Approche intégrative sanitaire post-COVID-19

Approche intégrative sanitaire post-COVID-19

Interview d’Alain Toledano par Jean-François Zagury

Retranscription de la vidéo

Jean-François Zagury : Bonjour, nous intervenons aujourd’hui dans le cadre des Assises de la recherche stratégique pour alimenter la réflexion sur l’après COVID. Donc, aujourd’hui, je vous présente Alain Toledano qui est un éminent cancérologue. Moi-même, je suis aussi médecin et professeur titulaire de la Chaire de Bio-informatique du CNAM. Cette réflexion sur l’après COVID est importante parce que si on comprend bien aujourd’hui, toute notre attention est accaparée par le contrôle de l’épidémie et le traitement des cas graves infectés, on ne sait pas ce qui va se passer après.

Or, le recul montre déjà que parmi les patients infectés, 10% d’entre eux vont développer des séquelles médicales significatives et plus de 40% se plaignent d’une baisse de leur qualité de vie. Donc, si le virus touche une large portion de la population, cela risque d’être un gros problème de santé publique. Et je voulais demander à Alain : comment vois-tu les choses?

Alain Toledano : Jean-François Merci de cette question. Donc, dans la perspective stratégique de ces assises pour élaborer un plan d’action en post-COVID, bien sûr, on doit s’intéresser à tous ces patients infectés et leurs séquelles. Alors on a des observatoires qui sont en cours et qu’on est en train d’alimenter. Mais d’ores et déjà, ce que l’on voit en consultation tous les jours ce sont des patients infectés qui sont de plus en plus fatigués et les patients qui ont des gènes respiratoires au long cours.

Bien sûr, un syndrome anxiodépressif pour une partie d’entre eux, des troubles sensoriels comme les troubles du goût, les troubles de l’odorat. Puis ce fameux neuro COVID. Cette atteinte des fonctions cognitives qu’on méconnaît un peu avec des troubles de la concentration, des troubles de la mémoire. Puis certains collègues chercheurs du Wuhan qui ont même décrit des troubles de la sexualité. Donc, on voit ce cortège de symptômes qu’on va avoir à gérer et qui, pour certains, vont donner des pathologies plus ou moins chroniques.

On voit bien qu’il va falloir, dans le cadre des perspectives sanitaires, s’occuper des patients infectés. Mais on a tous ces patients qui ne sont pas infectés et finalement qui sont des patients du COVID puisque toute la population est malade du COVID. Et donc ça nous amène à réfléchir sur les risques. Le risque, ce danger prévisible. On a les risques immédiats qui sont les risques visibles qu’on est en train de réfléchir. Mais on a ces risques invisibles et on va prendre pour exemple la crise financière de 2008.

On sait qu’il y a une étude dans Le Lancet qui a été publiée en 2008. Il y a eu une surmortalité par cancer de plus de 500 000 patients dans le monde à cause de la crise 260.000 dans les pays de l’OCDE et les trois quarts en Europe.

Ce qui veut dire que lorsqu’il y a une crise de cette ampleur comme COVID, on sous-estime certainement le nombre de morts qu’elle va générer. Et quand on regarde des travaux comme les instituts de recherche français de l’Inserm, qui ont beaucoup publié sur le chômage, les populations de chômeurs par rapport aux non chômeurs ou une surmortalité trois fois supérieure quand on sait que le chômage, c’est plus de 14.000 décès déjà par an en France et qu’on attend au minimum 800 000 chômeurs supplémentaires.

En plus, on va voir qu’il y a, un vrai impact sur la santé social dans notre pays de cette crise. Donc, ce risque invisible est à considérer. Alors, bien sûr, on a tout un tas de pathologies du confinement et en post-confinement qui sont souvent des facteurs de risque cardiovasculaires ou de cancers, à savoir de plus en plus de dépressions. Alors, on parle là de dépressions pathologiques. On a augmenté de plus de 10%, donc avec une population de 25% de dépressifs, quand on sait qu’il y a déjà 10.000 suicides par an en France, il va falloir qu’on monitor, qu’on évalue cet impact.

On a aussi une augmentation de toutes les addictions. Alors on va parler de l’alcool qui n’est pas seulement responsable des violences conjugales. Il y a un impact sanitaire significatif. Le tabac, qui fait déjà 80 000 morts par an en France. Les écrans qui donnent des troubles du sommeil. Et puis, on a une augmentation du surpoids, une augmentation de la sédentarité. Finalement, toutes ces pathologies du COVID qu’il va falloir évaluer dans le cadre d’une perspective sanitaire à grande échelle.

On peut citer aussi, à titre d’exemple, ces troubles de la sexualité. Il y a une belle étude de l’Indiana qui a fait une revue de manifestations sexuelles ou avec diminution des rapports, diminution du plaisir pour tout un tas de raisons. Et donc, on a une science très riche dans l’étude des conséquences post COVID. Donc, si on récapitule, on a ces risques visibles et ce risque invisible, mais un des problèmes, c’est aussi qu’il y a le risque et la perception du risque.

Aujourd’hui, il y a des gens qui sont emprisonnés dans leur peur, qui n’envoient pas leurs enfants à l’école, qui restent confinés, qui nous appellent quotidiennement pour faire des arrêts de travail ou qu’on leur fasse des certificats pour les obliger à être en télétravail. Et dans notre société, l’autre qui était celui par lequel notre salut passait, l’autre est devenu le contaminant. On le rejette donc ça a développé des conduites de racisme, de xénophobie, d’isolationnisme. Donc, ce n’est pas tant le COVID qui est viral, c’est surtout la peur du vide.

Bien sûr, si tous les soirs à la télé, on a un cerveau gauche qui nous donne le décompte des morts, on va avoir des difficultés à faire chuter cette peur. Mais ça nous remet en perspective sanitaire dans le sens d’une importance de la communication thérapeutique pour diminuer l’impact négatif en termes de santé émotionnelle. Si on en fait la synthèse de ces risques post-COVID, on a la santé sociale qui va être altérée, la santé psychologique, la santé sexuelle, la santé émotionnelle. Prendre en considération toutes ces dimensions de la santé, les intégrer dans un projet de santé global pour arriver à gérer le poste Covid comme on gère toute la pathologie chronique avec une ambition de santé intégrative.

Jean-François Zagury : Oui, effectivement, j’avais entendu parler de la santé intégrative. Cette nouvelle approche la santé multidisciplinaire. Peux-tu nous décrire l’historique et aussi les grands axes qui la constituent ?

Alain Toledano : dans les années 90 aux Etats-Unis, face à la maladie chronique, des chercheurs ont commencé à se dire et des cliniciens, finalement, il n’y a pas que les thérapies médicamenteuses on devrait avoir une autre approche de gestion des pathologies de longue durée. Et donc, on a commencé à avoir un mouvement dans certaines universités, comme celle de Duke, en Caroline du Nord, et le Centre de santé publique américain a mis en place un centre de santé intégrative et une quarantaine d’universités ont monté des programmes de recherche et d’enseignement, et notamment pour les plus populaires Harvard, Stanford et au Texas.

Ça a été doté effectivement, financièrement et puis on a développé cette approche. C’est vrai qu’outre-Atlantique, on a eu cette culture qui a un peu tardé en Europe. Et pourtant, on sait qu’on a un vieillissement de la même façon de nos populations. On sait qu’une consultation sur deux est faite pour des patients qui ont une maladie chronique ou un traitement symptomatique ne suffit pas. Les maladies qui déséquilibrent leur vie.

On voit bien en France en 1994 on a 3 millions sept cent mille personnes qui sont suivies pour une affection de longue durée. Et en 2018, on est à onze millions. Donc on ne pourra pas se contenter finalement de faire de la médecine symptomatique.

L’approche aujourd’hui, c’est d’arriver à passer d’une médecine centrée sur la maladie à une médecine centrée sur l’individu et son projet de vie, et à considérer pas uniquement la médecine, mais la santé. La santé, ce n’est pas l’absence de maladies. C’est ce qu’on a dit, la santé émotionnelle, santé sociale, santé sexuelle, santé psychologique. L’idée, c’est d’arriver à l’intégrer dans un parcours santé toutes ces dimensions. Compenser dans un premier temps des déséquilibres de vie et ensuite pour assumer des équilibres qui vont nous permettre de mieux vivre avec une médecine qui est beaucoup plus large.

Jean-François Zagury :  Alain, merci pour cette vision générique de la santé intégrative. Est-ce que tu peux nous la décrit de manière un peu plus spécifique ?

Alain Toledano : L’approche en santé intégrative va nécessiter que pour chaque patient, on co-construise avec lui un parcours de santé qui lui est propre, orienté vers la nutrition, les émotions, l’activité physique, le bien être. Donc, vous avez des nouveaux métiers la sophrologie, la psychologie, l’hypnose, la nutrition. Toutes les dynamiques d’activités physiques adaptées, de kinésithérapie et autres qui sont des acteurs fondamentaux dans le parcours santé et donc avec les médecins, dans un parcours global de santé intégrative. On va pouvoir aller chercher cet équilibre qui dépasse le cadre d’une médecine médicamenteuse.

Jean-François Zagury :  Alain, c’est toute une nouvelle vision de la santé et de la santé publique que tu mets en avant. Est-ce que tu penses que cette vision pourrait être partagée par nos confrères et par les institutions politiques ?

Alain Toledano : Il y a un rapport qui a été commandé par le gouvernement qui s’appelle Ma santé 2022, qui montre bien qu’avec les 223 000 médecins en France, le million d’infirmières et d’aides soignantes pour ces 3.000 hôpitaux qui accueillent 20 millions de patients, ce système magnifique, solidaire, accessible, qui coûte 250 milliards d’euros, c’est plus de 10% du PIB, c’est plus que la moyenne de l’OCDE et malgré tout ça, ce système nourrit le mécontentement des soignants et des usagers.

Ce système vit des tensions rigides d’organisation. Il y a des tensions financières croissantes et une demande importante. Donc, il va falloir le réformer, notre système. Alors, bien sûr, on a des économies à faire. Le numérique va nous permettre d’économiser plus de 10% qu’on va pouvoir réaffecter. L’idée, c’est d’arriver à transformer un système de santé sans qu’il y ait de surcoût en étant plus efficace. Pour exemple, on a vu que les facteurs de risque cardiovasculaires qui génèrent un cancer sont à peu près les mêmes : l’alcool, le tabac, l’obésité, l’exercice physique.

On peut diminuer de 40% les cancers, juste avec des politiques de prévention. Et aujourd’hui, on a moins de 3% du budget qui est alloué à la prévention. Alors, on va donner un autre exemple : notre médecine aujourd’hui nous impose des consultations rapides et qu’en moyenne, on coupe la parole à un patient au bout de 23 secondes. Donc, on va beaucoup prescrire. Et c’est vrai qu’un patient en France se voit prescrire dans 93% des cas un traitement médicamenteux, contre 40% pour cent aux Pays-Bas et il ne meurt pas plutôt bien. On jette une boîte de médicaments sur deux à la poubelle, c’est à dire qu’on jette sept milliards d’euros par an à la poubelle. Donc, il va falloir penser la santé globale. Est ce qu’on doit à la pensée de penser notre futur dans notre réflexion stratégique en continuité ou en rupture ? Est-ce que si on pense le changement, il doit être immédiat ou différé ? Est ce qu’on est ouvert ou fermé ?

On est appelé dans nos introspections à essayer de dessiner un système plus efficace qui n’est pas plus coûteux et plus innovant. C’est pour ça qu’on va avoir besoin de nouveaux métiers pour donner plus de temps à chacun, à chaque patient, parce que le temps, c’est de la qualité. Des nouveaux métiers, pas uniquement médicaux, donc une santé intégrative qui va intégrer toute cette approche en santé globale. Donc, il va falloir un corpus idéologique des enseignements, soit des universités ou des écoles professionnelles. Mais on pourrait tout à fait dire que le CNAM serait génial pour arriver à porter des enseignements en santé intégrative pour arriver à transformer la santé et que le post-COVID, finalement, ait été un catalyseur d’une nécessité de repenser la santé de demain.

Jean-François Zagury : Donc, ce que je retiendrai de ce que tu as dit, c’est d’une part que le prix COVID ne se limite pas aux seuls patients touchés par le coaching. C’est toute la société entière qui est touchée avec ce que tu appelé les risques visibles et invisibles. Donc, c’est très intéressant. Deuxièmement, il y a la santé intégrative, qui est une discipline en plein essor, au moins chez les Anglo-Saxons, et qui mériterait d’être développée en Europe parce que toute l’Europe souffre de cette absence aujourd’hui.

Et le troisième point que je vois aussi important, c’est que tu as donné des solutions possibles qui existent, donc des marges de manœuvre pour appliquer cette stratégie post-COVID. Mais en fait, cette nouvelle stratégie de santé publique, ce serait d’une part, de gagner sur des budgets liés, par exemple, à une meilleure informatisation des systèmes donc, il faut une idée sur les coûts et d’autre part aussi appuyer sur la prévention. Je crois que tu as cité le chiffre de 3% de prévention du budget en prévention en France., de mémoire, c’est plutôt de l’ordre de 10% dans les pays Anglo saxons et ça, ça peut expliquer aussi qu’il y a une grosse marge de manœuvre pour transformer un peu notre système.

Je te remercie beaucoup d’avoir partagé avec nous cette réflexion prospective et j’espère qu’on pourra se revoir pour travailler, notamment au niveau du CNAM, sur ces nouveaux challenges, aussi bien sur plan santé public que sur le plan des enseignements et des formations à faire pour les professionnels.

Merci beaucoup.

 

Sport et cancer, l’importance de l’activité physique adaptée

Sport et cancer, l’importance de l’activité physique adaptée

Dr Nathaniel SCHER, oncologue-radiothérapeute
Dr Alain Tolédano, oncologue-radiothérapeute, Institut Rafaël & Institut de radiothérapie Hartmann.

L’activité physique est un déterminant important en santé publique, en contribuant à la baisse de la prévalence de plusieurs maladies. Le cancer se trouve au premier rang des causes de mortalité dans le monde. L’activité physique pourrait prévenir jusqu’à 25 % des cancers, en plus d’améliorer la survie et la qualité de vie des patients atteints de cancer. Les autorités de santé préconisent l’intégration de l’activité physique dans le panier de soins oncologiques de support relative à l’amélioration de l’accès aux soins de support des patients atteints de cancer. La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 introduit la notion d’activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection longue durée (ALD), et notamment de cancer. La recommandation est celle d’une pratique d’activité mixte (développement des capacités cardio-respiratoires et renforcement musculaire), comportant des exercices d’intensité modérée ou élevée avec une quantité hebdomadaire de 30 min par jour d’activité physique au moins 5 jours par semaine. Le sport fait partie prenante du traitement du cancer et de l’après cancer. En effet, l’activité physique adaptée et régulière diminue le risque de développer certains cancers, facilite la prise en charge thérapeutique et diminue les risques de récidive et de mortalité après traitement de certains cancers.

Les bienfaits de l’activité physique adaptée

Une activité physique régulière d’intensité modérée à élevée, tout au long de la vie, réduit les risques de développer un cancer. Les données sont probantes pour le cancer du côlon, le cancer de l’endomètre et le cancer du sein. Elles sont plus limitées pour d’autres cancers (en particulier pour les cancers des poumons, de l’oesophage et du foie). Une activité physique régulière d’intensité au moins modérée est associée à des réductions de la mortalité et des récidives du cancer, avec des relations effet-dose, pour les cancers du sein, colorectaux et de la prostate non métastatiques. Chez les patients atteints d’un cancer, on observe des modifications de la composition corporelle et une altération de la condition physique en lien avec le cancer et avec les traitements spécifiques anti-cancéreux ce qui entraine un déconditionnement physique secondaire. Dans ce contexte, l’activité physique a comme intérêt:

  • Maintien de la masse musculaire et réduction de la masse grasse
  • Amélioration de la capacité cardio-respiratoire
  • Lutte contre la fatigue
  • Réduction des douleurs
  • Amélioration de l’anxiété de la dépression

 

Bénéfices de l’activité physique sur les traitements du cancer

L’activité physique réduit certains effets indésirables des traitements et optimise les possibilités de suivre un traitement de manière optimal pour le patient:

  • Sur le plan de la chirurgie: l’activité physique permet de réduire le taux complications post opératoire (cancer du sein et poumon). Dans le cadre du cancer du sein par exemple, l’activité physique améliore la récupération de la mobilité de l’épaule et limite les douleurs après une chirurgie. Après un curage ganglionnaire axillaire, l’utilisation du membre supérieur du côté opéré ne doit plus être interdites. Une activité physique adaptée en endurance ou en renforcement musculaire du membre supérieur homolatéral au curage pourrait prévenir l’apparition d’un lymphoedème, voire l’améliorer, mais ne l’aggrave pas. Elle améliore la mobilité de l’épaule, sans majoration des douleurs.
  • Les patients qui suivent un traitement de chimiothérapies et ou par thérapies ciblées bénéficient aussi des effets positifs de l’activité physique. En effet, l’activité physique réduit certains effets indésirables (nausées, fatigue) et favorise le maintien de la masse musculaire et du poids corporel, d’où une amélioration de la tolérance aux traitements spécifiques, ce qui augmente les chances de suivre un traitement optimal pour le patient.
  • Chez les patients en cours d’hormonothérapie (cas des cancers de la prostate et du sein) l’activité physique réduit les effets secondaires de l’hormonothérapie avec un gain ou un maintien de la masse, de la force et de l’endurance musculaires et une réduction de la perte de masse osseuse. En effet, l’apparition de douleurs articulaires, de myalgie et de bouffées de chaleur font partie des effets secondaires les plus gênants associés à l’hormonothérapie. La pratique d’une activité physique régulière permet de limiter ces gènes.

Recommandations en termes d’activité physique

En pratique, il est recommandé chez l’adulte :

  • une activité physique d’au moins 30 mn par jour de type cardio-respiratoire, d’intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, en évitant de rester 2 jours consécutifs sans pratiquer. Il est recommandé d’inclure de courtes périodes d’activité physique qui stimule la fonction cardiorespiratoire d’intensité élevée (par exemple : Marche a plus de 5 km/h, course à pied, montée d’escaliers a vitesse rapide, Nage, vélo a plus de 15 km/h)
  • Au moins deux séances de renforcement musculaire par semaine des membres inférieurs, supérieurs et du tronc en respectant 1 à 2 jours de récupération entre deux séances
  • Des exercices d’assouplissement et de mobilité articulaire, 2 ou 3 fois par semaine.
  • Des exercices d’équilibre

Avant de commencer un programme d’activité physique, certaines précautions sont tout de même à suivre. Tous les patients atteints d’un cancer justifient d’une évaluation médicale minimale d’activité physique avec une évaluation du niveau de risque cardio-vasculaire. Les bénéfices d’une activité physique chez les patients atteints d’un cancer sont bien démontrés et sont supérieurs aux risques. Durant et après son traitement, le patient atteint d’un cancer doit donc éviter l’inactivité physique tant que l’activité physique n’aggrave pas ses symptômes. Le patient doit suspendre son activité physique et consulter si des symptômes inhabituels apparaissent (vertiges, nausées, douleur thoracique, douleurs osseuses, etc.). Chez un patient atteint d’un cancer, l’activité physique doit être personnalisée, raisonnée et adaptée à la condition physique, à l’état de santé et aux risques liés au terrain de chaque patient. Cette activité physique doit être supervisée, réévaluée régulièrement, en lien avec l’équipe oncologique et pratiqué dans des structures adaptées si possible.

L’activité physique s’adresse à toute la population et influence la baisse du risque du cancer. En plus, elle améliore la survie des patients ainsi que la qualité de vite de ceux-ci.

Podcast : L’institut Rafaël, un centre de médecine intégrative pendant et après un cancer

Podcast : L’institut Rafaël, un centre de médecine intégrative pendant et après un cancer

L’institut Rafaël, centre de médecine intégrative, et homéopathie entant que soin de support en oncologie, un reportage de Valentin Flamant pour Pharma Radio

Institut Rafaël, centre de médecine intégrative

par reportage de Valentin Flamant pour Pharma Radio

Et si chimiothérapie et microbiote faisait équipe ?

Et si chimiothérapie et microbiote faisait équipe ?

Par Delphine Lichte Choukroune, docteur en pharmacie, nutritionniste à l’Institut Rafaël

Le Microbiote

L’écosystème intestinal doit être considéré comme un organe à part entière. Il est composé de 3 éléments majeurs en interaction permanente : la flore ou microbiote, l’épithélium ou barrière intestinale et le système immunitaire sous muqueux ou GALT.

La flore en bonne santé est un amas de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes, 10 fois plus nombreuses que les cellules humaines pour un même individu.

Chaque adulte compte 3 grandes familles de bactéries qui regroupent 160 espèces de bactéries. Chaque personne a sa propre organisation de sa flore telle une « empreinte digitale microbiotique ».

On trouve des microbiotes au niveau de la peau, de la bouche, du vagin et de l’intestin qui est le plus important avec ses 2Kg de micro-organismes.

Les fonctions du microbiote

Un microbiote sain joue de nombreux rôles dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique.  La flore intestinale assure le recyclage des sels biliaires, la digestion des protéines et des glucides, la synthèse des vitamines K1 et B12, la protection contre les germes pathogènes et empêche leur adhésion. Elle assure un rôle au niveau immunitaire en modulant la réponse inflammatoire intense ou de bas grade ainsi que la régulation du stress chronique en agissant sur le cortisol (hormone du stress).

La dysbiose

Nous devons la notion de dysbiose à Joshua Lederberg, Prix Nobel de Médecine en 1958.

La dysbiose correspond à un microbiote pathogène qui est le résultat de la perturbation de l’équilibre des espèces des bactéries commensales. Elle peut se caractériser par un appauvrissement de la diversité ou par l’élévation de certaines populations. Ce déséquilibre du microbiote peut découler d’une alimentation peu variée trop grasse, trop sucrée, trop alcoolisée, d’un stress non digéré devenu chronique ou encore par la prise d’antibiotiques, d’inhibiteurs de la pompe à protons ou d’anti-inflammatoires. Cette dysbiose touche aussi les sportifs de haut niveau mais aussi les personnes qui pratiquent l’activité physique intensément.

Cette altération du microbiote serait à l’origine de pathologies métaboliques comme le diabète, des maladies auto-immunes ou de certains cancers.

Microbiote et cancer

L’étude du microbiote intestinal ou deuxième cerveau est devenue centrale pour la recherche. Et la cancérologie ne fait pas exception. Certaines données permettent de lier certaines tumeurs à la présence de certains germes au niveau intestinal.

Lors des 13ème journée nationale d’oncogériatrie, des liens sont évoqués entre les cancers digestifs (estomac, pancréas, colon, rectum), le cancer du sein ou du poumon.

L’Institut Rafaël, dans son article du 18 Juin 2019, au sujet de l’immunothérapie, relate que « des chercheurs chinois sont revenus sur le rôle essentiel du microbiote intestinal dans la modulation locale et systémique du système immunitaire de l’hôte. L’immunothérapie fait partie des nouvelles stratégies thérapeutiques prometteuses en oncologie. Toutefois, on observe certains patients développer une résistance à ces molécules. Il serait donc essentiel de pouvoir cibler les patients répondant le mieux à ces traitements et/ou de favoriser la réponse à ces traitements. Or, plusieurs études récentes ont suggéré que le microbiote intestinal pouvait impacter l’efficacité de ces traitements »

Dans le cas de la chimiothérapie, le fruit d’une riche collaboration, entre l’Institut Gustave Roussy, l’Institut Pasteur et des chercheurs de l’INRA, a prouvé que la flore intestinale stimule les réponses immunitaires d’un individu pour combattre un cancer lors d’une chimiothérapie avec la cyclophosphamide. Ainsi l’action de certaines thérapies anticancéreuses serait modulée par la qualité de la flore.

Dans une étude britannique, des chercheurs ont montré que la composition du microbiote pourrait renforcer les effets fluoropyrimidines dans le cancer colorectal et qu’une complémentation en probiotique serait envisageable pour accompagner certaines thérapies anticancéreuses.

Renforcer son microbiote

Pour entretenir sa flore voire la corriger, le premier outil est l’alimentation sans excès de gras mais surtout riche en « bon gras », sans excès de sucre, une alimentation riche en fibres et en polyphénols mais pas sans plaisir. Lorsque le microbiote est malmené, il est capable de se régénérer grâce à une alimentation adéquate.

Pour accélérer la réparation du microbiote, plusieurs solutions sont à l’étude. Le transfert de microbiote, utilisé dans le traitement des infections intestinales à Clostridium difficile, consiste pourrait être envisagé. Il s’agit de transférer le microbiote d’un sujet sain à un sujet malade. Cette flore est capable de s’implanter et de renforcer le microbiote du sujet malade.

Les probiotiques sont des compléments alimentaires dont la composition bactérienne est différente de la composition de notre microbiote et ne peut donc s’implanter. Les probiotiques viennent en renfort de notre propre armée intestinale. La réponse à ces probiotiques est souche-dépendante et individu-dépendant. En effet, les effets des probiotiques sont variables d’une souche à l’autre, d’une personne à l’autre et en fonction des situations physiopathologiques.

De nombreux travaux ont décrit une synergie incontestable entre microbiote et thérapies anticancéreuses. Plusieurs stratégies sont à l’étude comme la détection des dysbioses et l’administration de probiotiques et/ou de prébiotiques que l’on pourrait nommer « oncomicrobiotiques ».

Encore une fois, l’intestin est au cœur des études. La recherche n’en n’est qu’à ses balbutiements pour percer les gènes des bactéries intestinales 100 fois plus nombreux que nos gènes humains. Un boulevard des « possibles » est face à nous.

Plan de déconfinement de l’Institut Rafaël

Plan de déconfinement de l’Institut Rafaël

Chères patientes, Chers patients,

Le déconfinement progressif se met en place
Pour garantir  une reprise  des parcours d accompagnement  dans les meilleurs conditions,
Le protocole d’accueil complet et détaillé, consultable ci-dessous , est dès à présent  à votre disposition à l’entrée de l’Institut.
Afin de préserver la sécurité de chacun , nous serons très attentifs  au respect de ces mesures sanitaires indispensables pour la poursuite sereine de notre action.

Dans cette période inédite, sans précédent, nous n’oublions pas que le cancer reste le combat qui nous anime,
Toutes nos équipes sont à votre écoute au : 01 79 36 08 48

Vidéo – La nicotine aide-t-elle à lutter contre le COVID-19 ?

Vidéo – La nicotine aide-t-elle à lutter contre le COVID-19 ?

En France, des chercheurs vont tester si la nicotine pourrait être utilisée pour traiter le Covid-19.

“C’est une possibilité intéressante”, a déclaré le ministre de la santé Olivier Veran sur les ondes de la radio. “Nous en saurons plus bientôt.”

Une équipe de médecins français ont observé que peu de patients hospitalisés pour le Covid-19 étaient fumeurs. Ils ont également émis l’hypothèse que le nouveau virus pourrait impliquer des récepteurs dans l’organisme qui réagissent à la nicotine. Afin de déterminer si la nicotine pourrait avoir un mécanisme de protection contre le COVID-19, ils effectueront des tests cliniques à l’aide de patchs, dont un sur du personnel médical.

L’approche des scientifiques français va à l’encontre de la pensée dominante sur la nicotine : L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que le tabagisme augmentait probablement le risque de complications liées au Covid-19.

Une étude montre que le tabagisme ouvre la voie à l’infection par le coronavirus

L’idée n’est pas de rendre plus de gens dépendants à la nicotine ou au tabac, qui tue environ 80 000 personnes chaque année en France et qui est un facteur de risque pour le cancer.

“Il existe des substituts à la nicotine qui peuvent être développés en laboratoire et qui permettraient d’éviter ses effets d’accoutumance”, a déclaré M. Veran.