Le cancer du sein est une maladie fréquente touchant plus de 50 000 femmes chaque année en France. Nous n’en connaissons pas tout le temps l’origine, mais ils peuvent être héréditaires dans un certain nombre de cas.

Dans la majorité des cas, les cancers du sein liés aux prédispositions héréditaires surviennent à un âge précoce par rapport aux cancers du sein dits « sporadiques », avant l’âge où la première mammographie est recommandée en population générale (50 ans). Dans la tranche d’âge 25-40 ans, l’influence de l’hérédité dépasse un tiers des cas (1).

Quels gènes sont concernés par le cancer du sein ?

Les mutations constitutionnelles sur les gènes connus BRCA1, BRCA2 et PALB2 sont retrouvées le plus fréquemment dans les familles à forte agrégation de cancers du sein et/ou de l’ovaire. Elles concernent 1 femme sur 500 en population générale. Des mutations sur d’autres gènes, beaucoup plus rares, sont impliquées dans la prédisposition héréditaire au cancer du sein. Ces mutations sont dites « ancestrales » et se transmettent de génération en génération avec 1 risque sur 2 pour une personne porteuse de le transmettre à chacun de ses enfants : la transmission est dite autosomique dominante, indépendante du genre (le père ou la mère peuvent transmettre), les gènes en question étant portés par des autosomes (chromosomes communs à l’homme et la femme).

Quels sont les facteurs de risque du cancer du sein ?

Des critères spécifiques, familiaux et individuels ont été retenus par l’Institut National du Cancer pour proposer une analyse génétique lors d’une consultation d’oncogénétique dédiée ; notamment en cas de nombreux cancers chez les apparentés, de cancer du sein précoce (< 36 ans), de cancer de l’ovaire ou de cancer du sein chez l’homme.

Pourquoi ?

En cas de mutation constitutionnelle présente dans une famille à forte agrégation de cancer du sein et/ou de l’ovaire, la connaissance de cette information clé par le corps médical permet d’adapter le suivi gynécologique chez la personne concernée et de proposer un diagnostic « pré-symptomatique » (de la prédisposition familiale) à ses apparentés à risque d’être porteurs (fratrie, descendance, un des parents, oncles et tantes +/- cousins et cousines de la branche familiale concernée).

La connaissance d’une telle information chez une jeune adulte est primordiale pour sa vie de femme, tant sur le plan médical que psycho-social. Libre à chacun de réaliser le test, mais l’information d’une mutation familiale prédisposant au cancer du sein doit être transmise par le cas index, personne chez laquelle la mutation a été identifié dans la famille pour la première fois.

Chez les femmes porteuses des mesures spécifiques de surveillance mammaire (notamment par IRM mammaire) et de prévention du risque ovarien sont recommandées. Chez les apparentés, un résultat négatif prend toute sa signification : le risque de cancer du sein chez des femmes non porteuses de la mutation familiale rejoint le risque moyen des femmes, au même âge, en population générale (risque cumulé au cours de la vie = 10-12 % vs près de 70% pour les femmes porteuses BRCA1 et près de 50% pour les femmes BRCA2). L’enjeu psychologique s’apparente également à la gestion d’une certaine forme de culpabilité de transmission.

Enfin la recherche de mutation génétique constitutionnelle sur les gènes BRCA1, BRCA2 et PALB2 permet d’adapter la prise en charge thérapeutique des femmes affectées par un cancer du sein ou de l’ovaire.

En cas d’âge précoce au diagnostic de cancer et/ou d’histoire familiale, posez la question à votre onco-généticien !

 

  1. Cohen-Haguenauer. O, Toledano D. Apport de l’oncogénétique dans la prise en charge du cancer du sein. La lettre du Sénologue – édition des 20 ans, Janvier 2019
INSCRIPTION GRATUITE
Cercle philosophique éthique & cancer
Le pouvoir de décider

INSCRIPTION GRATUITE

Cercle philosophique éthique & cancer

Le pouvoir de décider

 

mardi 22 Octobre 2019

18h30 à 20h30 - Institut Rafaël

You have Successfully Subscribed!