L’ostéopathie et celles qui la pratiquent au sein de la maison de l’après-cancer

Objectif de l’ostéopathie et spécificité dans la prise en charge du cancer

L’ostéopathie est une thérapie manuelle globale qui vise à diagnostiquer et à traiter les dysfonctions de perte de mobilité, densité ou tension des différentes structures du corps humain.
Le traitement se compose de manipulations articulaires, musculaires, viscérales ou fascia.

L’ostéopathie est une discipline en plein essor dans la prise en charge des patients atteints de cancer, dès l’annonce de leur maladie et tout au long de leur traitement.
En France en 2015, un Français sur 2 consulte un ostéopathe.

Soins IR

Philosophie et fondements scientifiques de l’ostéopathie

L’ostéopathie est apparue au XIXème siècle aux Etats-Unis, sous l’égide du docteur Still, médecin et chirurgien. Les principaux fondements sont :

  • La globalité,
  • L’interrelation structure/fonction,
  • La loi de l’artère & du nerf
  • La capacité d’auto-guérison

Globalité : le corps est un tout supérieur à la somme de ses parties. Un symptôme localisé peut être causé par un problème à distance.

L’ostéopathe cherche toujours la cause du symptôme, afin de traiter durablement.

Interrelation structure/fonction : relation entre la manière dont une partie est faite (structure) et le rôle qu’elle a à remplir (fonction).

En cas d’altération de la fonction d’une articulation, c’est à dire en cas de faible mobilité, la structure de l’articulation se verra modifiée, et inversement.

Loi de l’artère & du nerf : le bon fonctionnement d’un organe passe par sa bonne vascularisation, son bon drainage veineux … mais aussi par la qualité de son innervation.

Pour soigner, l’ostéopathe lève manuellement les points de compression des artères, veines et nerfs.

Capacité d’auto-guérison : le corps possède en lui toutes les ressources nécessaires à la guérison.

L’ostéopathe apporte une aide ponctuelle au patient, sur un nombre réduit de séance. Le corps du patient fait le reste !

Les fondements scientifiques de l’ostéopathie ont donné lieux à de nombreux travaux, en particulier ceux du Dr Robert Maigne, du Professeur Irvin Korr et du Dr Anthony Chila. Avec eux s’éteint le mythe de la vertèbre déplacée : les bases physiologiques, manifestations cliniques et le traitement de la dysfonction ostéopathique sont enfin objectivés.

En pratique : comment cela se passe?  À quel stade de la maladie ?

En pratique, les consultations d’ostéopathie s’intègrent naturellement dans le parcours de soins des malades atteints de cancer.

La consultation est individuelle et dure 1 heure environ.

Deux types de prise en charge sont possibles :

  • • Une prise en charge fonction des symptômes et du ressenti patient. Elle est personnalisée, construite au cas par cas, personnalisée
  • • Une prise en charge préventive, systématique
    • Avec un rythme soutenu en début de traitement :
      • 1 séance avant un protocole de chimiothérapie, 1 séance après
      • 2 séances à un mois de la chirurgie
    • Une fois par mois environ durant la phase de l’après cancer

 

Dans le cas d’une prise en charge personnalisée, en moyenne, on compte deux à trois consultations, la douleur étant rarement attribuable à unique une cause.

La première consultation permet de faire connaissance et d’identifier les différents systèmes ou organes à l’origine de la douleur du patient.

La deuxième consultation évalue les bénéfices de la première et permet de traiter une éventuelle 2ème cause de la douleur.

Si besoin, la troisième consultation consolide les effets des deux précédentes.

Tableau récapitulatif des avantages de l’ostéopathie :sois IR

Ce que l’on observe, les résultats observés

Les effets d’une consultation d’ostéopathie apparaissent dans les deux jours suivant la séance.

Pour des motifs de consultation liés à une douleur, le corps récupère à la fois plus de liberté de mouvement grâce à la restauration des amplitudes articulaires et plus de relâchement par la diminution du tonus musculaire, et la douleur diminue voire disparaît.

Pour des motifs de consultation tels que les nausées, vomissements ou troubles du transit, on observe une diminution des symptômes ressentis pour environ 75% des patients.

Pour un motif de consultation de stress chronique, anxiété, trouble du sommeil, les effets apparaissent en général dans la journée et son encore présents au bout de 3 semaines :

  • Le ressenti des effets physiques du stress est nettement diminué pour 95% des patients
  • Le système neurovégétatif s’équilibre pour 85% des patients

Mais un traitement ostéopathique, c’est aussi l’installation d’une jolie relation patient-praticien et une reprise de confiance, illustrés ci-dessous par quelques témoignages de patients :

Charlotte, 52 ans : « J’ai eu l’impression que la diminution de mes douleurs et l’amélioration de ma qualité de vie étaient liées à la technicité du traitement, mais aussi à la relation développée avec mon ostéopathe : l’attention qu’elle m’a portée dans mon entièreté, sa présence et son toucher m’ont beaucoup aidée. »

Vinciane, 43 ans : « Les séances d’ostéopathie m’ont aidé à réaccorder ma confiance à ce corps qui m’avait trahie. J’avais eu l’impression d’être coupée en 2. »

Pascale, 46 ans : « L’ostéopathie porte un autre regard sur le corps. Le toucher bienveillant de l’ostéopathe m’a aidé à accepter celui de mon ami.
 Les séances m’ont également aidé à développer le ressenti de mon corps, à mieux entendre ses messages. »

Myriam, 34 ans : « Le principal bienfait pour moi a été d’apprivoiser mon nouveau corps, différent. Après l’épreuve de la maladie je ne souhaitais pas revenir comme avant, mais plutôt devenir comme après »

Références

  • D. Decoux, Ostéopathe D.O. Ostéopathie, chimiothérapie et qualité de vie, 2010
  • D. Ménard-Darraillans, Ostéopathe D.O. Le foie, la chimiothérapie et l’ostéopathie, 2000
  • E. Dahan-Zeitoun, Ostéopathe D.O. Effet de l’ostéopathie sur le stress et la dystonie neurovégétative de patients en état de stress chronique, 2017
  • P. Meric de Bellefonds, Ostéopathe DO. Ostéopathie et douleur cancéreuse, 2006.
  • N. Favier, A. Guinet, M. Nageleysen, B. Ceccaldi, E. Pujade-Lauraine, C. Lefol, Ostéopathes D.O. Evaluation de l’efficacité d’un TTT ostéo sur les effets secondaires et la qualité de vie des patients sous chimio.
  • T. Berthier, C. Leclaire, Ostéopathes D.O. Ostéopathie & cancer : réalités et perspectives, 2016.