L’élément « métal » en médecine traditionnelle est le symbole du système digestif. Nous pouvons distinguées les fonctions digestives et l’environnement intestinal. C’est sur ce dernier que nous allons faire un focus.

Le Microbiote

L’écosystème intestinal doit être considéré comme un organe à part entière. Il est composé de 3 éléments majeurs en interaction permanente : la flore ou microbiote, l’épithélium ou barrière intestinale et le système immunitaire sous muqueux ou GALT.

La flore en bonne santé est un amas de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes, 10 fois plus nombreuses que les cellules humaines pour un même individu.

Chaque adulte compte 3 grandes familles de bactéries qui regroupent 160 espèces de bactéries. Chaque personne a sa propre organisation de sa flore telle une « empreinte digitale microbiotique ».

On trouve des microbiotes au niveau de la peau, de la bouche, du vagin et de l’intestin qui est le plus important avec ses 2Kg de micro-organismes.

Les Fonctions du microbiote

Un microbiote sain joue de nombreux rôles dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique.  La flore intestinale assure le recyclage des sels biliaires et la digestion des protéines et de glucides, la synthèse des vitamines K1 et B12, la protection contre les germes pathogènes et empêche leur adhésion. Elle assure un rôle au niveau immunitaire en modulant la réponse inflammatoire intense ou de bas grade ainsi que la régulation du stress chronique en agissant sur le cortisol (hormone du stress).

L’intestin a son propre système nerveux dit système nerveux entérique. Qui n’a pas ressenti la « boule au ventre » ou transit accéléré car stressé ? le responsable est ce système nerveux.

Plusieurs acteurs sont impliqués : le Magnésium, la sérotonine, la dopamine ou l’équilibre acido-basique.

Déséquilibre du microbiote

La maladie du microbiote s’appelle la dysbiose. Elle survient par déséquilibre du microbiote. Plusieurs facteurs peuvent être impliqués :

  • Facteur alimentaire : alimentation trop grasse, trop sucrée, pauvre en fibre
  • Facteur médicamenteux : antibiotiques, anti-inflammatoires, inhibiteurs de la pompe à protons
  • Facteur stress : en cas de stress chronique

Il ne faut pas négliger le lien stress-intestin.

Des stress répétés et non gérés vont déclencher une inflammation dans l’intestin qui va générer une neuro-inflammation (dans le cerveau). La sérotonine, messager du bien-être et de la sérénité, va alors être moins synthétisée ce qui va augmenter le niveau de stress et la spirale s’enchaîne.

Les dysbioses peuvent générer des troubles locaux tels que des inconforts digestifs, des troubles du transit, des troubles à distance tels qu’une prise de poids, des pathologies articulaires, une inflammation chronique…

Renforcer son microbiote

Pour entretenir sa flore voire la corriger, le premier outil est l’alimentation sans excès de gras mais surtout riche en « bon gras », sans excès de sucre, une alimentation riche en fibres et en polyphénols mais pas sans plaisir. Lorsque le microbiote est malmené, il est capable de se régénérer grâce à une alimentation adéquate.

 

Pour rééquilibrer le microbiote, il est nécessaire de privilégier :

  • Une alimentation végétale
  • De consommer des fibres digestes et indigestes
  • De diminuer la consommation de sucre
  • De consommer des probiotiques prescrits de manière personnalisée

Pour entretenir le microbiote et nourrir nos copines les bactéries, il est nécessaire de s’orienter vers :

  • Des aliments riches en fibres
  • Des aliments fermentés (chou, feta…)
  • Des aliments Pré biotiques (kefir)

Pour accélérer la réparation du microbiote, plusieurs solutions sont à l’étude. Le transfert de microbiote, utilisé dans le traitement des infections intestinales à Clostridium difficile, pourrait être envisagé. Il s’agit de transférer le microbiote d’un sujet sain à un sujet malade. Cette flore est capable de s’implanter et de renforcer le microbiote du sujet malade.

Les probiotiques sont des compléments alimentaires dont la composition bactérienne est différente de la composition de notre microbiote et ne peut donc s’implanter. Les probiotiques viennent en renfort de notre propre armée intestinale. La réponse à ces probiotiques est souche-dépendante et individu-dépendant. En effet, les effets des probiotiques sont variables d’une souche à l’autre, d’une personne à l’autre et en fonction des situations physiopathologiques.

De nombreux travaux ont décrit une synergie incontestable entre microbiote et thérapies anticancéreuses. Plusieurs stratégies sont à l’étude comme la détection des dysbioses et l’administration de probiotiques et/ou de pré biotiques que l’on pourrait nommer « onco-microbiotiques ».

Encore une fois, l’intestin est au cœur des études. La recherche n’en n’est qu’à ses balbutiements pour percer les gènes des bactéries intestinales 100 fois plus nombreux que nos gènes humains. Un boulevard des « possibles » est face à nous.