Accompagner le patient après ses traitements

Par Catherine Adler Tal – Onco Psychologue à l’Institut Rafaël

« Vous êtes guérie (en rémission). On se revoit dans 6 mois ! » 

Cette phrase que l’on attend depuis des mois ne fait pas toujours l’effet escompté. Pourquoi ? Pourquoi tout d’un coup, l’on ressent un grand vide plus la culpabilité de ne pas sauter de joie ?

Ce ressenti, je l’ai nommé le CANCER BLUES. Comme je dis souvent à mes patients : « ce n’est pas sur le champ de bataille que les soldats font des dépressions, mais après, une fois la paix revenue ». Cet « après maladie » devrait être préparée comme on prépare une mise à la retraite ou une sortie de prison (que vais-je faire de ma liberté ?)

Cette dépression est à prendre dans le sens premier du terme : baisse de pression..

Que ressent-on généralement après un traitement contre le cancer ?

Petite liste non exhaustive de toutes les raisons qui font que l’après maladie n’est pas ce grand moment de bonheur que l’on pourrait attendre.

  1. Perte de ses repères : lors du parcours de soin, le patient a des repères, désagréables certes, mais existants : Rendez-vous médicaux, chimio, radiothérapie, etc. Et puis, d’un coup plus rien. Il perd ses anciens repères et n’a pas eu le temps d’en construire d’autres. Il se retrouve dans un creux de vague avec un sentiment de vide, d’abandon..
  2. Epée de Damoclès : ce sentiment d’abandon de la part du médical se traduit par une peur, peur de la rechute. En effet, pendant les traitements, on a l’impression, à tort ou à raison, que rien de grave peut arriver. Mais ensuite, on devient parano, hypocondriaque. On ne s’autorise plus un mal de dos ou de tête sans faire de lien avec le cancer. On vit dans l’anxiété sans plus personne pour nous rassurer.
  3. L’entourage s’empresse d’oublier « Super ! tu es guéri ! champagne ! on passe à autre chose ! c’est derrière toi tout ça ! ». Et on attend qu’on redevienne la même qu’avant. On ne tient pas compte de la fatigue, des effets indésirables des traitements, de l’angoisse, etc.etc. La convalescence d’un cancer est longue. Il faut en moyenne une bonne année pour se reconstruire physiquement et psychologiquement. On ne se remet pas de cette épreuve comme on se remet d’une angine ! . Mais ça arrange tout le monde de penser que « c’est fini ! ». Du coup le patient se sent encore plus seul, incompris, abandonné et contraint de se remettre à son quotidien comme si rien ne s’était passé avec toujours ce sentiment de culpabilité : « pourquoi je n’y arrive pas ? ».
  4. Le décalage avec l’environnement. Ou plutôt le gouffre… Plus de patience pour ceux qui se plaignent pour un oui pour un non, plus de temps à perdre avec les bêtises du quotidien.
  5. Le travail. Incompréhension des collègues et des supérieurs. Vous êtes « guéri » donc même charge de travail, critiques quand vous ralentissez le rythme, impression de ne plus y arriver, d’avoir perdu efficacité, mémoire, concentration, énergie…
  6. La sexualité. Plus de libido, douleurs, sécheresse, difficultés érectiles, plus d’envie de la part du (de la) partenaire qui garde de vous l’image d’un (e) malade… plus de séduction, plus d’érotisme…
  7. L’angoisse avant les contrôles, les questionnements quasi quotidiens : vais-je rechuter ? Voir mes enfants grandir ? Vais-je y arriver ? Retrouver ma féminité (virilité) ? Mes désirs ? Ma joie de vivre ? Aurai-je toujours la peur au ventre ? Vais-je retrouver le sommeil ?…..
  8. Les maladresses, gaffes de l’entourage par ignorance, par besoin de toujours trouver un truc à dire alors qu’on ne leur demande rien. Cela blesse, traumatise, marque, rentre dans le cerveau et laisse des cicatrices… (ex : « ah ma voisine, elle a eu la même chose et après quelques mois, elle a rechuté »)

C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres encore que l’Institut Rafaël s’est donné pour mission d’accompagner ses patients, non seulement pendant leur parcours de soin, mais aussi et surtout dans leur réintégration à une vie « normale » voir meilleure.

Ainsi, d’une part, ils ne se sentent plus abandonnés mais d’autre part, ils se reconstruisent grâce à une équipe de soignants médicaux,  paramédicaux, humanistes, engagés, qui œuvrent ensemble pour le bien être de chacun.  L’Institut Rafaël prend en soin la personne dans sa globalité et non juste sa maladie.

Cela veut dire que l’I.R s’intéresse à chacun individuellement et à tous les aspects de son quotidien (physique, moral, social, culturel, familial, professionnel,..). L’I.R apporte une réponse adaptée et collective aux besoins du patient. Un parcours de soin est élaboré pour chacun d’entre eux. Il est réévalué si besoin est. Personne ne travaille seul dans son coin mais en collaboration avec les partenaires de ce parcours. Médecins, professionnels de santé et de l’humain en général, travaillent main dans la main pour améliorer sans cesse le bien être du patient, pour penser ensemble, pour chercher des idées innovantes et performantes.

Soigner, prendre en soin, c’est aussi être à l’affût et constamment curieux de tout ce que peut inclure une médecine intégrative et intelligente.

Voilà pourquoi l’après cancer est une des missions de l’Institut Rafaël car nous sommes tous conscients que sortir du cancer n’est pas chose aisée…

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