POLETHIS – La revue universitaire de Paris-Saclay traite de l’éthique des sciences en réflexion

POLETHIS – La revue universitaire de Paris-Saclay traite de l’éthique des sciences en réflexion

Entre technologies numériques d’excellence et exigence d’humanité dans le soin

Le docteur Alain TOLEDANO , directeur de la chaire “Santé intégrative” au Conservatoire national des arts et métiers – Président de l’Institut Rafaël,   informe sur la place du patient dans les technologies  numériques en santé, sur l’intelligence artificielle et sur l’enjeu de la transformation en santé.

éthique  et science
suite éthique science
Manifeste pour la promotion d’une médecine intégrative

Manifeste pour la promotion d’une médecine intégrative

L’exemple de l’Institut Rafaël, centre de médecine intégrative

La santé est le premier sujet de préoccupation des Français. Alors que l’Etat français dépense près de 250 milliards d’euros chaque année, plus de 11% de son PIB, pour financer son système de soins, notre système peine à se réformer. Il nécessite toujours plus d’investissements, et est marqué par de profondes rigidités d’organisation. Avec ses 3089 hôpitaux, 223 milles médecins, 1 million d’infirmières et d’aides soignantes, le système de santé français quasi-équitable nourrit pourtant le mécontentement de ses usagers et des professionnels.
La moitié des 400 millions de consultations médicales annuelles concerne la gestion de symptômes de maladies chroniques. Plus de 90% d’entre elles se soldent par des prescriptions médicamenteuses alors que nous jetons une boîte de médicament sur deux à la poubelle, soit 7 milliards d’euros par an.
Parallèlement, 60% des patients ont recours à des médecines complémentaires pour palier l’insuffisance de considération de leurs demandes par le système actuel.
Nous souhaitons arrêter de dépenser sans compter pour un système figé sur l’administration d’actes de soins et trop centré sur les hôpitaux. Notre système de santé se préoccupe plus de la maladie aigue et des actes techniques que des patients eux-mêmes.
Il néglige de considérer la santé dans toutes ses dimensions.
Or, la santé n’est pas que l’absence de maladie. Elle comprend la santé psychologique, la santé sociale, la santé sexuelle et la santé émotionnelle.

Alain Toledano Président institut RafaelNotre objectif est de passer d’une médecine centrée sur la maladie à une médecine centrée sur l’individu et son projet de vie.
Notre objectif est aussi de travailler pour une amélioration de la santé globale. Celle-ci comporte une médecine performante, qui intègre aussi la prévention, tous les soins à la personne, et qui délivre un temps qualitatif qui fait trop souvent défaut.

Ainsi, alors que 40% des cancers sont évitables (142 000 cas par an), en travaillant sur l’exposition au tabac, à l’alcool, sur la sédentarité et sur l’exercice physique, augmentons nos investissements dans la prévention, qui n’est actuellement dotée que de 3% de notre effort collectif.

Nous pouvons organiser des parcours de soins personnalisés et coordonnés pour chaque patient, orientés vers la nutrition, les émotions, l’activité physique et le bien être.
Gageons que s’occuper de chaque personne dans sa globalité apporte plus de bénéfice que de ne s’occuper que de sa maladie.

Avec la création de l’Institut Rafaël, nous avons démontré, ces deux dernières années, que la santé intégrative était faisable et bénéfique,
Les maladies chroniques touchent onze millions de personnes en France en 2018. Le cancer symbolise la fragilité des personnes atteintes de maladies chroniques et de leur famille qui, tout comme eux, souffrent souvent de fragilité et de rupture psycho sociale.
A l’Institut Rafaël, nous avons évalué les 17 000 premiers soins, que nous avons offerts gratuitement aux 1700 patients pris en charge. Pour exemple de résultats éloquents, les parcours d’accompagnement simples ont permis de diminuer de 56% le taux de dépression et de près de 40% le sentiment d’isolement ressenti par les patients fragilisés par le cancer.
Nous pourrions faire beaucoup plus pour chacun, et à moindre coût. Pour cela nous souhaitons essaimer nos valeurs et poursuivre cette expérience pilote en l’étendant à d’autres, quelque soit leur pathologie chronique.

Notre objectif est de démontrer le bénéfice de cet accompagnement global, pour qu’il puisse être pris en charge par la solidarité nationale, et enfin accessible à tous.
C’est un devoir moral de nous mobiliser ensemble vers la transformation positive de notre beau mais perfectible système de santé.

J’en appelle à l’engagement de tous, à la mesure de ses compétences et de ses ressources, pour faire valoir de façon altruiste et visionnaire la santé intégrative, et particulièrement soutenir l’Institut Rafaël.
La médecine est l’ensemble des connaissances scientifiques et des moyens de tous ordres mis en œuvre pour soulager, guérir, et prévenir, les blessures, les maladies ou les infirmités.
Chaque mot peut être un médicament ou à l’inverse un poison.
Passer d’une médecine prescriptive à une médecine intégrative nous permettra de redonner ses lettres de noblesse au système de santé français.
La médecine humaniste nous portera collectivement pour créer la valeur humaine qui est notre but.

Dr Alain Toledano Président de l’Institut Rafaël
Cancérologue Radiothérapeute
Président du conseil médical de l’Institut d’Oncologie des Hauts de Seine
Directeur médical de l’Institut de Radiothérapie de Paris – Centre Hartmann

La radiothérapie des métastases : nouveaux concepts révolutionnaires

La radiothérapie des métastases : nouveaux concepts révolutionnaires

La radiothérapie des cancers et de leurs métastases

La radiothérapie est un traitement non médicamenteux des cancers. Elle est administrée à plus de 200 milles des 450 milles patients atteints de cancer chaque année en France.

La radiothérapie peut être délivrée après une chirurgie de cancer localisé, comme par exemple après tumorectomie d’un cancer du sein ou prostatectomie pour un cancer de prostate. Elle est alors destinée à diminuer le risque de rechute local et régional.

Mais la radiothérapie peut également être délivré de façon exclusive, pour traiter un cancer sans que nous ne proposions d’intervention chirurgicale. Par exemple la radiothérapie du cancer de prostate localisé ou d’un cancer primitif du foie.

Grâce à l’avènement de l’informatique, aux moyens d’imagerie moderne et précis détectant les cancers, la radiothérapie a permis d’améliorer son efficience et diminuer ses effets secondaires potentiels.

Jusqu’alors, la maladie métastatique, correspondant à un cancer ayant migré à distance de son organe d’origine, était traitée quasi exclusivement par des médicaments. Le plus souvent une succession de chimiothérapies ou hormonothérapies, puis ensuite de thérapies ciblées, jusqu’à récemment l’arrivée des immunothérapies.

La radiothérapie est également un traitement de choix des métastases issues des cancers qui ont diffusé ; dans ce cas là, on l’utilise souvent pour son action antalgique sur les métastases douloureuses ou encore pour son effet antitumoral, même si nous la délivrions alors à dose réduite, pour éviter d’ajouter des effets secondaires aux patients.

La radiothérapie stéréotaxique ou radiochirurgie

Concentrer des centaines de faisceaux de radiothérapie avec une précision extrême (inframillimétrique) sur la cible tumorale, tout en délivrant la dose souhaitée en quelques séances uniquement (de une à cinq séances, au lieu de plusieurs semaines), a permis de changer les pratiques. Cette radiothérapie stéréotaxique ou radiochirurgie a été facilitée par la robotique et l’intelligence artificielle, des appareils comme le Cyberknife ont démocratisé ces techniques.

Si certaines tumeurs localisées sont de très bonnes indications, comme les cancers du poumon de petite taille, la radiothérapie stéréotaxique (SBRT en anglais) s’est imposée dans le traitement des métastases.

Nous traitons quotidiennement en radiothérapie stéréotaxique des métastases du poumon, des os, du foie ou du cerveau… Aucun organe n’est inaccessible, et le taux de contrôle local des tumeurs ciblées avoisine les 90% la plupart du temps.

Bien sûr, certaines tumeurs ont diffusé avec de très nombreuses métastases, ce qui ne rend pas éligible chaque patient à ces techniques.

Innovations des associations de radiothérapie et immunothérapie

Le progrès des connaissances sur le système immunitaire a révélé que la radiothérapie se comportait comme une véritable vaccination in situ dans l’organisme. C’est à dire qu’en détruisant un cancer ou une métastase par radiothérapie, on active une réponse immunitaire dans l’organisme, par des cellules appelées lymphocyte T, qui pourra être active contre des cellules cancéreuses à distance des cibles irradiées.

Nous avons remarqué que la radiothérapie stéréotaxique à haute dose était plus propice à la création de ces réponses antitumorales à distance, mais aussi que l’effet « vaccin » de la radiothérapie était accentué lorsque celle ci était administrée avec de l’immunothérapie.

Les traitements de radiothérapie et d’immunothérapie sont synergiques, c’est à dire que 1+1 n’est pas égal à 2, mais « 1+1=3 ».

L’enjeu de la radiothérapie des métastases a toujours été non seulement d’avoir une action sur les symptômes comme l’antalgie, mais également l’action antitumorale.

Les nouveaux enjeux de la radiothérapie sont de permettre à l’organisme de développer une réponse anticancéreuse à distance des zones irradiées, en plus de détruire localement et sans effet secondaire significatif une tumeur ou ses métastases. On appelle cela l’effet abscopal (à distance de la cible). Comme nouvel enjeu, la radiothérapie locale doit permettre d’améliorer l’efficacité des médicaments à visée de destruction tumorale générale, comme les chimiothérapies ou les immunothérapies.

Ce que permet la radiothérapie ciblée est de vivre plus longtemps avec une maladie chronique, d’espérer guérir de nombreuses métastases, et de guérir de plus en plus de cancers de façon non invasive.

Au centre de Radiothérapie Hartmann, premier centre libéral de France, nous prenons en charge 3600 nouveaux patients chaque année. Parmi nos patients traités, 1200 reçoivent chaque année une radiothérapie stéréotaxique ou radiochirurgie par Cyberknife. Cette année 2021, nous installerons notre deuxième Cyberknife pour proposer à plus de 2000 patients chaque année de la radiochirurgie. Cette nouvelle ambition permettra au centre de Radiothérapie Hartmann d’être dans les leaders mondiaux de la Radiochirurgie pour le plus grand bien de nos patients.

Dr Alain Toledano, Cancérologue-Radiothérapeute

Directeur de l’institut de Radiochirurgie de Paris Hartmann,
Président de l’Institut Rafael

 

Le sevrage tabagique à l’Institut Rafaël, Entretien avec Marie Barbou

Le sevrage tabagique à l’Institut Rafaël, Entretien avec Marie Barbou

Marie Barbou est docteur en psychologie, psychologue, hypnothérapeute, et coordinatrice du projet de centre anti-tabac de l’Institut Rafaël. Spécialiste du sevrage tabagique elle pratique l’hypnose médicale depuis 10 ans en libéral. Elle est à l’Institut Rafaël depuis son ouverture, pour aider les patients à diminuer ou stopper leur consommation de cigarettes lorsque celle-ci a résisté à l’annonce de la maladie.

Marie Barbou Sevrage Tabagique

Un dilemme le sevrage tabagique à l’annonce du cancer ?

En effet, lorsqu’un patient vient d’apprendre qu’il a un cancer, il éprouve un choc, et vit une épreuve très difficile qui lui donne un sentiment de perte de contrôle d’une partie de lui, et parfois devoir se priver dans le même moment d’un fonctionnement « béquille » comme la cigarette peut être vécu comme la privation supplémentaire impossible. Le regard de l’entourage sur lui et son propre regard sur lui-même peuvent être culpabilisants et lourds à porter dans ce choix de continuer à fumer malgré la maladie.

À l’Institut Rafaël nous comprenons ce dilemme et nous proposons donc d’aider activement nos patients à mener à bien ce sevrage, à leur rythme et avec bienveillance. 

Comment se déroule le soin de sevrage tabagique à l’Institut Rafaël ?

Lors du premier entretien nous évaluons la dépendance tabagique, ses mécanismes et les résistances à l’arrêt. Une séance d’hypnose médicale est proposée ensuite et en fonction des résultats et éventuels ajustements nécessaires, le suivi se poursuit sur quelques séances pour permettre au patient de diminuer sa consommation et/ou d’arrêter de fumer pour mieux vivre, mieux traverser la maladie et mieux gérer l’après-cancer.
En effet, aujourd’hui pour une reconstruction mammaire par exemple un chirurgien demandera souvent 6 mois d’arrêt de tabac en amont pour limiter les éventuelles complications postopératoires liées à la présence du tabac dans l’organisme. Nous aidons par conséquent nos patients à relever ce défi et à rendre cette réparation du corps et de l’esprit possible.

Quels sont les bénéfices du sevrage tabagique ?

Cette technique permet en fait de réinitialiser le fonctionnement sans le besoin de fumer, de désactiver le mode fumeur en quelque sorte, et cela sans ressentir d’interdit ou de contrainte, mais au contraire, en percevant un profond sentiment de libération et de reprise de contrôle.

Grâce à l’hypnose médicale l’alliance corps/esprit est à nouveau optimale. Le patient ne ressent donc aucune frustration à l’arrêt du tabac, et aucune prise de poids n’apparaît.
Par ailleurs, pour beaucoup de patients, l’hypnose permet de renforcer et d’entretenir les ressources psychologiques et de vivre le quotidien plus sereinement, pour traverser ainsi la maladie avec plus de confort et/ou permettre un récupération post-traitements plus rapide.

Depuis la mise en place de ce suivi en 2019, 80% de nos patients ont diminué ou arrêté de fumer, et 95% se disent particulièrement satisfaits de l’aide et des repères apportés.

Grâce à l’approche intégrative de l’Institut, une collaboration avec d’autres soignants (sophrologue, nutritionniste, naturopathe, etc.) permet une prise en charge encore plus globale du patient si besoin. Le centre anti-tabac de l’Institut Rafaël, dont l’ouverture a été reportée en raison de la crise sanitaire, proposera non seulement des entretiens individuels et de groupe de sevrage, mais comportera aussi des pôles prévention, formation et recherche.