Le sevrage tabagique à l’Institut Rafaël, Entretien avec Marie Barbou

Le sevrage tabagique à l’Institut Rafaël, Entretien avec Marie Barbou

Marie Barbou est docteur en psychologie, psychologue, hypnothérapeute, et coordinatrice du projet de centre anti-tabac de l’Institut Rafaël. Spécialiste du sevrage tabagique elle pratique l’hypnose médicale depuis 10 ans en libéral. Elle est à l’Institut Rafaël depuis son ouverture, pour aider les patients à diminuer ou stopper leur consommation de cigarettes lorsque celle-ci a résisté à l’annonce de la maladie.

Marie Barbou Sevrage Tabagique

Un dilemme le sevrage tabagique à l’annonce du cancer ?

En effet, lorsqu’un patient vient d’apprendre qu’il a un cancer, il éprouve un choc, et vit une épreuve très difficile qui lui donne un sentiment de perte de contrôle d’une partie de lui, et parfois devoir se priver dans le même moment d’un fonctionnement « béquille » comme la cigarette peut être vécu comme la privation supplémentaire impossible. Le regard de l’entourage sur lui et son propre regard sur lui-même peuvent être culpabilisants et lourds à porter dans ce choix de continuer à fumer malgré la maladie.

À l’Institut Rafaël nous comprenons ce dilemme et nous proposons donc d’aider activement nos patients à mener à bien ce sevrage, à leur rythme et avec bienveillance. 

Comment se déroule le soin de sevrage tabagique à l’Institut Rafaël ?

Lors du premier entretien nous évaluons la dépendance tabagique, ses mécanismes et les résistances à l’arrêt. Une séance d’hypnose médicale est proposée ensuite et en fonction des résultats et éventuels ajustements nécessaires, le suivi se poursuit sur quelques séances pour permettre au patient de diminuer sa consommation et/ou d’arrêter de fumer pour mieux vivre, mieux traverser la maladie et mieux gérer l’après-cancer.
En effet, aujourd’hui pour une reconstruction mammaire par exemple un chirurgien demandera souvent 6 mois d’arrêt de tabac en amont pour limiter les éventuelles complications postopératoires liées à la présence du tabac dans l’organisme. Nous aidons par conséquent nos patients à relever ce défi et à rendre cette réparation du corps et de l’esprit possible.

Quels sont les bénéfices du sevrage tabagique ?

Cette technique permet en fait de réinitialiser le fonctionnement sans le besoin de fumer, de désactiver le mode fumeur en quelque sorte, et cela sans ressentir d’interdit ou de contrainte, mais au contraire, en percevant un profond sentiment de libération et de reprise de contrôle.

Grâce à l’hypnose médicale l’alliance corps/esprit est à nouveau optimale. Le patient ne ressent donc aucune frustration à l’arrêt du tabac, et aucune prise de poids n’apparaît.
Par ailleurs, pour beaucoup de patients, l’hypnose permet de renforcer et d’entretenir les ressources psychologiques et de vivre le quotidien plus sereinement, pour traverser ainsi la maladie avec plus de confort et/ou permettre un récupération post-traitements plus rapide.

Depuis la mise en place de ce suivi en 2019, 80% de nos patients ont diminué ou arrêté de fumer, et 95% se disent particulièrement satisfaits de l’aide et des repères apportés.

Grâce à l’approche intégrative de l’Institut, une collaboration avec d’autres soignants (sophrologue, nutritionniste, naturopathe, etc.) permet une prise en charge encore plus globale du patient si besoin. Le centre anti-tabac de l’Institut Rafaël, dont l’ouverture a été reportée en raison de la crise sanitaire, proposera non seulement des entretiens individuels et de groupe de sevrage, mais comportera aussi des pôles prévention, formation et recherche.

Orthodontie et après cancer

Orthodontie et après cancer

Les progrès des traitements oncologiques ont permis d’améliorer les taux de survie. Les orthodontistes consultent de plus en plus fréquemment des patients qui ont suivi avec succès une thérapie anticancéreuse. Les traitements oncologiques tels que la chimiothérapie, la radiothérapie ou les thérapies immunosuppressives entraînent de nombreux effets secondaires chez les patients, liés entre autres à la croissance au développement des dents. Il s’agit d’un groupe particulier de patients qui ont besoin d’un plan de traitement orthodontique optimisé.

Le traitement orthodontique et ses effets sur la muqueuse buccale

Les traitements du cancer peuvent parfois affecter votre santé bucco-dentaire : un suintement gingival, une hypertrophie gingivale ou d’autres douleurs gingivales sont fréquemment reportés chez les patients en rémission.

Les effets secondaires des traitements chimiothérapiques sont souvent pointés du doigt. Il est évident que certains appareils orthodontiques peuvent affaiblir la muqueuse buccale.

L’orientation vers un cabinet d’orthodontie spécialisé est donc fortement conseillée. L’orthodontiste procèdera à un bilan dentaire qui permettra de poser un diagnostic en définissant le plan de traitement adapté à votre cas.

Adapter l’appareil orthodontique au patient en post-cancer

Les patients porteurs d’appareils orthodontiques qui ont suivi des traitements anticancers sont souvent sujets à des gingivites, un pelage des lèvres ou une glossite (inflammation de la langue).     

Les appareils les plus couramment utilisés en orthodontie sont fabriqués en acier inoxydable, un acier qui peut produire une cytotoxicité due à une production accrue de radicaux libres. Les radicaux libres pénètrent dans les cellules et affaiblissent les fonctions cellulaires. Les patients en post- cancer sont déjà immunodéprimés, le traitement anticancer entraîne une diminution significative de la résistance aux infections et une atrophie de la muqueuse buccale.

Il faut donc privilégier les appareils orthodontiques conçus sans nickel (également appelés acier inoxydable avec du manganèse ou avec une faible teneur en nickel, inférieure à 5 %).

Si le patient rapporte une sensibilité au nickel, on préfèrera un appareil en titane en premier lieu, un matériau réputa pour sa plus grande résistance à la corrosion, qui ne libère pas de nickel dans la cavité buccale.

 

Choix de la technique si vous démarrez un traitement orthodontique post-cancer

Les centres de croissance maxillaire/mandibulaire sont affectés par les traitements de radiothérapie et ceux-ci peuvent parfois compromettre la maturation du complexe cranio-facial.  

On recommande habituellement d’entamer un traitement orthodontique entre 12 et 24 mois après votre rémission, sans récidive de la maladie.

Protocoles de traitement orthodontique.

Les objectifs du traitement orthodontique pour les patients en post-cancer sont doubles :

  • Le traitement d’un souci dentaire pouvant résulter des effets à long terme du traitement anticancer.
  • Le maintien d’une santé bucco-dentaire optimale,

L’irritation des muqueuses peut être minimisée par l’utilisation d’appareils orthodontiques non irritants. L’application quotidienne de fluor topique et le rinçage régulier sont recommandés.

Après la fin du traitement, tout appareil de contention doit être adapté au patient en rémission en vue de minimiser tout risque d’irritation, d’ulcération ou d’infection de ces gencives.  

Résorption radiculaire apicale externe après cancer

La résorption radiculaire est un état pathologique qui peut être causé par plusieurs facteurs étiologiques, dans notre cas le traumatisme dentaire. Elle concerne près de 10% des patients en post-cancer si l’on considère les extractions chez les adultes recevant une radiothérapie de la tête et du cou (trois fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes).

Les patients en rémission d’un cancer ont une résistance réduite aux infections en raison du traitement antinéoplasique qui va souvent entraîner une atrophie de la muqueuse buccale. La surface de la muqueuse est donc bien plus sensible aux risques d’irritation. L’orthodontiste privilégiera donc l’usage d’appareils orthodontiques non irritants.

La résorption radiculaire externe est une source de préoccupation pour le patient. Des durées de traitement plus longues sont associées à un raccourcissement accru de la racine qui peut être minimisé en modulant les niveaux de force appliqués par les brackets sur les dents du patient.

Il est important de noter que les facteurs génétiques jouent aussi un rôle significatif dans la susceptibilité d’un patient à la résorption radiculaire apicale externe. La recommandation générale pour tous les patients orthodontiques à risque est de prendre un film péri apical après six mois de traitement actif. Si le film révèle une progression de la résorption, le traitement doit être interrompu pendant trois mois. Il n’est pas nécessaire d’enlever les appareils, mais les fils de l’arcade doivent être réglés à un stade passif afin qu’il n’y ait pas de mouvement actif des dents.

Une stratégie d’intervention globale doit donc être mise en place par l’orthodontiste pour prendre en compte l’état de santé général et le bien-être du patient afin de maximiser le succès du traitement orthodontique.

L’institut Rafaël, innove dans la lutte contre la dénutrition des patients après un cancer ORL

L’institut Rafaël, innove dans la lutte contre la dénutrition des patients après un cancer ORL

L’Institut Rafaël, maison de l’après cancer innove dans sa prise en charge des patients touchés par un cancer ORL pour lutter contre la dénutrition

LA DÉNUTRITION

Perdre du poids est un objectif pour beaucoup d’entre nous que ce soit pour des raisons esthétiques ou médicales. Parfois, nous perdons du poids sans raison, sans avoir mis en place de diète volontaire : il faut alors sans s’interroger sur le pourquoi et consulter son médecin.

La perte de poids sans raison est souvent le premier signe d’une possible DÉNUTRITION.

La DÉNUTRITION survient quand les apports nutritionnels ne sont plus suffisants pour couvrir les besoins de votre organisme et/ou lorsque votre organisme a des besoins énergétiques augmentés du fait d’une pathologie. Il y a donc un déséquilibre énergétique, qui se traduit par une perte de poids involontaire

Les causes de cette perte de poids involontaire peuvent être liées au patient, à la pathologie et/ou au traitement. Dans le cas plus spécifique du cancer, la multiplication anarchique des cellules tumorales consomme beaucoup d’énergie qui sera puisée dans les muscles, les traitements du cancer peuvent augmenter les besoins en énergie et en protéines, de plus la fatigue, les émotions peuvent couper l’appétit.

EN CANCÉROLOGIE

La dénutrition est une maladie silencieuse qui touche 40% des patients atteints de cancer et qui augmente avec l’âge. Plus particulièrement, dans le cas des cancers ORL, 30 à 50% des patients sont dénutris avant les traitements et pendant et après la radiothérapie, la dénutrition peut concerner jusqu’à 88% des patients.

Il est essentiel de limiter la perte de poids et par conséquent la dénutrition qui a pour conséquence de ralentir la cicatrisation, d’augmenter l’effet toxique des traitements et de majorer la fatigue et de rendre plus sensible aux infections. En résumé, la Dénutrition est une perte de chance.

LA PRISE EN CHARGE DE LA DÉNUTRITION À L’INSTITUT RAFAËL

L’Institut Rafaël, maison de l’après cancer a alors créé un programme unique et innovant d’accompagnement des patients traités par radiothérapie pour un cancer ORL.

La radiothérapie peut induire des effets secondaires invalidants tels qu’une radiodermite (inflammation de la peau), des troubles de la salivation, des douleurs à la déglutition, des radiomucites (inflammation de la muqueuse) qui sont sources de dénutrition et de fatigue.

Pour limiter la perte de poids et améliorer l’état général du patient, en complément du suivi médical et pharmacologique, l’Institut Rafaël propose une prise en charge global de ce dernier :

  • Avant de commencer la radiothérapie, le patient bénéficie d’un bilan pour améliorer son état général
  • Tout au long du traitement, un suivi nutritionnel multidisciplinaire
  • En préventif et en curatif des radiomucites et des radiodermites, des séances de photo-bio-modulation via un laser de basse fréquence sont proposées aux patients.

A – LA PRISE EN CHARGE NUTRITIONNELLE

Après le premier rendez-vous avec le radiothérapeute, l’état nutritionnel du patient est évalué dans un parcours biométrique complet qui permet de définir la répartition des masses maigre et grasse, de l’eau et de la masse osseuse.

Une fois l’impédancemétrie réalisée, le patient est pris en main par la nutritionniste qui fait le point sur la consommation de protéines au quotidien et sur l’objectif à atteindre. Le plus souvent, le patient en a un apport trop faible. Si l’objectif est facilement atteignable, un enrichissement « maison » sera suffisant.

Si malgré tout, les apports nutritionnels restent insuffisants par rapport aux besoins et à la situation de chacun, des Compléments Nutritionnels Oraux (CNO) sont proposés pour apportés un concentré d’énergie, de protéines, de vitamines et de minéraux, en une volume minimum. Il en existe de différentes compositions et textures : liquides, crèmes, sucrés, salés ou neutres ainsi que de la poudre de protéines.

Pour améliorer l’observance de ces CNO, l’institut Rafaël a installé un Bar à compléments alimentaires. Ce bar nous permet de faire gouter aux patients les différents produits et de préciser concrètement les modalités de choix, de consommation et de conservation.

En complément du Bar à compléments alimentaires, la cuisine de l’Institut Rafaël participe également à la prise en charge de la dénutrition. Notre naturopathe et responsable de la cuisine, Caroline Perrault crée des recettes gourmandes du quotidien à base des CNO pour permettre aux patients de mieux les consommer et de garder un lien social en se mettant à table avec les amis tout en mangeant « utile ».

Il est parfois nécessaire de passer à une alimentation artificielle via une sonde naso-gastrique ou via une gastrostomie en administrant des concentrés de protéines, lipides et glucides dont l’apport calorique adapté à vos besoins. Dans d’autres cas, il pourra vous être proposé une nutrition parentérale via les veines de ces mêmes concentrés.

Dans les mois qui suivent la fin du traitement, le patient est de nouveau reçu à l’Institut Rafaël pour mettre en place une alimentation équilibrée.

B – LA PHOTO-BIO-MODULATION (PBM)

La PBM est un laser de basse fréquence qui utilise la lumière. Les cellules lésées captent l’énergie transmise par la lumière leur permettant de se régénérer plus vite.

La PBM accélère la cicatrisation, soulage la douleur et traite l’inflammation.

En fonction de la longueur d’onde choisie, grâce à la PBM, il est possible d’agir en superficie en améliorant la cicatrisation de la peau lésée, irritée ou inflammée ; et il est également possible d’agir en profondeur pour soulager l’inflammation de la muqueuse (mucite).

Les radiothérapeutes de l’Institut Rafaël, selon les besoins des patients vont proposer la PBM en préventif et/ou en curatif à raison d’1 à 3 séances par semaine.

C – L’ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉEE

L’activité physique est le deuxième pilier pour prévenir et traiter la dénutrition. Elle permet de maintenir la force musculaire, de préserver l’autonomie et de stimuler l’appétit. De plus, l’exercice physique potentialise l’effet d’une prise en charge nutritionnelle sur la prise de poids.

Ainsi, en parallèle de la prise en charge nutritionnelle, les coaches de l’Institut Rafaël accompagnent les patients en risque de dénutrition de manière très spécifique et personnalisée. Après une évaluation, nos professionnels proposent des exercices adaptés aux possibilités et aux contraintes de chacun.

D – LES EMOTIONS

Parfois, il est nécessaire d’aider, en complément, le patient sur l’axe émotionnel. L’hypnose, le neurofeeback, la psychologie, l’art-thérapie peuvent contribuer à diminuer les effets secondaires ressentis, à diminuer les nausées, dégoûts…

Cet accompagnement multidisciplinaire, qui se mène en collaboration étroite entre les médecins (radiothérapeutes, oncologues, médecins de la douleur, gastro-entérologues) et soignants des 4 axes pôles de l’Institut Rafaël (Nutrition, activité physique, émotion et bien-être), permet au patient de mieux vivre son traitement, de limiter la perte de poids et ainsi de récupérer plus vite pour construire son nouveau projet de vie.

Approche intégrative sanitaire post-COVID-19

Approche intégrative sanitaire post-COVID-19

Interview d’Alain Toledano par Jean-François Zagury

Retranscription de la vidéo

Jean-François Zagury : Bonjour, nous intervenons aujourd’hui dans le cadre des Assises de la recherche stratégique pour alimenter la réflexion sur l’après COVID. Donc, aujourd’hui, je vous présente Alain Toledano qui est un éminent cancérologue. Moi-même, je suis aussi médecin et professeur titulaire de la Chaire de Bio-informatique du CNAM. Cette réflexion sur l’après COVID est importante parce que si on comprend bien aujourd’hui, toute notre attention est accaparée par le contrôle de l’épidémie et le traitement des cas graves infectés, on ne sait pas ce qui va se passer après.

Or, le recul montre déjà que parmi les patients infectés, 10% d’entre eux vont développer des séquelles médicales significatives et plus de 40% se plaignent d’une baisse de leur qualité de vie. Donc, si le virus touche une large portion de la population, cela risque d’être un gros problème de santé publique. Et je voulais demander à Alain : comment vois-tu les choses?

Alain Toledano : Jean-François Merci de cette question. Donc, dans la perspective stratégique de ces assises pour élaborer un plan d’action en post-COVID, bien sûr, on doit s’intéresser à tous ces patients infectés et leurs séquelles. Alors on a des observatoires qui sont en cours et qu’on est en train d’alimenter. Mais d’ores et déjà, ce que l’on voit en consultation tous les jours ce sont des patients infectés qui sont de plus en plus fatigués et les patients qui ont des gènes respiratoires au long cours.

Bien sûr, un syndrome anxiodépressif pour une partie d’entre eux, des troubles sensoriels comme les troubles du goût, les troubles de l’odorat. Puis ce fameux neuro COVID. Cette atteinte des fonctions cognitives qu’on méconnaît un peu avec des troubles de la concentration, des troubles de la mémoire. Puis certains collègues chercheurs du Wuhan qui ont même décrit des troubles de la sexualité. Donc, on voit ce cortège de symptômes qu’on va avoir à gérer et qui, pour certains, vont donner des pathologies plus ou moins chroniques.

On voit bien qu’il va falloir, dans le cadre des perspectives sanitaires, s’occuper des patients infectés. Mais on a tous ces patients qui ne sont pas infectés et finalement qui sont des patients du COVID puisque toute la population est malade du COVID. Et donc ça nous amène à réfléchir sur les risques. Le risque, ce danger prévisible. On a les risques immédiats qui sont les risques visibles qu’on est en train de réfléchir. Mais on a ces risques invisibles et on va prendre pour exemple la crise financière de 2008.

On sait qu’il y a une étude dans Le Lancet qui a été publiée en 2008. Il y a eu une surmortalité par cancer de plus de 500 000 patients dans le monde à cause de la crise 260.000 dans les pays de l’OCDE et les trois quarts en Europe.

Ce qui veut dire que lorsqu’il y a une crise de cette ampleur comme COVID, on sous-estime certainement le nombre de morts qu’elle va générer. Et quand on regarde des travaux comme les instituts de recherche français de l’Inserm, qui ont beaucoup publié sur le chômage, les populations de chômeurs par rapport aux non chômeurs ou une surmortalité trois fois supérieure quand on sait que le chômage, c’est plus de 14.000 décès déjà par an en France et qu’on attend au minimum 800 000 chômeurs supplémentaires.

En plus, on va voir qu’il y a, un vrai impact sur la santé social dans notre pays de cette crise. Donc, ce risque invisible est à considérer. Alors, bien sûr, on a tout un tas de pathologies du confinement et en post-confinement qui sont souvent des facteurs de risque cardiovasculaires ou de cancers, à savoir de plus en plus de dépressions. Alors, on parle là de dépressions pathologiques. On a augmenté de plus de 10%, donc avec une population de 25% de dépressifs, quand on sait qu’il y a déjà 10.000 suicides par an en France, il va falloir qu’on monitor, qu’on évalue cet impact.

On a aussi une augmentation de toutes les addictions. Alors on va parler de l’alcool qui n’est pas seulement responsable des violences conjugales. Il y a un impact sanitaire significatif. Le tabac, qui fait déjà 80 000 morts par an en France. Les écrans qui donnent des troubles du sommeil. Et puis, on a une augmentation du surpoids, une augmentation de la sédentarité. Finalement, toutes ces pathologies du COVID qu’il va falloir évaluer dans le cadre d’une perspective sanitaire à grande échelle.

On peut citer aussi, à titre d’exemple, ces troubles de la sexualité. Il y a une belle étude de l’Indiana qui a fait une revue de manifestations sexuelles ou avec diminution des rapports, diminution du plaisir pour tout un tas de raisons. Et donc, on a une science très riche dans l’étude des conséquences post COVID. Donc, si on récapitule, on a ces risques visibles et ce risque invisible, mais un des problèmes, c’est aussi qu’il y a le risque et la perception du risque.

Aujourd’hui, il y a des gens qui sont emprisonnés dans leur peur, qui n’envoient pas leurs enfants à l’école, qui restent confinés, qui nous appellent quotidiennement pour faire des arrêts de travail ou qu’on leur fasse des certificats pour les obliger à être en télétravail. Et dans notre société, l’autre qui était celui par lequel notre salut passait, l’autre est devenu le contaminant. On le rejette donc ça a développé des conduites de racisme, de xénophobie, d’isolationnisme. Donc, ce n’est pas tant le COVID qui est viral, c’est surtout la peur du vide.

Bien sûr, si tous les soirs à la télé, on a un cerveau gauche qui nous donne le décompte des morts, on va avoir des difficultés à faire chuter cette peur. Mais ça nous remet en perspective sanitaire dans le sens d’une importance de la communication thérapeutique pour diminuer l’impact négatif en termes de santé émotionnelle. Si on en fait la synthèse de ces risques post-COVID, on a la santé sociale qui va être altérée, la santé psychologique, la santé sexuelle, la santé émotionnelle. Prendre en considération toutes ces dimensions de la santé, les intégrer dans un projet de santé global pour arriver à gérer le poste Covid comme on gère toute la pathologie chronique avec une ambition de santé intégrative.

Jean-François Zagury : Oui, effectivement, j’avais entendu parler de la santé intégrative. Cette nouvelle approche la santé multidisciplinaire. Peux-tu nous décrire l’historique et aussi les grands axes qui la constituent ?

Alain Toledano : dans les années 90 aux Etats-Unis, face à la maladie chronique, des chercheurs ont commencé à se dire et des cliniciens, finalement, il n’y a pas que les thérapies médicamenteuses on devrait avoir une autre approche de gestion des pathologies de longue durée. Et donc, on a commencé à avoir un mouvement dans certaines universités, comme celle de Duke, en Caroline du Nord, et le Centre de santé publique américain a mis en place un centre de santé intégrative et une quarantaine d’universités ont monté des programmes de recherche et d’enseignement, et notamment pour les plus populaires Harvard, Stanford et au Texas.

Ça a été doté effectivement, financièrement et puis on a développé cette approche. C’est vrai qu’outre-Atlantique, on a eu cette culture qui a un peu tardé en Europe. Et pourtant, on sait qu’on a un vieillissement de la même façon de nos populations. On sait qu’une consultation sur deux est faite pour des patients qui ont une maladie chronique ou un traitement symptomatique ne suffit pas. Les maladies qui déséquilibrent leur vie.

On voit bien en France en 1994 on a 3 millions sept cent mille personnes qui sont suivies pour une affection de longue durée. Et en 2018, on est à onze millions. Donc on ne pourra pas se contenter finalement de faire de la médecine symptomatique.

L’approche aujourd’hui, c’est d’arriver à passer d’une médecine centrée sur la maladie à une médecine centrée sur l’individu et son projet de vie, et à considérer pas uniquement la médecine, mais la santé. La santé, ce n’est pas l’absence de maladies. C’est ce qu’on a dit, la santé émotionnelle, santé sociale, santé sexuelle, santé psychologique. L’idée, c’est d’arriver à l’intégrer dans un parcours santé toutes ces dimensions. Compenser dans un premier temps des déséquilibres de vie et ensuite pour assumer des équilibres qui vont nous permettre de mieux vivre avec une médecine qui est beaucoup plus large.

Jean-François Zagury :  Alain, merci pour cette vision générique de la santé intégrative. Est-ce que tu peux nous la décrit de manière un peu plus spécifique ?

Alain Toledano : L’approche en santé intégrative va nécessiter que pour chaque patient, on co-construise avec lui un parcours de santé qui lui est propre, orienté vers la nutrition, les émotions, l’activité physique, le bien être. Donc, vous avez des nouveaux métiers la sophrologie, la psychologie, l’hypnose, la nutrition. Toutes les dynamiques d’activités physiques adaptées, de kinésithérapie et autres qui sont des acteurs fondamentaux dans le parcours santé et donc avec les médecins, dans un parcours global de santé intégrative. On va pouvoir aller chercher cet équilibre qui dépasse le cadre d’une médecine médicamenteuse.

Jean-François Zagury :  Alain, c’est toute une nouvelle vision de la santé et de la santé publique que tu mets en avant. Est-ce que tu penses que cette vision pourrait être partagée par nos confrères et par les institutions politiques ?

Alain Toledano : Il y a un rapport qui a été commandé par le gouvernement qui s’appelle Ma santé 2022, qui montre bien qu’avec les 223 000 médecins en France, le million d’infirmières et d’aides soignantes pour ces 3.000 hôpitaux qui accueillent 20 millions de patients, ce système magnifique, solidaire, accessible, qui coûte 250 milliards d’euros, c’est plus de 10% du PIB, c’est plus que la moyenne de l’OCDE et malgré tout ça, ce système nourrit le mécontentement des soignants et des usagers.

Ce système vit des tensions rigides d’organisation. Il y a des tensions financières croissantes et une demande importante. Donc, il va falloir le réformer, notre système. Alors, bien sûr, on a des économies à faire. Le numérique va nous permettre d’économiser plus de 10% qu’on va pouvoir réaffecter. L’idée, c’est d’arriver à transformer un système de santé sans qu’il y ait de surcoût en étant plus efficace. Pour exemple, on a vu que les facteurs de risque cardiovasculaires qui génèrent un cancer sont à peu près les mêmes : l’alcool, le tabac, l’obésité, l’exercice physique.

On peut diminuer de 40% les cancers, juste avec des politiques de prévention. Et aujourd’hui, on a moins de 3% du budget qui est alloué à la prévention. Alors, on va donner un autre exemple : notre médecine aujourd’hui nous impose des consultations rapides et qu’en moyenne, on coupe la parole à un patient au bout de 23 secondes. Donc, on va beaucoup prescrire. Et c’est vrai qu’un patient en France se voit prescrire dans 93% des cas un traitement médicamenteux, contre 40% pour cent aux Pays-Bas et il ne meurt pas plutôt bien. On jette une boîte de médicaments sur deux à la poubelle, c’est à dire qu’on jette sept milliards d’euros par an à la poubelle. Donc, il va falloir penser la santé globale. Est ce qu’on doit à la pensée de penser notre futur dans notre réflexion stratégique en continuité ou en rupture ? Est-ce que si on pense le changement, il doit être immédiat ou différé ? Est ce qu’on est ouvert ou fermé ?

On est appelé dans nos introspections à essayer de dessiner un système plus efficace qui n’est pas plus coûteux et plus innovant. C’est pour ça qu’on va avoir besoin de nouveaux métiers pour donner plus de temps à chacun, à chaque patient, parce que le temps, c’est de la qualité. Des nouveaux métiers, pas uniquement médicaux, donc une santé intégrative qui va intégrer toute cette approche en santé globale. Donc, il va falloir un corpus idéologique des enseignements, soit des universités ou des écoles professionnelles. Mais on pourrait tout à fait dire que le CNAM serait génial pour arriver à porter des enseignements en santé intégrative pour arriver à transformer la santé et que le post-COVID, finalement, ait été un catalyseur d’une nécessité de repenser la santé de demain.

Jean-François Zagury : Donc, ce que je retiendrai de ce que tu as dit, c’est d’une part que le prix COVID ne se limite pas aux seuls patients touchés par le coaching. C’est toute la société entière qui est touchée avec ce que tu appelé les risques visibles et invisibles. Donc, c’est très intéressant. Deuxièmement, il y a la santé intégrative, qui est une discipline en plein essor, au moins chez les Anglo-Saxons, et qui mériterait d’être développée en Europe parce que toute l’Europe souffre de cette absence aujourd’hui.

Et le troisième point que je vois aussi important, c’est que tu as donné des solutions possibles qui existent, donc des marges de manœuvre pour appliquer cette stratégie post-COVID. Mais en fait, cette nouvelle stratégie de santé publique, ce serait d’une part, de gagner sur des budgets liés, par exemple, à une meilleure informatisation des systèmes donc, il faut une idée sur les coûts et d’autre part aussi appuyer sur la prévention. Je crois que tu as cité le chiffre de 3% de prévention du budget en prévention en France., de mémoire, c’est plutôt de l’ordre de 10% dans les pays Anglo saxons et ça, ça peut expliquer aussi qu’il y a une grosse marge de manœuvre pour transformer un peu notre système.

Je te remercie beaucoup d’avoir partagé avec nous cette réflexion prospective et j’espère qu’on pourra se revoir pour travailler, notamment au niveau du CNAM, sur ces nouveaux challenges, aussi bien sur plan santé public que sur le plan des enseignements et des formations à faire pour les professionnels.

Merci beaucoup.

 

Sport et cancer, l’importance de l’activité physique adaptée

Sport et cancer, l’importance de l’activité physique adaptée

Dr Nathaniel SCHER, oncologue-radiothérapeute
Dr Alain Tolédano, oncologue-radiothérapeute, Institut Rafaël & Institut de radiothérapie Hartmann.

L’activité physique est un déterminant important en santé publique, en contribuant à la baisse de la prévalence de plusieurs maladies. Le cancer se trouve au premier rang des causes de mortalité dans le monde. L’activité physique pourrait prévenir jusqu’à 25 % des cancers, en plus d’améliorer la survie et la qualité de vie des patients atteints de cancer. Les autorités de santé préconisent l’intégration de l’activité physique dans le panier de soins oncologiques de support relative à l’amélioration de l’accès aux soins de support des patients atteints de cancer. La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 introduit la notion d’activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection longue durée (ALD), et notamment de cancer. La recommandation est celle d’une pratique d’activité mixte (développement des capacités cardio-respiratoires et renforcement musculaire), comportant des exercices d’intensité modérée ou élevée avec une quantité hebdomadaire de 30 min par jour d’activité physique au moins 5 jours par semaine. Le sport fait partie prenante du traitement du cancer et de l’après cancer. En effet, l’activité physique adaptée et régulière diminue le risque de développer certains cancers, facilite la prise en charge thérapeutique et diminue les risques de récidive et de mortalité après traitement de certains cancers.

Les bienfaits de l’activité physique adaptée

Une activité physique régulière d’intensité modérée à élevée, tout au long de la vie, réduit les risques de développer un cancer. Les données sont probantes pour le cancer du côlon, le cancer de l’endomètre et le cancer du sein. Elles sont plus limitées pour d’autres cancers (en particulier pour les cancers des poumons, de l’oesophage et du foie). Une activité physique régulière d’intensité au moins modérée est associée à des réductions de la mortalité et des récidives du cancer, avec des relations effet-dose, pour les cancers du sein, colorectaux et de la prostate non métastatiques. Chez les patients atteints d’un cancer, on observe des modifications de la composition corporelle et une altération de la condition physique en lien avec le cancer et avec les traitements spécifiques anti-cancéreux ce qui entraine un déconditionnement physique secondaire. Dans ce contexte, l’activité physique a comme intérêt:

  • Maintien de la masse musculaire et réduction de la masse grasse
  • Amélioration de la capacité cardio-respiratoire
  • Lutte contre la fatigue
  • Réduction des douleurs
  • Amélioration de l’anxiété de la dépression

 

Bénéfices de l’activité physique sur les traitements du cancer

L’activité physique réduit certains effets indésirables des traitements et optimise les possibilités de suivre un traitement de manière optimal pour le patient:

  • Sur le plan de la chirurgie: l’activité physique permet de réduire le taux complications post opératoire (cancer du sein et poumon). Dans le cadre du cancer du sein par exemple, l’activité physique améliore la récupération de la mobilité de l’épaule et limite les douleurs après une chirurgie. Après un curage ganglionnaire axillaire, l’utilisation du membre supérieur du côté opéré ne doit plus être interdites. Une activité physique adaptée en endurance ou en renforcement musculaire du membre supérieur homolatéral au curage pourrait prévenir l’apparition d’un lymphoedème, voire l’améliorer, mais ne l’aggrave pas. Elle améliore la mobilité de l’épaule, sans majoration des douleurs.
  • Les patients qui suivent un traitement de chimiothérapies et ou par thérapies ciblées bénéficient aussi des effets positifs de l’activité physique. En effet, l’activité physique réduit certains effets indésirables (nausées, fatigue) et favorise le maintien de la masse musculaire et du poids corporel, d’où une amélioration de la tolérance aux traitements spécifiques, ce qui augmente les chances de suivre un traitement optimal pour le patient.
  • Chez les patients en cours d’hormonothérapie (cas des cancers de la prostate et du sein) l’activité physique réduit les effets secondaires de l’hormonothérapie avec un gain ou un maintien de la masse, de la force et de l’endurance musculaires et une réduction de la perte de masse osseuse. En effet, l’apparition de douleurs articulaires, de myalgie et de bouffées de chaleur font partie des effets secondaires les plus gênants associés à l’hormonothérapie. La pratique d’une activité physique régulière permet de limiter ces gènes.

Recommandations en termes d’activité physique

En pratique, il est recommandé chez l’adulte :

  • une activité physique d’au moins 30 mn par jour de type cardio-respiratoire, d’intensité modérée à élevée, au moins 5 jours par semaine, en évitant de rester 2 jours consécutifs sans pratiquer. Il est recommandé d’inclure de courtes périodes d’activité physique qui stimule la fonction cardiorespiratoire d’intensité élevée (par exemple : Marche a plus de 5 km/h, course à pied, montée d’escaliers a vitesse rapide, Nage, vélo a plus de 15 km/h)
  • Au moins deux séances de renforcement musculaire par semaine des membres inférieurs, supérieurs et du tronc en respectant 1 à 2 jours de récupération entre deux séances
  • Des exercices d’assouplissement et de mobilité articulaire, 2 ou 3 fois par semaine.
  • Des exercices d’équilibre

Avant de commencer un programme d’activité physique, certaines précautions sont tout de même à suivre. Tous les patients atteints d’un cancer justifient d’une évaluation médicale minimale d’activité physique avec une évaluation du niveau de risque cardio-vasculaire. Les bénéfices d’une activité physique chez les patients atteints d’un cancer sont bien démontrés et sont supérieurs aux risques. Durant et après son traitement, le patient atteint d’un cancer doit donc éviter l’inactivité physique tant que l’activité physique n’aggrave pas ses symptômes. Le patient doit suspendre son activité physique et consulter si des symptômes inhabituels apparaissent (vertiges, nausées, douleur thoracique, douleurs osseuses, etc.). Chez un patient atteint d’un cancer, l’activité physique doit être personnalisée, raisonnée et adaptée à la condition physique, à l’état de santé et aux risques liés au terrain de chaque patient. Cette activité physique doit être supervisée, réévaluée régulièrement, en lien avec l’équipe oncologique et pratiqué dans des structures adaptées si possible.

L’activité physique s’adresse à toute la population et influence la baisse du risque du cancer. En plus, elle améliore la survie des patients ainsi que la qualité de vite de ceux-ci.

Podcast : L’institut Rafaël, un centre de médecine intégrative pendant et après un cancer

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L’institut Rafaël, centre de médecine intégrative, et homéopathie entant que soin de support en oncologie, un reportage de Valentin Flamant pour Pharma Radio

Institut Rafaël, centre de médecine intégrative

par reportage de Valentin Flamant pour Pharma Radio

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