Adhésion constante aux recommandations d’activité physique, risque de cancer du système digestif et mortalité
JAMA Oncology | Investigation originale
Yiwen Zhang, PhD ; Dong Hoon Lee, ScD ; Leandro F. M. Rezende, ScD ; Na Na Keum, ScD ; Edward L. Giovannucci, MD, ScD
Département de Nutrition, Harvard T.H. Chan School of Public Health, Boston, Massachusetts ; Département d’Épidémiologie, Harvard T.H. Chan School of Public Health ; Département des études sur l’industrie du sport, Université Yonsei, Séoul, Corée du Sud ; Centre de recherche en épidémiologie des maladies chroniques, Université fédérale de São Paulo, Brésil ; Faculté des sciences de la santé, Universidad Autónoma de Chile, Santiago ; Département des sciences alimentaires et biotechnologie, Université Dongguk, Goyang, Corée du Sud.
Auteur correspondant : Edward L. Giovannucci, MD, ScD — egiovann@hsph.harvard.edu
Publié en ligne le 30 octobre 2025. JAMA Oncol. doi:10.1001/jamaoncol.2025.4185
IMPORTANCE
Des preuves croissantes suggèrent que l’activité physique protège contre les cancers du système digestif (CSD). Il reste cependant largement méconnu si atteindre de façon constante les recommandations d’activité physique (≥ 7,5 MET-heures/semaine) est associé à un risque réduit de CSD, ou si un niveau d’activité bien supérieur est nécessaire.
OBJECTIF
Examiner l’association entre l’activité physique et le risque de CSD et la mortalité associée, en mettant l’accent sur le niveau optimal et la constance à long terme dans le respect des recommandations.
CONCEPTION, CONTEXTE ET PARTICIPANTS
Cette étude de cohorte en population générale inclut des données issues de trois grandes cohortes prospectives américaines : la Health Professionals Follow-Up Study (1988-2020), la Nurses’ Health Study (1988-2021) et la Nurses’ Health Study II (1991-2021). Les analyses ont été conduites entre octobre 2024 et mai 2025. Les participants étaient des hommes et des femmes indemnes de cancer et de maladie cardiovasculaire au début de l’étude.
EXPOSITIONS
Les niveaux totaux d’activité physique de loisir ont été évalués à l’aide de questionnaires validés administrés tous les deux ans, et exprimés en MET-heures par semaine. La constance a été calculée comme le pourcentage d’années de suivi pendant lesquelles le participant atteignait le niveau recommandé (≥ 7,5 MET-heures/semaine).
PRINCIPAUX RÉSULTATS ET MESURES
Les CSD comprenaient les cancers du tractus digestif (bouche, gorge, œsophage, estomac, intestin grêle, côlon et rectum) et des organes digestifs accessoires (pancréas, vésicule biliaire et foie).
RÉSULTATS
Au cours d’un suivi pouvant atteindre 32 ans portant sur 231 067 hommes et femmes (âge médian : 43 ans [IQR, 36-55]), 6 538 cas incidents de CSD et 3 791 décès par CSD ont été recensés. Des niveaux plus élevés d’activité physique étaient associés à un risque réduit de CSD (≥ 45 vs < 3 MET-heures/semaine : hazard ratio [HR] = 0,83 ; IC 95 %, 0,74-0,93 ; P < 0,001 pour la tendance) et à une mortalité réduite (HR = 0,72 ; IC 95 %, 0,62-0,83 ; P < 0,001 pour la tendance). Ces associations inverses étaient observées à la fois pour les cancers du tractus digestif et des organes accessoires : les HR pour ≥ 45 vs 3 MET-heures/semaine étaient de 0,85 (IC 95 %, 0,75-0,97) pour les cancers du tractus digestif et de 0,73 (IC 95 %, 0,58-0,92) pour les cancers des organes digestifs accessoires. L’analyse dose-réponse traditionnelle suggérait que le risque minimal de CSD était atteint autour de 50 MET-heures/semaine. Cependant, lorsque la constance à long terme était prise en compte, comparativement aux personnes les moins actives, maintenir le niveau recommandé à un niveau modéré (médiane : 16,9 MET-heures/semaine [IQR, 13,6-20,5]) sur trois décennies était associé à une réduction substantielle du risque de CSD (HR = 0,83 ; IC 95 %, 0,75-0,90), tandis que des niveaux beaucoup plus élevés (médiane : 38,5 MET-heures/semaine [IQR, 28,5-53,8]) n’apportaient pas de bénéfice supplémentaire (HR = 0,87 ; IC 95 %, 0,81-0,93).
CONCLUSIONS ET PERTINENCE
Dans cette étude, l’analyse dose-réponse traditionnelle suggérait qu’environ 50 MET-heures/semaine permettaient une réduction optimale du risque de CSD. Toutefois, en intégrant la constance à long terme, maintenir un niveau modéré d’environ 17 MET-heures/semaine sur trois décennies était associé au bénéfice optimal en termes de réduction du risque de CSD.
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