Blockchain : des opportunités dans le domaine de la santé

Institut Rafaël
blockchain application médicale

Définition et Historique de la Blockchain

La « Blockchain » est une nouvelle technologie de stockage et de transmission de données, transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe de contrôle.

Les bitcoins sont la fameuse monnaie ayant permis au grand public de découvrir cette technologie de rupture. Qu’en est-il de son applicabilité en Santé ?

Par extension, une blockchain constitue une base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Une blockchain publique peut être assimilée à un grand livre, anonyme et infalsifiable. Il faut s’imaginer « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible. », comme l’écrit le mathématicien Jean-Paul Delahaye.

La première blockchain est apparue en 2008 avec la monnaie numérique Bitcoin. Le caractère décentralisé de la blockchain, couplé avec sa sécurité et sa transparence, promet des applications bien plus larges que le domaine monétaire.

Applications générales de la technologie chaîne de blocs

On peut classer l’utilisation de la blockchain en trois catégories :

  • Les applications pour le transfert d’actifs (utilisation monétaire, mais pas uniquement : titres, votes, actions, obligations…).
  • Les applications de la blockchain en tant que registre : elle assure ainsi une meilleure traçabilité des produits et des actifs.
  • Les smart contracts : il s’agit de programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés.

Les champs d’exploitations sont immenses, notamment en santé dans le cadre de la gestion de données patients, la sécurisation des données de santé ou la traçabilité des médicaments.

La Blockchain et la santé

blockchain application sante

On estime aujourd’hui à environ 15% la part de médicaments contrefaits en circulation dans les pays en développement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à 700.000 le nombre de décès annuel liés à ces contrefaçons. Un moyen de lutter contre ce phénomène serait de créer un système universel garantissant la traçabilité des médicaments. La blockchain, en tant que registre distribué, pourrait permettre aux différentes entreprises pharmaceutiques, aux régulateurs et même aux particuliers d’utiliser la même base de données, sans qu’une seule entreprise ou institution n’en soit propriétaire.

Ce mécanisme de “certification” des médicaments pourrait être étendu aux données de santé au sens large. En certifiant les dossiers médicaux sur une blockchain, on ajoute une couche supplémentaire de sécurité : toute mise à jour d’un document est enregistrée dans la blockchain, sans que les documents eux-mêmes aient besoin d’y être stockés.

Mais l’application la plus pertinente sur le quotidien des patients et des professionnels de santé pourrait concerner la gestion des données médicales, notamment en permettant au patient de se réapproprier ses données et d’en gérer l’accès. Chaque patient pourrait ainsi paramétrer son dossier médical de façon à en autoriser l’accès (total ou partiel) aux personnes de son choix (médecin traitant, famille…). Il pourrait également requérir un certain nombre de signatures (clés privées) pour en ouvrir l’accès.

En enregistrant par la suite les étapes du parcours de soins dans une blockchain regroupant institutions de santé et assureurs, il serait possible d’automatiser le paiement des prestations médicales nécessaires, grâce à des « smart contracts ».

En ayant une vision à plus long terme, il serait même imaginable que les patients puissent anonymement monétiser leurs données auprès des industries pharmaceutiques, permettant à celles-ci d’étudier les résultats de leurs traitements sur une population plus large. De leur côté, les patients seraient automatiquement indemnisés lorsque l’entreprise accéderait aux données souhaitées. A la clef un échange gagnant-gagnant pour les patients qui ont un contrôle accru sur leurs informations comme pour les laboratoires qui pourront préciser leurs recherches avec le traitement d’échantillons statistiques à la fois plus larges et plus pertinents.

On voit ici les dérives potentielles d’un système non régulé, il est donc important de s’approprier dès aujourd’hui la compréhension de ces nouveaux outils pour écrire l’histoire de la santé de demain…

Article rédigé par le Dr Daniel Toledano

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