Révélez-vous artiste dans votre cuisine

Révélez-vous artiste dans votre cuisine

Ecrit par Ayala Elharrar (Art-thérapeute) et Delphine Lichte-Choukroun (Nutritionniste)

Les couleurs sont omniprésentes autour de nous (nourriture, vêtements, nature, nos maisons…), elles nous insufflent des états d’esprits, des sentiments, suivant que notre environnement est gai ou triste (et les couleurs y participent), notre humeur se modifie, en miroir. L’Automne avec ses tons de gris renforce l’impression de visages fermés rencontrés dans la ville.

La plupart des chercheurs en science de la couleur s’accordent à dire que notre perception des couleurs se situe dans le système limbique, c’est-à-dire la partie la plus primitive de notre cerveau. Notre perception serait donc étroitement liée à nos sentiments et à notre subconscient. Cet aspect nous touche dans notre quotidien et peut déterminer la manière dont nous nous sentons.

« Le sanglot long des violons de l’automne, berce mon cœur d’une langueur monotone… ». Paul Verlaine.

L’Art thérapie de manière évidente utilise les couleurs pour guider le patient tout au long de son processus créatif.

La Nutrition utilise les couleurs pour guider le patient dans l’élaboration de son alimentation Santé.

LA COULEUR DANS L’ART THERAPIE

La couleur a une discipline thérapeutique qui lui est propre, « la chromothérapie ». Cette discipline est importante au sein de l’Art-thérapie du fait des liens qu’elle entretient avec notre cerveau, notre mémoire et nos souvenirs.

En Art-thérapie comme en Nutrition, ce n’est pas la couleur elle-même qui nous intéresse. En Art-thérapie, c’est plutôt la façon dont les couleurs vont être choisies, appliquées et ressenties. En optant pour une teinte plus sombre ou plus claire, la personne ou l’artiste modifie le message qu’il transmet. En séance, l’Art-thérapeute essaie de comprendre et analyser les messages exprimés par l’inconscient de la personne par la symbolique mise en forme dans la production artistique, que ce soit du dessin, de la peinture, ou du collage ; en tentant de comprendre les enjeux cachés par les formes exprimées, les couleurs, choisies, leur densité, (peu visibles, très visibles). On peut saisir ainsi la nature des conflits exprimés, agir sur l’œuvre et d’une certaine manière agir sur soi, en allant pas à pas vers une évolution progressive de l’œuvre où l’Art-thérapeute accompagne la personne vers une transformation de sa création jusqu’à ce qu’elle envoie à la psyché un message régénérant et élévateur.

QUATRE COULEURS DE BASE NOUS SERVENT DE « BOUSSOLE EMOTIONNELLE »

L’une des premières explorations de la théorie des couleurs a plus de 200 ans. La science de l’influence est née quand l’auteur, poète, homme politique et naturaliste J.W von Goethe (1749-1832) a publié la théorie des couleurs. Ses théories les plus fascinantes explorent l’impact psychologique des différentes couleurs sur l’humeur et les émotions.

Comment réagit notre cerveau face à du vert, du bleu, du noir ou du rouge ?

Quelques expressions idiomatiques

  • Être fleur bleue
  • Se faire des cheveux blancs
  • En faire voir de toutes les couleurs
  • Rouge de colère
  • Fil rouge

Quatre couleurs de bases nous influencent et nous servent de « boussole émotionnelle » : le vert, le jaune, le rouge et le bleu. On sait faire la différence entre les couleurs froides (violet, bleu et vert) et les couleurs chaudes (rouge, orange et jaune), elles évoquent pour chacun de nous un ressenti bien précis, comme dit Goethe « la couleur est en nous ».

LES ARTISTES PEINTRES ET LA NOURRITURE DANS L’ART

La nature morte est une forme artistique qui a jalonné l’histoire de l’art depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. De Léonard de Vinci avec la « cène » narrant le repas de Jésus et ses apôtres, à Le Bail, en passant Arcimboldo, Cézanne les peintres ont toujours cherché à donner une vie à la nature morte.

Arcimboldo (1527 -1593) et ses allégories culinaires, « les quatre saisons », » « l’hiver », « le cuisinier » et ses trognes, constitués d’imbroglios de fleurs, de fruits, de légumes ;

Le peintre Le Bail dira de Paul Cézanne (1839-1906) : « La serviette a été drapé à peine sur la table, avec un goût inné, puis Cézanne a placé les pêches, en opposant les tons les uns aux autres, faisant vibrer les complémentaires, les verts au rouges, les jaunes aux bleus, avec un très grand soin, on devinait que c’était pour lui un régal de l’œil ».

Dans la première moitié du XX° siècle, le thème de la nature morte et de la vanité ont perduré dans l’Art. La nourriture était souvent prise pour modèle. Magritte (1898-1967) « ceci est un morceau de fromage » huile sur toile. Du Dadaïsme et du surréalisme ( intégration de matière organique dans des sculptures liées au désir, au rêve, à l’humour et à l’insolite) la nourriture réelle a parfois elle-même été intégrée dans les œuvres d’Art. S. Dali ( 1904-1989) «  taxi pluvieux »  où l’on peut voir des mannequins, endives, laitues… .Les Pop Artistes américains dans le refus de l’expressionnisme abstrait, vont créer un art populaire reproduisant les éléments notables de la société et de la vie quotidienne, pour  un art figuratif évoquant notamment la nourriture ( fast-food, boite de conserves, coca-cola, soupe etc…) avec des peintures, des sérigraphies, des collages. Pour ne citer qu’eux :  Lichtenstein Roy (1923-1997), « Sandwich and Soda » sérigraphie sur papier.

NOTRE CERVEAU EST-IL EN COULEURS ?

cerveau couleurC’est à partir des travaux du prix Nobel de Roger Sperry et de Paul D. Mc Lean que Ned Herrmann a modélisé avec brio le concept du cerveau droit et du cerveau gauche pour en faire un modèle d’analyse et d’évaluation des préférences cérébrales. Nous avons tous une prédilection pour l’un ou l’autre. À cette séparation gauche/droite se superpose la séparation cerveau inférieur (limbique)/cerveau supérieur (cortical), définissant ainsi le cerveau en 4 zones et 4 couleurs modélisé sur le schéma ci-dessous. Cette modélisation du cerveau permet de détacher les préférences cérébrales de chacun. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse. Chaque personne a une influence intellectuelle vers une de ces quatre couleurs.

Ainsi, pour toucher quelqu’un de bleu, il suffit de lui parler de faits, pour persuader quelqu’un de rouge, il faut lui parler de la richesse émotionnelle ; un vert doit connaitre le planning avant de se lancer et un jaune ne pas l’enfermer !

Bien sûr c’est un schéma général, drôle et amusant pour connaitre la ou les couleurs de notre cerveau et permettre une meilleure communication.

UN DIALOGUE EST-IL POSSIBLE ENTRE LES COULEURS ET VOTRE ASSIETTE ?

Il est très important de noter que chaque couleur va évoquer des choses différentes pour chacun d’entre nous. Elles sont très parlantes sur un dessin. Chaque couleur à une signification, un dessin ou une production très colorée n’aura bien sûr pas la même signification qu’un dessin terne à dominante marron, gris ou noir. L’énergie qui s’en dégage est différente.

Le but de l’Art-thérapie évolutive est d’obtenir une production qui dénotera une joie, un apaisement retrouvé, voir même une vitalité.

Mais qu’en est-il de notre assiette ?

On peut s’interroger alors sur l’influence positive de la cuisine sur le bien-être en général et sur l’humeur.

Certains aliments (les aliments « doudous » gras et sucrés) favorisent la production de certaines substances, comme les endorphines et la sérotonine, permettant d’intensifier le bonheur.

Est-ce que notre état d’esprit, nos sens évoluent au fur et à mesure que nous cuisinons, notre habileté aussi, le plaisir ? Les Sens concernés sont : « visuel, olfactif, goût, toucher ».

Peut-on trouver un équilibre émotionnel en composant son assiette avec certaines couleurs et textures d’aliments ?

Ayons la main verte pour voir la vie en rose.

LA COULEUR DANS LA NUTRITION

ALIMENTATION ET EMOTIONS

Toute forme de vie, quelle qu’elle soit a l’obligation de se nourrir pour survivre.

Le temps et l’évolution ont permis à cette obligation de se transformer en plaisir.

Aujourd’hui pour, la quantité et la qualité de notre alimentation est accessible pour la plupart d’entre nous. Manger est au cœur de la vie sociale, amicale, professionnelle.

Se nourrir ne revêt plus uniquement un sens d’obligation physiologique mais également n’entendons-nous communément une nourriture Intellectuelle, Spirituelle ou Émotionnelle que l’on peut lire comme étant « Émotion-Alimentation » que « Alimentation-Émotion ».

Voilà un phénomène étrange qui s’opère : la faim qui est un besoin physiologique devrait être le seul déclencheur de notre envie de manger, pourtant il y a beaucoup d’autres stimuli (joie, passion, frustration, colère, peur …) qui nous poussent à manger. A manger parfois même sans appétit…

A contrario, ces mêmes stimuli psychologiques sont capables de nous couper toute envie de manger.

Ou même encore de nous pousser à la consommation (compulsion) d’aliments « doudous » gras-sucrés.

L’étude nutrinet santé (2009 et coordonnée par l’Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle (UREN, U557 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13) révèle ainsi que sous le coup de l’émotion, on se tourne plus facilement vers les biscuits, gâteaux et… le chocolat ! cette étude parle d’émotionnalité alimentaire.

En parallèle, manger nourrit nos émotions. Qui n’a pas ressentie une émotion, vécue un moment de nostalgie en humant un gâteau tiré du passé ; la fameuse madeleine de Proust.

« Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (…) quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul (…), l’édifice immense du souvenir. 

NOS CINQ SENS DANS L’ALIMENTATION

Au moment de manger, ces sens qui nous relient à la vie entrent en action. Les premiers sollicités sont la vue et l’odorat à l’origine de plaisir ou d’aversion donc d’émotion. Attardons-nous sur la vue (le principal sens) qui permet d’observer et de distinguer des détails, des formes, des couleurs.

Le plaisir ressenti va permettre la sécrétion d’hormone source de bien-être, de plaisir, de sérénité et d’émotions. Le dégoût va inhiber la sécrétion de ces mêmes hormones.

Ces couleurs ne sont-elles pas ce qui nous guide dans notre choix de repas ?

La forme d’un fruit, la couleur d’un légume, l’odeur d’une épice, ne sont-elles pas responsables de notre menu ?

C’est tout à fait probable. Si en plus nous rajoutons que chaque couleur dans la nature est source de vitamines indispensables et essentielles à notre bon fonctionnement.

LE CADEAU DE LA NATURE ET SES COULEURS DANS NOTRE ASSIETTE

L’intérêt santé nutritionnel de chaque couleur :

cerise Rouge (betterave, cerise, chou rouge, fraise, oignon rouge, poivron rouge, radis rouge, tomate). Le rouge témoigne de la présence de lycopène ou d’anthocyanes. Puissant antioxydant, le premier agit contre les radicaux libres avec des effets anti-inflammatoires et une action protectrice contre la prolifération de certaines cellules cancéreuses.

abricotJaune orangé (Abricot, ananas, carottes, citron, mangue, orange, papaye, patate douce, pêche, poivron jaune, tomate jaune). Le nuancier affiche des tons pâles jusqu’à des tons très soutenus. Plus la teinte est prononcée plus la vitamine est présente. Attention, gare aux légumes farceurs qui contiennent ces vitamines comme le brocoli ou le cresson. Ces pigments, qui contribuent à neutraliser les radicaux libres, potentialisent les effets de la vitamine C. Cette teinte signe la présence de caroténoïdes, béta-carotènes, zéaxanthine et quercétine qui possèdent de nombreux effets protecteurs : sur la vision et plus particulièrement contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), l’immunité, la reproduction, la croissance des os.

avocatVert (Avocat, brocolis, épinards, haricots verts, kiwi, choux de Bruxelles, poire, poivron vert).Le vert indique la présence de chlorophylle qui a des vertus antioxydantes et régulatrices intestinales. Les aliments verts sont souvent source de Fer et de vitamine B9. 

aubergineIndigo, bleu, violet (Aubergine, cassis, framboise, mûres, prune, pruneaux, raisin). Ces végétaux renferment des molécules (Acides phénoliques, flavonoïdes, resvératrol) qui ont des propriétés anti-inflammatoires, antimicrobiennes et anti-radicaux libres.

poireauBlanc (Ail, oignon blanc poireau). Blanc ne signifie pas absence. Au contraire les légumes blancs renferment les vitamines C et E, du Sélénium et des composés soufrés (auxquels on prête des vertus d’inhibition de la cancérogénèse).

PRENDRE SOIN DE NOS TRESORS

Ils sont fragiles et méritent quelques précautions culinaires pour les préserver au mieux. La moitié des vertus des végétaux se situe dans la peau des aliments, il est donc nécessaire d’éviter au maximum de les éplucher. Les vitamines contenues dans la peau et dans la chair des aliments sont différentes et complémentaires. Le mode de cuisson peut avoir un impact sur la conservation de ces antioxydants : la cuisson à l’eau n’est pas idéale excepté dans le cas de la soupe, il est préférable d’utiliser la vapeur pour les préserver voire d’en augmenter leur qualité nutritionnelle.

Peut-on les appeler des « super-aliments anti-cancers » ? Non car il n’existe pas d’aliments anti-cancer ; oui car les polyphénols ont la vertu d’en diminuer le risque s’ils sont consommés régulièrement, en quantité et en variété.

Mettre des couleurs dans son assiette associe plusieurs forces (vitamines, minéraux, antioxydants, anti-inflammatoires) qui ensemble nous permettent d’élaborer une assiette riche et équilibrée.

D’un point de vue émotionnel/nutritionnel, prendre en compte nos préférences cérébrales et la couleur dominante de notre cerveau afin de préparer nos repas en mélangeant les couleurs, leur intensité et ce qu’elles symbolisent permet l’alliance entre l’émotion et l’alimentation.

ART-CULINOTHERAPIE OU D’ART-NUTRITHERAPIE

Imaginons un rdv dans nos cuisines, cette cuisine qui nous rassemble qui porte en elle également une histoire, des histoires, des émotions, un sentiment de liberté qui permet l’expression de notre créativité. Une manière aussi de se recentrer sur ses cinq sens.

Il y aura peut-être des ratés, mais pourvu que l’on ait tiré du plaisir dans le processus culinaire. Un Art éphémère reproduisible à souhait dans votre cuisine. Sans méthode particulière nous pouvons apprendre à cuisiner et préserver les qualités nutritionnelles et gustatives tout en veillant à notre santé.

De la faim jaune (stimulus) au calme vert (nature, détente) jusqu’au rouge nous pousse à manger rapidement à la manière fast-food.

Nous aurons bien compris l’impact des tonalités de couleur et leur influence sur la perception du monde qui nous entoure. La Nutritionniste et l’Art-thérapeute s’associent à dire qu’un même plat servi sur un plateau de couleurs différentes peut saturer ou stimuler l’appétit et l’envie d’une personne, il y a bien des couleurs « appétissantes » ou « doudou » et d’autres qui peuvent réprimer ou saturer l’intérêt d’une personne pour la nourriture. Nous nous accordons à dire que les couleurs sont capables d’affecter notre corps physiologique et la psychologie de l’être humain.

Profitons alors de jouer avec nos couleurs afin de stimuler nos émotions positives et entretenir notre santé.

PROPOSITIONS DE MENUS

L’Atelier couture de l’Institut Rafaël

L’Atelier couture de l’Institut Rafaël

activité après cancer couture​Dans le cadre du dé confinement responsable, Ayala, art thérapeute à l’Institut Rafaël a mis en place un atelier patients/patients avec pour média la couture et la fabrication de « masques Rafaël ».

Organisé par notre patiente artiste Jeanne Comyn et supervisé par notre Art thérapeute Ayala, « l’Atelier Couture » a pour vocation de transmettre les fondamentaux de la couture : Utilisation de la machine à coudre, travail sur différents tissus, comment partir d’un patron, pour permettre à chacun et chacune de pouvoir développer leur créativité à travers la réalisation de masques conformes aux recommandations AFNOR.

Ultime atout, et non des moindres, la couture est l’une des activités manuelles les plus expressives : elle fait appel à̀ la créativité́ du patient et lui permet de s’exprimer au travers de réalisations concrètes, l’aboutissement suprême !

Ludique et anti-stress, la couture permet de gagner en confiance en soi. Au fil du temps, réaliser des travaux de couture dont on ne pense pas être capable et y parvenir développe le sentiment de réussite.

C’est aussi un moyen de développer des compétences et des qualités. En effet, prendre en main une machine à coudre demande un peu de concentration, de la patience et de la persévérance. Des qualités qui se développent au fur et à̀ mesure. Pour créer des pièces, il faut être inventif.ve, réfléchir à des assemblages de tissus et de matières. La créativité́ des patients.es est autant boostée que l’estime de soi.

La couture permet également de travailler la dextérité́ des mains. Les gestes doivent être précis et confiants pour obtenir un beau résultat. Malgré́ les douleurs des traitements, coudre permet ainsi de se concentrer sur le résultat et non sur la douleur ressentie.

Et si chimiothérapie et microbiote faisait équipe ?

Et si chimiothérapie et microbiote faisait équipe ?

Par Delphine Lichte Choukroune, docteur en pharmacie, nutritionniste à l’Institut Rafaël

Le Microbiote

L’écosystème intestinal doit être considéré comme un organe à part entière. Il est composé de 3 éléments majeurs en interaction permanente : la flore ou microbiote, l’épithélium ou barrière intestinale et le système immunitaire sous muqueux ou GALT.

La flore en bonne santé est un amas de bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes, 10 fois plus nombreuses que les cellules humaines pour un même individu.

Chaque adulte compte 3 grandes familles de bactéries qui regroupent 160 espèces de bactéries. Chaque personne a sa propre organisation de sa flore telle une « empreinte digitale microbiotique ».

On trouve des microbiotes au niveau de la peau, de la bouche, du vagin et de l’intestin qui est le plus important avec ses 2Kg de micro-organismes.

Les fonctions du microbiote

Un microbiote sain joue de nombreux rôles dans les fonctions digestive, métabolique, immunitaire et neurologique.  La flore intestinale assure le recyclage des sels biliaires, la digestion des protéines et des glucides, la synthèse des vitamines K1 et B12, la protection contre les germes pathogènes et empêche leur adhésion. Elle assure un rôle au niveau immunitaire en modulant la réponse inflammatoire intense ou de bas grade ainsi que la régulation du stress chronique en agissant sur le cortisol (hormone du stress).

La dysbiose

Nous devons la notion de dysbiose à Joshua Lederberg, Prix Nobel de Médecine en 1958.

La dysbiose correspond à un microbiote pathogène qui est le résultat de la perturbation de l’équilibre des espèces des bactéries commensales. Elle peut se caractériser par un appauvrissement de la diversité ou par l’élévation de certaines populations. Ce déséquilibre du microbiote peut découler d’une alimentation peu variée trop grasse, trop sucrée, trop alcoolisée, d’un stress non digéré devenu chronique ou encore par la prise d’antibiotiques, d’inhibiteurs de la pompe à protons ou d’anti-inflammatoires. Cette dysbiose touche aussi les sportifs de haut niveau mais aussi les personnes qui pratiquent l’activité physique intensément.

Cette altération du microbiote serait à l’origine de pathologies métaboliques comme le diabète, des maladies auto-immunes ou de certains cancers.

Microbiote et cancer

L’étude du microbiote intestinal ou deuxième cerveau est devenue centrale pour la recherche. Et la cancérologie ne fait pas exception. Certaines données permettent de lier certaines tumeurs à la présence de certains germes au niveau intestinal.

Lors des 13ème journée nationale d’oncogériatrie, des liens sont évoqués entre les cancers digestifs (estomac, pancréas, colon, rectum), le cancer du sein ou du poumon.

L’Institut Rafaël, dans son article du 18 Juin 2019, au sujet de l’immunothérapie, relate que « des chercheurs chinois sont revenus sur le rôle essentiel du microbiote intestinal dans la modulation locale et systémique du système immunitaire de l’hôte. L’immunothérapie fait partie des nouvelles stratégies thérapeutiques prometteuses en oncologie. Toutefois, on observe certains patients développer une résistance à ces molécules. Il serait donc essentiel de pouvoir cibler les patients répondant le mieux à ces traitements et/ou de favoriser la réponse à ces traitements. Or, plusieurs études récentes ont suggéré que le microbiote intestinal pouvait impacter l’efficacité de ces traitements »

Dans le cas de la chimiothérapie, le fruit d’une riche collaboration, entre l’Institut Gustave Roussy, l’Institut Pasteur et des chercheurs de l’INRA, a prouvé que la flore intestinale stimule les réponses immunitaires d’un individu pour combattre un cancer lors d’une chimiothérapie avec la cyclophosphamide. Ainsi l’action de certaines thérapies anticancéreuses serait modulée par la qualité de la flore.

Dans une étude britannique, des chercheurs ont montré que la composition du microbiote pourrait renforcer les effets fluoropyrimidines dans le cancer colorectal et qu’une complémentation en probiotique serait envisageable pour accompagner certaines thérapies anticancéreuses.

Renforcer son microbiote

Pour entretenir sa flore voire la corriger, le premier outil est l’alimentation sans excès de gras mais surtout riche en « bon gras », sans excès de sucre, une alimentation riche en fibres et en polyphénols mais pas sans plaisir. Lorsque le microbiote est malmené, il est capable de se régénérer grâce à une alimentation adéquate.

Pour accélérer la réparation du microbiote, plusieurs solutions sont à l’étude. Le transfert de microbiote, utilisé dans le traitement des infections intestinales à Clostridium difficile, consiste pourrait être envisagé. Il s’agit de transférer le microbiote d’un sujet sain à un sujet malade. Cette flore est capable de s’implanter et de renforcer le microbiote du sujet malade.

Les probiotiques sont des compléments alimentaires dont la composition bactérienne est différente de la composition de notre microbiote et ne peut donc s’implanter. Les probiotiques viennent en renfort de notre propre armée intestinale. La réponse à ces probiotiques est souche-dépendante et individu-dépendant. En effet, les effets des probiotiques sont variables d’une souche à l’autre, d’une personne à l’autre et en fonction des situations physiopathologiques.

De nombreux travaux ont décrit une synergie incontestable entre microbiote et thérapies anticancéreuses. Plusieurs stratégies sont à l’étude comme la détection des dysbioses et l’administration de probiotiques et/ou de prébiotiques que l’on pourrait nommer « oncomicrobiotiques ».

Encore une fois, l’intestin est au cœur des études. La recherche n’en n’est qu’à ses balbutiements pour percer les gènes des bactéries intestinales 100 fois plus nombreux que nos gènes humains. Un boulevard des « possibles » est face à nous.

Musicothérapie à L’institut Rafaël

Musicothérapie à L’institut Rafaël

Par François- Marie DRU, Musicothérapeute à l’Institut Rafaël

La MUSICOTHÉRAPIE est un ensemble de techniques thérapeutiques utilisant les vibrations sonores pour agir autant sur les cellules que sur les émotions et les pensées.

Ces soins musico thérapeutiques alliés à des pratiques de sophrologie sont spécifiquement bénéfiques pour pallier au stress, à l’anxiété, à la détresse émotionnelle, aux insomnies, à la fatigue chronique, et aux blocages énergétiques. La musicothérapie est également efficace pour soulager des problèmes physiques tels sciatiques, lombalgies, inflammations, tensions nerveuses, tendinites, courbatures, dupuytrens, capsulites.

Description d’un soin individuel musico thérapeutique à l’Institut Rafaël :

La première consultation commence par un recueil des symptômes du patient. Puis le musicothérapeute explique les pouvoirs de la vibration sur le corps : le principe de l’effet de résonance, de l’effet du son sur la cellule, sur le système neuroendocrinien, sur le système nerveux (émotions), sur les ondes cérébrales. Le fait de comprendre la théorie aide à accepter et à approfondir la pratique.

Nous commençons la pratique par des exercices de respiration afin d’aider le patient à se relaxer et à se détendre afin que la méditation sonore qui suit soit plus simple, plus confortable et intense. Ces respirations profondes aident à palier des troubles anxieux (stress, angoisses, attaques de panique), la fatigue chronique, les chocs émotionnels et traumatiques. En 2014, le département de biologie médicale de Radboud University a prouvé que cette pratique régule positivement le système immunitaire en augmentant la production de lymphocytes B, les globules blancs qui protègent contre les virus en fabriquant des anticorps. En pratiquant ces exercices quelques minutes par jour seulement, on renforce notre système immunitaire et on parvient à mieux gérer les émotions comme la peur, la colère, la tristesse. Et on retrouve confiance, espoir, joie et sérénité.

Après ces vingt minutes de respirations, les yeux fermés, nous chantons des sons et des fréquences spécialement choisies pour induire un état de bien-être aux nombreux bénéfices.  La voix est un instrument d’auto-guérison disponible à chaque instant. Lorsque nous chantons, nous stimulons notre organisme depuis l’intérieur par la vibration du larynx. Les sons chantés interagissent avec la matière qui nous constitue. Selon le Professeur en physique Marc Henry, « on peut piloter toute la composition matérielle de notre corps simplement en chantant ou en écoutant de la musique.” En effet, lorsque nous chantons, nous créons des ondes électromagnétiques car notre corps est piézoélectrique. Il transforme les ondes sonores en ondes lumineuses. Le chant génère donc de la lumière en nous, ce qui explique l’efficacité des méditations sonores et autres chants prolongés comme le mantra « Om ».

Le son voyage à travers le système hydrique du corps à une vitesse de 1500 mètres par seconde, soit environ 4 fois plus vite que dans l’air. Les vibrations des cordes vocales se propagent dans les os, et chaque partie du corps bénéficie des sons chantés car la voix fait vibrer le réseau complexe des cellules, des nerfs, des plexus et des glandes. Pour le musicothérapeute Philippe Barraqué, le chant « favorise une bonne hygiène de vie. Il maintient la tonicité des muscles cardiaques et améliore les capacités respiratoires par la respiration diaphragmatique. » Nous savons que les vibrations du chant favorisent la production d’endorphines et de cortisol. Elles stimulent également les défenses immunitaires. De plus, de nombreux neuroscientifiques ont mis en évidence l’impact des vibrations sonores sur les circuits neuronaux. Lorsque nous chantons, notre cerveau constitué de 80% d’eau entre en résonance. L’hypophyse et l’hypothalamus libèrent des endorphines et des enképhalines ayant la propriété de soulager le stress et la douleur et de provoquer des états euphorisants. D’autres scientifiques ont prélevé la salive de chanteurs d’un chœur lors d’un concert et ont observé une augmentation de 240 % de leur immunoglobuline A sécrétoire et 37% de leur taux de cortisol. Ce dernier augmente le glucose sanguin qui renforce le métabolisme.

Le chant thérapeutique ralentit les ondes cérébrales et aide à la libération des tensions musculaires. Une étude anglaise a montré que les chants de la maman calmaient son bébé en stimulant la sécrétion d’ocytocine, hormone qui favorise l’empathie et la sociabilité. La vibration du son influe sur les hormones. Grâce à elle, un effet de mieux-être se fait ressentir. Le chant permet aussi de compenser les dérèglements du système nerveux comme l’arythmie cardiaque et les troubles digestifs. En se concentrant sur les sons émis lors des méditations sonores, le patient parvient à se détendre dans l’instant présent et lâche prise sur les pensées et émotions provoquant de l’anxiété.

A ce moment précis de la séance, le patient est profondément détendu et comprends ainsi qu’il peut lui même apprendre à gérer ses émotions physiquement au quotidien en s’impliquant dans une pratique régulière qui lui permet de retrouver sérénité et confiance lorsqu’il en a besoin. Cette prise de conscience et l’espoir suscité sont souvent accompagnés d’une grande joie qui encourage le patient dans sa responsabilisation face à son potentiel de guérison. Tout cela permet de réveiller progressivement sa force de résilience et ses ressources intérieures.

Après les respirations et la méditation sonore où le patient est actif dans le processus, la troisième partie de la séance est une forme de musicothérapie passive. Le patient est allongé sur le ventre et reçoit un soin avec les diapasons apposés tout le long de sa colonne vertébrale. Diverses techniques vibratoires sont utilisées : diapasons sur les points d’acupuncture, entre chaque vertèbre ou sur les douleurs locales. Cela est accompagné d’un bain sonore avec divers instruments acoustiques harmoniques comme les bols tibétains ou les gongs.

Lors de ce soin, les aiguilles sont remplacées par des diapasons appliqués sur certains points d’acupuncture. Les vibrations sonores sont alors transmises à différentes parties du corps. Cette méthode de soin renforce le système énergétique. Elle a pour objet d’harmoniser les cellules, de favoriser la communication intercellulaire, de vitaliser les différents systèmes du corps – immunitaire, respiratoire, sanguin, nerveux, endocrinien…

La vibration fait circuler l’énergie dans toute la colonne vertébrale, les vertèbres, l’ossature, les plexus, le système nerveux, le liquide cérébro-spinale. Ceci permet de soulager de nombreuses douleurs chroniques – tensions nerveuses, mal de dos.  La vibration des diapasons ralentit également le rythme cardiaque et respiratoire ainsi que la pression sanguine, et réduit le taux de cortisone dans le sang. Cette technique permet de diminuer les effets secondaires des traitements des patients. Ils retrouvent ainsi en partie la sérénité indispensable à leur rétablissement.

A la fin de la séance, les observations et les progrès ressentis par le patient sont recueillis. Nous évaluons alors les objectifs et un email est envoyé au patient pour qu’il puisse faire ces exercices au quotidien chez lui.

Description d’une séance collective musico thérapeutique à l’Institut Rafaël :

La première entrevue avec le patient est toujours individuelle. Mais après avoir adopté les exercices de respiration et de chant, le patient a la possibilité de venir hebdomadairement aux séances collectives de musicothérapie. Ces ateliers permettent d’avoir une meilleure maîtrise des exercices explorés en soin individuel.

Nous commençons toujours par des exercices de respiration puis nous formons un cercle au sein duquel nous chantons des sons et des fréquences spécifiquement choisies pour créer une forme d’autohypnose sonore qui induit un état de profonde relaxation et de détente dans l’instant présent. Cette harmonisation collective permet une ouverture en douceur de l’individu au collectif. L’effet miroir du cercle est harmonisé par les sons. Les patients socialisent et s’équilibrent à travers l’harmonie du chœur. Les chants se faisant les yeux fermés et en cercle, les participants parviennent à garder leur connexion intérieure tout en étant avec les autres. L’espace de l’atelier, les patients parviennent à oublier les aléas négatifs de la maladie et apprennent à mieux se connaitre et partager les bénéfices cultivés en groupe ou individuellement.

La séance se poursuit avec une harmonisation sonore collective. Un bain sonore. Les patients sont allongés et la musique jouée créée une forme d’hypnose sonore plongeant le patient dans les ondes alphas. Les nombreux bénéfices thérapeutiques des ondes alpha générées par les méditations sonores, les concerts harmonisants et les chants thérapeutiques ont été étudié par de nombreuses universitaires à travers le monde comme Andrew Newberg de l’université de Philadelphie, de Richard Davidson de l’université de Wisconsin-Madison, aux États- Unis ou du Dr Michael Hove, professeur en sciences psychologiques de la Fitchburg University.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/le-cerveau-dans-tous-ses-etats_107838

Réinsertion professionnelle et cancer

Réinsertion professionnelle et cancer

Par Véronique BARREAU, créatrice de « Mon Parcours Pro » pour l’Institut Rafaël.

On pourrait égrener les chiffres les uns derrière les autres des doubles peines que subissent les personnes qui ont été atteintes de cancer :

  • Une personne sur 3 quitte son emploi dans les 2 ans après un diagnostic de cancer.
  • 30% des chômeurs ayant affronté un cancer décrochent un emploi dans les 2 ans contre 43% pour les personnes qui n’ont pas connu la maladie.
  • ¼ des actifs ayant eu un cancer ont un retour au travail difficile à vivre.
  • 87% des actifs se sont arrêtés de travailler, dont 24% d’entre eux n’ont pas le sentiment d’avoir retrouvé leur place…

Il faut aussi prendre conscience que sur 1000 nouveaux cas de cancer déclarés en France par jour, 400 sont des actifs. C’est donc devenu un enjeu sociétal important pour les entreprises et aussi pour les institutions.

Et pourtant, souvent le cancer est encore synonyme d’isolement, de rupture de parcours professionnel et malheureusement aussi associé à une perte de valeur.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai initié, au sein de l’Institut Rafaël, (lieu unique de médecine intégrative gratuite pour les patient.e.s atteints d’un cancer et d’un centre de recherches), « Mon Parcours Pro » (MPP).

MPP est constitué d’une équipe de 7 personnes, toutes bénévoles et expertes en Ressources Humaines, (Biljana, directrice de ressources humaines ; Christine, responsable formation ; Isabelle et Fabienne, coachs certifiées RH ; Louisa, directrice du développement et de l’innovation et moi-même dirigeante associée d’un groupe de solutions RH. Sans oublier Emma, notre coordinatrice psychologue et fondatrice d’un centre de formations, notre relai d’information en lien avec les coordinatrices de parcours de soins de l’Institut Rafaël).

MPP a pour but d’accompagner des patient.e.s de l’Institut Rafaël, dans leur réinsertion professionnelle réussie.

Ce qui nous anime est de mettre notre expertise RH au service d’une médecine centrée sur l’individu et son projet de vie.

MPP traite, en séances individuelles des questions liées au travail. Nous donnons des informations juridiques, (les droits, le mi-temps thérapeutique, le dossier RQTH…). Nous répondons, également, aux questions du maintien à l’emploi, ou de sa reprise, ou même de la qualité de vie au travail.

Les séances sont dispensées au travers d’ateliers de résolutions de questions pratiques et d’entretiens d’accompagnement personnalisés, (visibilité sur les réseaux sociaux, préparation aux entretiens d’embauches, recherche d’emploi, comment garder du lien social, bilan de compétences ou de projet).

Ce qui rend unique « Mon Parcours Pro », en dehors d’une équipe aguerrie aux questions RH, c’est la synergie des pôles de l’Institut Rafaël, (nutrition, activité physique, bien être et émotions), facilitant un retour à l’emploi dans des conditions optimales.

Notre équipe de bénévoles durant sa première année d’activité, a croisé et accompagné une centaine de salariés, dirigeants, fonctionnaires, managers, artisans, qui pour beaucoup avaient une vraie envie de croquer la vie, se sentant plus que jamais forts et utiles dans leur travail, mais aussi un peu tétanisés pour certains, ou inquiets pour d’autres, du regard de leurs collaborateurs à leur retour, du jugement et de leur mise à l’écart…

MPP a été pensé et construit pour permettre à chacun.e de pouvoir retrouver sa place dans son entreprise ou son activité tout en retrouvant du sens et peut être même du plaisir au travail.

Et, en même temps, de les aider à capitaliser sur l’épreuve vécue en la transformant en un atout.

On parle beaucoup de ‘soft skills’ aujourd’hui en entreprise !  Croyez-moi les personnes qui ont dépassé l’épreuve de la maladie ont su développer un sens aigu pour aller à l’essentiel, peut être un peu plus d’empathie et certainement une grande résilience.

Par exemple, la plupart des patient.e.s ont bien accueilli le confinement de ces deux derniers mois. L’une des patientes nous disaient récemment : « le confinement ce n’est rien pour nous qui avons traversé les multiples séjours en milieu hospitalier et parfois en chambre stérile. Le plus difficile a été les déplacements, qui souvent nous obligeaient à prendre les transports en commun et c’est pas top !»

Aujourd’hui nous sommes à l’heure du dé-confinement, de ses contraintes et des craintes que cela peut légitimement engendrer.

Quand on se penche sur le protocole national de déconfinement du gouvernement pour les entreprises pour assurer la santé et la sécurité des salariés, on se doute bien, que le dé-confinement n’est pas simple, ni pour les entreprises, ni pour leurs salariés.

Alors lorsque l’on est une personne dite à risque, comme les personnes atteintes d’un cancer, il est évident que l’équipe de « Mon Parcours Pro » se devait d’être au rendez vous pour accompagner les patient.e.s de l’Institut Rafaël.

Mais comment répondre à toutes les questions légitimes des patient.e.s « actifs.ves » de l’Institut Rafaël et les préparer sereinement à leur retour au travail, après cette période de confinement ? Faire un manuel ? Un lexique des réponses juridiques à donner pour les personnes dites à risque ? Les experts de « Mon Parcours Pro » ont conscience que chaque parcours est unique, que la situation est complexe et que nous ne pouvons pas donner de réponses générales. Nous allons donc continuer à faire du cas par cas, en  accompagnant individuellement tout.e patient.e qui le jugera nécessaire pour vivre son dé-confinement en toute sérénité.

L’expérience acquise face au cancer et la remise en cause face au Covid-19, permettra peut-être aux entreprises de prendre conscience de l’importance de s’engager pour leurs salariés les plus fragiles et néanmoins compétents. On parle beaucoup aujourd’hui de l’entreprise engagée, de la responsabilité sociétale. Espérons que ça ne soit plus jamais un package marketing qui donne bonne conscience pour permette d’obtenir un label de qualité de vie au travail.

Le parcours global d’accompagnement gratuit pour la réinsertion professionnelle réussie de femmes et d’hommes atteints de cancer de l’Institut Rafaël, s’inscrit complètement dans le projet d’un nouvel imaginaire collectif demandé et souhaité par beaucoup d’entre nous. Gageons que les entreprises s’humanisent de plus en plus.

Quoi qu’il en soit, cette aventure humaine, extraordinaire, qui me dépasse, et que je vis depuis plus d’une année, m’a permis de grandir et d’être meilleure dans mon travail. Je ne recrute et ne manage plus de la même manière.

Les patient.e.s ont redonné le sens et les lettres de noblesse à mon métier. Plus qu’un accompagnement c’est un vrai échange. Certains destins foudroyés peuvent nous montrer des exemples de force et donner envie de continuer à porter témoignage pour transformer toutes ces expériences en lumière.

Véronique BARREAU, 19 mai 2020.