La danse-thérapie, une approche corporelle pour mieux vivre son cancer

Objectif de la danse-thérapie

Les ateliers de danse-thérapie permettent un travail du corps qui nourrit et répond à un travail psychique. C’est une pratique qui donne accès à l’intériorité de chacun et permet de s’exprimer au-delà des mots.
Pratiquer la danse thérapie c’est réinvestir positivement son corps malgré la maladie et les traitements.

Cet accompagnement a pour objectifs de:

  • accéder à plus de bien-être
  • stimuler l’énergie vitale et la vitalité
  • reprendre confiance en soi et en son corps
  • encourager les capacités d’adaptation à la maladie
  • développer l’attention
  • prendre conscience de ses ressentis
  • renforcer la coordination motrice
  • aller vers une organisation psychocorporelle plus harmonieuse
  • encourager le lien social

Spécificité de la danse-thérapie dans la prise en charge du cancer

Dans le cadre d’un parcours de soins en cancérologie, la danse-thérapie permet de construire un rapport plus positif au corps en explorant de nombreuses possibilités de mouvements et de ressentis. C’est une approche corporelle douce et respectueuse de chacun(e). Elle s’adresse à tout type de patient(es) et prend en compte les difficultés inhérentes à la maladie et aux traitements.
Pour participer aux ateliers de danse-thérapie, il n’est pas nécessaire d’avoir déjà fait de la danse ou quelconque sport auparavant. Les exercices proposés par la thérapeute vous invitent à entrer dans la danse par des propositions où seuls comptent “l’expression de soi” et le plaisir du mouvement.
Pratiquer la danse-thérapie est possible à toutes les étapes du parcours de soin, quelle que soit la condition physique des patient(es).

Philosophie de la danse-thérapie

Le cancer renvoie la personne malade à un ensemble de pertes; celle de son corps bien portant notamment. Quelles que soient la nature de la tumeur et sa localisation, l’image du corps est souvent altérée.
La danse comme médiation thérapeutique appréhende la personne dans sa dimension psychologique et dans sa dimension corporelle.
Elle permet d’accéder à ses propres ressentis, de les exprimer par le mouvement dansé dans le but de construire un rapport plus positif au corps et de retrouver un bien-être global.
Les ateliers de danse-thérapie sont l’occasion de construire du lien social en pratiquant une activité collective dans laquelle le corps de chacun est engagé.

Fondements historiques

En 1940, aux Etats-Unis, la danseuse Marian Chase s’intéresse au monde du handicap et ouvre des classes pour enfants qui présentent des troubles du comportement. Elle fait avancer la danse vers la thérapie. En 1942, elle met en place des groupes d’adultes, employés de la Croix Rouge et malades d’un hôpital. En 1946, elle devient danse-thérapeute. C’est la première à placer le corps en médiateur thérapeutique dans le domaine de la psychiatrie.
En France, Rose Gaetner devient la première danse-thérapeute dans un centre hospitalier psychiatrique en 1960.Les danse-thérapeutes ont tous une formation de danseurs.
Depuis, la danse-thérapie a énormément évoluée, elle est utilisée comme médiation thérapeutique dans de nombreuses structures médicales accueillant des patients souffrant de pathologies physiques comme psychiques…mais pas seulement. En effet, la danse-thérapie est de plus en plus utilisée comme technique en développement personnel.

En pratique : comment cela se passe? (durée, lieu, nombre participants, cycle, comment ? À quel stade de la maladie? )

La danse-thérapie se pratique en groupe, selon une progression qui s’inscrit sur plusieurs séances.
Pour commencer l’atelier, un temps de préparation du corps est proposé. La plus grande partie de la séance est consacrée au mouvement dansé. Elle se construit selon une alternance de mouvements guidés et personnels invitant les patient(es).à explorer leur créativité.
En fin d’atelier, un groupe de parole est organisé afin de mettre en mots les émotions, les ressentis et le vécu.

Ce que l’on observe ; les résultats

Au cours des ateliers et en fin d’accompagnement, les patient(e)s constatent les résultats suivants :

  • émergence de l’énergie pendant l’atelier qui perdure toute la journée
  • effet positif sur le moral
  • baisse des antalgiques pendant 48h
  • amélioration du bien-être physique et moral
  • meilleure confiance en soi
  • amélioration de l’estime de soi
  • réappropriation du corps
  • amélioration de l’image du corps
  • gain dans l’amplitude des mouvements
  • sortie de l’isolement créé par la maladie

 

Références

GUASCH G., Quand le corps parle : pour une autre psychanalyse, Ed Sully, Vannes, 2007
LESAGE B., La danse dans le processus thérapeutique ; Fondements, outils et clinique en danse thérapie. Ed Erès ; collection « l’ailleurs du corps », Toulouse, 2005
MAILLARD C., Je danse donc j’existe, Le grand boom de la danse-thérapie, Ed Albin Michel, Paris, 2015
VAYSSE J., La danse-thérapie, histoire, techniques, théories. Ed L’Harmattan, 2006