Onco-psychologie à l’Institut Rafaël

Objectif de l’onco-psychologie et spécificité dans la prise en charge du cancer

L’annonce d’un cancer est souvent un traumatisme pour le patient et son entourage. « J’étais assommée, je ne pouvais pas y croire », nous dit Mme F. 42 ans.

C’est la prise de conscience de sa propre vulnérabilité face au corps qui trahit. La maladie et ses traitements peuvent susciter de nombreuses angoisses et venir dégrader de manière significative la qualité de vie. « Je ne sors plus de chez moi, je ne dors plus, je n’ai plus envie de rien… », Mme B. 54 ans.

Comment faire alors pour ne pas laisser la maladie envahir notre quotidien ? Comment se réconcilier avec ce corps blessé ? Comment gérer son rapport aux autres quand on ne peut pas tout leur dire ? Autant de questions qui relèvent de la psycho-oncologie.

Elle s’intéresse aux retentissements psychologiques du cancer et de ses traitements aussi bien sur le malade que ses proches et les professionnels de santé.

Elle vise à reconstituer l’histoire du patient et peut intervenir à chaque étape de la maladie (de l’annonce jusqu’à l’après-cancer).

Ce suivi psychologique va venir s’insérer dans un vrai travail d’équipe en s’articulant aux différents soins proposés au sein de l’Institut Rafaël.

Philosophie et fondements scientifiques de l’onco-psychologie

Chaque patient est unique de par son histoire, son environnement et sa personnalité. Cette singularité doit être reconnue et entendue afin d’offrir une prise en charge globale adaptée et personnalisée.

Les premières études en onco-psychologie ont permis de mieux comprendre la manière dont les patients réagissaient à leur cancer. Ces recherches partagées avec le corps médical ont permis un rapprochement et une meilleure collaboration des disciplines.

De par les nombreuses publications et l’émergence de sociétés savantes (SFPO, AFSOS, etc.), la psycho-oncologie est devenue aujourd’hui incontournable dans la réflexion des politiques de santé.

Modalités d’intervention

Le patient et ses proches peuvent bénéficier d’un suivi psychologique au sein de l’Institut Rafaël à chaque étape du parcours de soins (annonce, traitements, après-cancer et parfois récidive et fin de vie).

La prise en soins doit être souple et adaptable à chaque problématique. Il est nécessaire de tenir compte des contraintes imposées au patient par la maladie. C’est pourquoi, l’attention que le psychologue lui porte contribue à construire un cadre qui s’ajuste en permanence.

Plus concrètement, les consultations sont individuelles ou familiales et durent entre 45 mn et 1 heure. La personne peut être reçue en moyenne une à deux fois par mois ou davantage si nécessaire en temps de crise. La durée de la prise en charge reste à l’appréciation du psychologue.

Ce que l’on observe, les résultats observés

Le suivi psychologique va aider la personne malade et son entourage à exprimer sa souffrance et lui permettre d’exploiter au mieux ses propres ressources pour faire face à la maladie et ses traitements.

Il permet aussi d’améliorer la communication avec ses proches et/ou l’équipe soignante.

Le suivi psychologique peut également aider à trouver son élan vital et révéler sa résilience pour poursuivre son chemin de vie.  « Depuis mon cancer, j’ai changé mes priorités. Je vais à l’essentiel»,  Mr T. 63 ans.

Enfin, on peut solliciter une aide psychologique pour soigner des difficultés telles que l’altération de l’image et de l’estime de soi, les troubles du sommeil, sexuels, cognitifs, anxio-dépressifs, etc.

En résumé, un soutien psychologique va globalement améliorer la qualité de vie, favoriser les mécanismes de résilience et donc les processus d’adaptation.

Références

  • Holland JC. Psycho-oncology. New-York : Oxford University Press ; 1998.
  • Razavi D, Delvaux N. Psycho-Oncologie : le cancer, le malade et sa famille. Masson ; 2002.
  • Dolbeault S, Dauchy S, Brédart A, Consoli SM. La Psycho-Oncologie. Paris : John Libbey Eurotext ; 2007.
  • Razavi D, Delvaux N. Précis de psycho-oncologie de l’adulte. Masson ; 2008.
  • Holland JC et al. Psycho-Oncology. New-York : Oxford University Press ; 2010.