L’ergothérapie et son rôle en cancérologie

L’ergothérapie est une profession de santé, évaluant et traitant les personnes pour développer leur autonomie dans leur environnement quotidien et ceci à la suite d’une maladie rhumatologique, neurologique, cardio-pulmonaire, cancérologique.(1)
Selon l’OMS « L’objectif de l’ergothérapie est de maintenir, de restaurer et de permettre les activités humaines de manière sécurisée, autonome et efficace.
Elle prévient, réduit ou supprime les situations de handicap en tenant compte des habitudes de vie des personnes et de leur environnement […] en proposant un maintien, une amélioration des aptitudes et une réadaptation visant l’utilisation d’aides matérielles ou l’aménagement du domicile. » (2)
L’ergothérapeute en cancérologie aide le patient à renouer avec les activités de la vie quotidienne qui sont porteuses d’un sens primordial pour la personne en évaluant ses besoins dès l’annonce de la maladie, en mettant en place un suivi rééducatif performant et ciblé sur les besoins et objectifs personnels du patient (la marche, la force musculaire, la respiration, la coordination, les amplitudes
articulaires, la diminution de la douleur …).
En cancérologie, les besoins du patient évoluent, l’ergothérapeute actualise donc son plan de traitement et d’adaptation (orthèse, aide à la marche, aménagement du domicile) de l’annonce du cancer à la rémission et à la réinsertion (sociale, professionnelle).(3)

Philosophie de la profession et fondement scientifique

En grec, « ergo » signifie travail, c’est pourquoi l’ « ergo »thérapie considère le fait d’agir comme un besoin fondamental de l’homme et que l’action possède des effets thérapeutiques.
Cette action prend la forme d’une rééducation personnalisée des aptitudes essentielles à la réalisation d’une activité particulière : découper seul ses aliments nécessite par exemple une intégrité de la coordination visuo-motrice, des amplitudes articulaires et de la motricité fine au niveau des membres supérieurs.
L’ergothérapie vise initialement la rééducation de ces différentes aptitudes puis éventuellement la préconisation d’aides diverses pour réussir de manière indépendante l’activité: garder la maîtrise de son quotidien, de manière autonome et avec satisfaction. (4)

L’impact positif de l’ergothérapie en cancérologie est cité dans de nombreuses études scientifiques.
Ces dernières stipulent que l’accès à une rééducation en ergothérapie éventuellement complétée par la préconisation de moyens de compensation, optimise la qualité de vie des patients vivant des situations de handicap apparues après l’annonce du cancer. (5)

En pratique: le suivi en ergothérapie

Le suivi mis en place en ergothérapie peut être aussi varié que les situations de handicap vécues par le patient.
Son âge, sa fatigabilité ou encore les traitements annexes suivis conditionnent la durée (de 2 semaines pour un trouble mineur de l’équilibre à 1 an pour une lourde affection neurologique) et la fréquence de la rééducation (de 1 à 3 séances de rééducation par semaine) à mettre en place pour solutionner les difficultés vécues.

La durée des séances est fixe :
– 45 minutes pour les séances de rééducation individuelle
– 1H30 pour la préconisation d’aides techniques ou aménagement du domicile.

Les séances de rééducation s’effectuent en institut (hormis lorsque le patient ne peut se déplacer ou pour les visites d’aménagement du domicile) compte tenu du matériel souvent nécessaire et de l’ambiance thérapeutique souvent absente à domicile.

Les moyens de rééducation sont variés mais toujours fidèles à la philosophie première de l’ergothérapie: privilégier et renforcer l’aspect fonctionnel des aptitudes.

Les résultats

L’ergothérapie permet d’harmoniser les aptitudes d’une personne avec les exigences d’une activité (la marche, le travail, l’alimentation, les soins de l’apparence, l’habillage …).
Améliorer les aptitudes passe donc par la rééducation motrice, fonctionnelle, neurologique et diminuer les exigences environnementales par la préconisation d’aides matérielles ou l’aménagement du domicile.
C’est donc par cette double action que l’ergothérapeute permet aux patients souffrant d’une affection aussi multi-factorielle qu’est le cancer, d’augmenter leurs capacités à reprendre contact concrètement avec leur nouvelle vie. (4, 5)

Références
1) L’Association Nationale Française des Ergothérapeutes
2) Canadian Association of Occupational Therapists. (1997). Enabling occupation: An occupational therapy perspective. Ottawa, ON:
CAOT Publications ACE.)
3) Nesbit, S. G. (2004). My breast cancer: an occupational therapist’s perspective. Occupational Therapy in Mental Health, 20(2), 51-67
4) BARTHELAT, Philippe. L’utilisation du biofeedback respiratoire en ergothérapie auprès de patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive, 2015, pp.09-11.
5) Vockins, H. (2004). Occupational therapy intervention with patients with breast cancer: a survey. European Journal of Cancer Care, 13(1), 45-52.