L’après cancer du sein

Docteur Hanène BOUDABOUS
Prise en charge de l'après cancer du sein

Par le Dr Hanène BOUDABOUS, Oncologue

Le cancer du sein est désormais considéré comme une maladie longue durée, susceptible de produire des récidives tardives, parfois après des années de rémission.

L’après cancer est donc une période délicate, susceptible de se prolonger significativement. Même si la rémission peut apporter un réel soulagement, la crainte d’une récidive et les séquelles laissées par les traitements et le traumatisme de la maladie sont autant de freins au retour à la vie normale.

Pour aider les patientes à surmonter cette épreuve, il est essentiel d’adopter un protocole de surveillance à la fois efficace et rassurant, ainsi que de mettre en œuvre un suivi médical et psychologique adapté.

 

La surveillance après le cancer du sein

Après un cancer du sein, la surveillance est un processus visant à surveiller l’apparition de récidives dans l’optique de diagnostiquer au plus tôt une éventuelle rechute, afin de proposer un traitement plus efficace et d’optimiser le pronostic de la patiente.

Toutefois, le processus de surveillance présente des enjeux qui s’étendent au-delà des questions de la précocité du diagnostic et du pronostic vital de la patiente.

En effet, les examens de surveillance peuvent être perçus comme fortement anxiogènes par les patientes, leur rappelant sans cesse le souvenir difficile de la maladie et la menace permanente d’une rechute.

Si elle est susceptible d’améliorer le pronostic des patientes en cas de rechute grâce à un diagnostic précoce, la surveillance peut donc également nuire à leur qualité de vie, ce qui n’est pas souhaitable, en particulier dans le contexte d’un retour à la vie normale.

 Par ailleurs, les protocoles de surveillance traditionnels peuvent sembler insuffisants aux yeux de certaines patientes fortement angoissées par la perspective d’une rechute. Pour autant, la surveillance intensive ne semble pas avoir prouvé ses bénéfices.

Il est donc essentiel de mettre l’accent sur le suivi psychologique et le soutien moral pour faire accepter aux patientes un protocole de surveillance traditionnel, moins contraignant, moins stressant et tout aussi efficace, qui favorise la réinsertion et le retour à la normale.

Des examens cliniques semestriels et des mammographies annuelles, parfois assorties à des échographies, suffisent habituellement à diagnostiquer la majorité des récidives. La fréquence et la nature des examens peuvent être ajustées au regard des risques de récidive encourus par chaque patiente.

Le protocole surveillance peut également inclure le dépistage des métastases, la prise en charge des complications dues aux traitements et le diagnostic et traitement de nouveaux cancers de la sphère gynécologique.

 

Le suivi psychologique après un cancer du sein

Après un cancer du sein, le suivi psychologique vise essentiellement à traiter les traumatismes liés au choc de l’annonce de la maladie et à la virulence des traitements, ainsi qu’à travailler la tolérance à l’incertitude.

En effet, la perspective d’une potentielle rechute peut être extrêmement invalidante au quotidien, empêchant les patientes de poursuivre leurs objectifs de vie ou de faire de nouveaux projets.

Les séquelles laissées par les différents traitements, à même de profondément modifier l’apparence du corps, peuvent significativement nuire à la confiance en soi des patientes et, par conséquent, à leurs rapports aux autres.

Enfin, le choc provoqué par l’annonce d’une maladie potentiellement létale peut faire naître des angoisses nouvelles et durables, particulièrement pénibles à supporter.

 Le suivi psychologique n’implique pas nécessairement de consulter un psychologue, mais peut s’inscrire dans la participation à un groupe de soutien, le dialogue avec l’entourage, ou encore une thérapie de couple.

Certains soins à l’Institut Rafaël dans un parcours coordonné peuvent également aider la patiente à mieux gérer son anxiété et à accélérer sa guérison morale.

C’est, par exemple, le cas des services proposés par l’Art thérapie, qui aide les patientes à se réapproprier leurs corps, parfois durablement transformés par les traitements, notamment en cas de mastectomie.

L’Harmonie du corps et de l’esprit : par la sophrologie, le patient va se réapproprier sa vie et prendre conscience de son potentiel corporel, de l’énergie qu’il possède. Cette conscience corporelle est, en effet, primordiale dans la prise en charge du cancer. Le patient a besoin de tous ses moyens, de toutes ses capacités, de toutes ses forces.

Ainsi au fur et à mesure des séances, le patient va apprendre à connaître à nouveau son corps, à l’écouter, à l’entendre, à le reconnaître, à ne plus en avoir peur : travailler « l’harmonie de l’esprit » en travaillant « l’équilibre et l’existence du corps ».

L’homéopathie :

 Parce que chaque patient atteint de cancer est unique, une consultation d’homéopathie permet de définir un traitement individualisé, reposant sur une écoute des symptômes physiques et psychiques du patient complété d’un examen clinique détaillé.

L’activité physique adaptée réduit les effets secondaires de l’hormonothérapie avec un gain ou un maintien de la masse, de la force et de l’endurance musculaires et une réduction de la perte de masse osseuse.

À plus long terme, la pratique d’une activité physique après diagnostic d’un cancer du sein diminue de 24 % le risque de récidive.

En outre, il existe un “effet dose”, cela signifie que plus l’activité est importante et régulière, plus l’effet protecteur est important.»

 

La reprise d’une vie professionnelle après le cancer du sein

 Lorsqu’un cancer du sein est diagnostiqué, l’équipe médicale prescrit souvent un arrêt de travail dont la durée varie en fonction des traitements programmés. L’arrêt de travail pourra être prolongé si des complications surviennent.

Toutefois, la reprise de travail ne doit pas être interdite sans motifs sérieux si le patient désire travailler. Il est, au contraire, recommandé de reprendre le travail en douceur dès que possible pour accélérer et faciliter le retour à la vie « normale », habituellement bénéfique au moral du patient.

Il ne faut pas hésiter à adapter le poste de travail aux besoins du patient, et à consulter un juriste ou un assistant social pour connaître les droits.

Si on estime que reprendre le travail après un cancer du sein est bénéfique pour la réinsertion et la guérison psychique, il est important que la reprise se passe bien et n’occasionne pas une fatigue ou un stress qui viendraient compromettre la guérison du patient.

L’après cancer du sein est souvent vécu comme une véritable épreuve, car la maladie demeure toujours susceptible de récidiver, même des années après la fin du traitement. La plupart des récidives surviennent toutefois dans les cinq ans suivant la rémission.

Dans le contexte de cette maladie longue durée, bon nombre de patientes peuvent rencontrer des difficultés à reprendre leur cours de leur vie et à faire de nouveaux projets, tant personnels que professionnels.

Un protocole de surveillance adapté dans un parcours de soins global, qui demande à être à la fois efficace et rassurant, peut les aider à surmonter cette période délicate de leur vie en se sentant davantage encadrées, soutenues et, autant que faire se peut, en sécurité.

 

Les bénéfices d’une surveillance accrue ne sont toutefois pas démontrés, et il demeure donc essentiel de ne pas se focaliser sur les examens médicaux au détriment du suivi psychologique, dont les bénéfices semblent supérieurs dans le cadre du retour à une vie normale.

(SOURCES : https://www.docteur-eric-sebban.fr/cancer-du-sein/apres-cancer-cancer-sein/surveillance-apres-traitement-du-cancer-du-sein-ni-trop-ni-trop-peu/ ; https://www.cfp.ca/content/62/10/e578 )

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