suite, les patients sont invités dans la cuisine de l’Institut Rafaël pour apprendre à cuisiner. Plusieurs options sont proposées en fonction des besoins des patients :

  • Cuisiner des menus riches en protéines
  • Des recettes en max 10 minutes « Top Chrono »
  • Cuisiner sans odeurs
  • Cuisinez les CNO ou comment incorporer un flacon de CNO dans des recettes du quotidien permettant de garder la mastication et le lien social car le patient continue de se mettre à table avec les siens.

Dans certains cas, le cancérologue assisté de l’équipe soignante sera amené à proposer une alimentation entérale via une sonde d’alimentation des nutriments dans le tube digestif. Et encore selon les cas, il sera proposé une nutrition parentérale qui consiste à administrer les nutriments (protéines, lipides et glucides) directement dans les veines. Cette nutrition artificielle n’interdit pas de consommer de « véritables aliments » et peut également s’accompagner de CNO.

Le Pôle nutrition de l’Institut Rafaël en concertation avec les différents acteurs médicaux et paramédicaux accompagne chaque patient de manière personnalisée en prenant en considération les goûts, les préférences, les difficultés et l’environnement de chacun.