Voici un paysage peint par Paul Gauguin lors de son deuxième séjour à Pont-Aven, non loin de Concarneau et de Quimperlé. La Bretagne était considérée comme une destination fort exotique à cette époque et les peintres, Émile Bernard, Paul Sérusier, Louis Anquetin et bien d’autres, s’y précipitaient en raison des conditions de vie favorables et aussi parce qu’ils y trouvaient des modèles qui posaient gracieusement pour eux et, en particulier, les servantes de l’auberge Gloanec, leur quartier général. Gauguin aime ce village, il l’écrit à son ami et mécène Émile Schuffenecker : « J’aime la Bretagne, j’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ». La présence humaine n’est pas indiquée dans cette œuvre, elle est sous-entendue par les maisons à l’arrière-plan. Ici, il a aimé suggérer le vagabondage de petits chiens en partie cachés dans les hautes herbes. J’ai tout de suite vu le premier pour ma part, le second m’a demandé plus de mal. Je me suis souvenue du jeu « Où est Charlie ? ». Je rentrerais bien dans ce tableau pour m’y promener avec les petits chiens. Et vous ?

L’auberge Gloanec en 1886

L’intérieur de l’auberge Gloanec vers 1892
Paul Gauguin
Chiens courant dans un pré
1888
H.92 ; L.72,5
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza
Dominique Dupuis-Labbé


