La prévention du cancer du sein – Infographie

La prévention du cancer du sein – Infographie

Le cancer du sein – Conseils de prévention et facteurs de risques  

Les causes du cancer restent très variables en fonction du type de cancer.

Les recherches concernant le cancer du sein ont permis d’établir certain risques dits « environnementaux » dans la survenue de ce cancer. Certains facteurs peuvent favoriser l’apparition ou accélérer le développement des tumeurs cancéreuses du sein.  L’âge, excès de poids, consommation excessive d’alcool, l’absence d’exercice, alimentation non équilibrée sont des facteurs environnementaux. Il est donc possible de réduire le risque de survenue du cancer du sein en adoptant un mode de vie le plus sain possible. 

L’infographie ci après présente une synthèse de ces facteurs de risques & conseils de prévention:

Prévenir le Cancer du Sein

Source: Dr Sebban chirurgien gynécologue et cancérologue & co-fondateur de l’Institut Rafaël.

 

 

Oncofertilité et cancer du sein

Oncofertilité et cancer du sein

Dr Alain Toledano, Cancérologue Radiothérapeute – Institut Hartmann- Institut Rafael
Pr Michael Grynberg, Gynécologue, Spécialiste Oncofertilité- APHP, Paris

Le cancer du sein en chiffres

Les cancers du sein touchent près de 50 000 femmes par an en France, et un million dans le monde ; 10% des cancers du sein touchent des femmes de moins de 40 ans, nous en accueillons de nombreuses à l’Institut Rafael, cela pose des questions spécifiques d’accompagnement personnalisé. Avec le recul de l’âge de la première grossesse, de nombreuses patientes atteintes d’un cancer du sein n’auront donc pas achevé leur projet parental à l’annonce du diagnostic. C’est souvent vécu comme une double peine, considérer cette difficulté supplémentaire est un des enjeux clés de la prise en charge de ces patientes jeunes.

Le pronostic des patientes s’améliorant, la question de la fertilité ultérieure des femmes en âge de procréer est donc devenue fondamentale. En effet, les traitements proposés comme les chimiothérapies ou hormonothérapies sont susceptibles de compromettre le potentiel de fertilité de ces jeunes femmes.

Les causes de l’infertilité féminine après traitement d’un cancer du sein

L’infertilité féminine après traitement d’un cancer du sein peut être la conséquence de 2 phénomènes qui souvent s’additionnent :

  1. la « gonadotoxicité » de la chimiothérapie, qui altère directement le stock des follicules des femmes;
  2. le vieillissement ovarien physiologique, à l’origine d’une perte folliculaire durant les années où une grossesse est médicalement contre-indiquée.

Ainsi, l’oncofertilité doit désormais faire partie intégrante du traitement d’un cancer du sein de la femme jeune, et doit être une offre à part entière des réseaux de soins spécialisés.

Nombre d’avancées techniques sont actuellement disponibles dans la stratégie de préservation de la fertilité en cas de cancer du sein de la femme jeunes.

Notre expert national le Pr Michael Grynberg le dit constamment « Les patientes doivent être adressées le plus tôt possible en consultation de préservation de la fertilité afin d’envisager au sein d’une équipe pluridisciplinaire composée d’oncologues et de médecins de la reproduction, la stratégie la plus adaptée à leur âge, leur réserve ovarienne, et les traitements envisagés. »

Les techniques de préservation de la fertilité

Les pratiques en préservation de la fertilité évoluent vite et permettent toujours plus de flexibilité. La vitrification ovocytaire se démocratise, la stimulation ovarienne accompagnée de médicaments permet de meilleurs taux de cryopréservation ovocytaire et/ou embryonnaire, tout en régulant le taux d’hormones (oestradiol) important dans la gestion des risques de cancer du sein.

Enfin, la maturation in vitro est une option possible en cas de chimiothérapie première et elle peut être associée à un prélèvement de cortex ovarien en vue d’une cryopréservation de tissu ovarien. Les différentes techniques ne doivent pas uniquement être considérées comme un « espoir congelé », mais totalement s’intégrer dans le traitement du cancer du sein chez les femmes jeunes.

Les recommandations actuelles sont claires : toute femme en âge de procréer, devant recevoir un traitement possiblement gonadotoxique, doit être adressée à un spécialiste en oncofertilité, qui pourra l’informer sur l’impact des traitements sur la fonction de reproduction ainsi que sur la techniques de préservation de la fertilité (PF).

Un temps dédié pour aborder cette thématique est donc nécessaire.  Ce temps est la clé de voûte d’une relation humaine de qualité, et de la confiance que tout soignant se doit d’acquérir pour bien prendre en charge ses patientes.

La consultation d’oncofertilité

Dans la mesure du possible, la consultation interviendra suffisamment tôt dans le parcours de soins de la patiente, afin de lui offrir l’ensemble des techniques de PF actuellement disponibles ainsi qu’un délai de réflexion.  La patiente a parfois à faire face à des choix difficiles, voir à une résignation complexe à accepter pour elle. La consultation d’oncofertilité se fait par un personnel entraîné (médecin de la reproduction, sage femmes, infirmières, psychologue, embryologistes), pour une garantie de prise en charge optimale. Classiquement, la consultation comprend tout d’abord un interrogatoire qui notera en particulier l’existence d’un projet parental actuel ou futur. Il s’en suit une évaluation du statut folliculaire ovarien comprenant une échographie pelvienne par voie vaginale en l’absence de virginité, et des dosages hormonaux sanguins. L’échographie cherchera à dénombrer précisément le nombre de follicules, reflet de la réserve ovarienne. Le dosage d’hormone anti-Müllérienne (AMH) apportera des informations similaires et sera particulièrement intéressant lorsque l’échographie par voie vaginale est impossible ou d’interprétation difficile.

La consultation d’oncofertilité abordera le phénomène de vieillissement ovarien physiologique et l’impact des traitements anti-cancéreux sur la fonction ovarienne, les techniques de préservation de la fertilité féminine leurs limites, ainsi que les enjeux relatifs à leur future utilisation. La problématique de la contraception sera également discutée. La patiente, informée, pourra ensuite être reçue par les biologistes du CECOS (centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains) ainsi que par l’anesthésiste en vue d’une éventuelle prise en charge.

Processus de préservation de la fertilité

Toute décision de préservation de la fertilité est prise conjointement avec l’équipe oncologique qui suit la patiente. Un délai de réflexion est systématiquement laissé à la patiente ou au couple afin de pouvoir prendre une décision éclairée et mûrie. La programmation de la pose d’un dispositif intra-utérin ou d’une chambre implantable peut également se faire dans le même temps opératoire pour soulager le parcours souvent minuté des patientes, notamment avec le souci de ne pas retarder la chimiothérapie anticancéreuse. Les protocoles médicamenteux ont des toxicités variables sur la fonction reproductrice ; la chimiothérapie perturbe souvent le cycle menstruel en interrompant souvent les règles (transitoirement ou parfois définitivement).  Certaines études concluent que 40% des patientes de moins de 40 ans retrouvent des cycles réguliers après un épisode d’aménorrhée.   L’hormonothérapie par tamoxifène, bien que responsable d’aménorrhées réversibles, ne semble pas impacter directement sur la réserve ovarienne. En revanche si une durée de 5 ans a montré son efficacité dans l’amélioration de la survie, il est souvent maintenant question d’une prolongation à 7 ou 10 ans de la durée de l’hormonothérapie. Cette mise en différé d’un projet de grossesse expose la femme au vieillissement ovarien physiologique ce qui doit être pris en compte y compris chez les patientes n’ayant pas d’indication de chimiothérapie.

L’étude des marqueurs de la réserve ovarienne est imparfaite. En effet, l’aménorrhée chimio-induite, lorsqu’elle persiste 2 à 5 ans après le traitement anti-cancéreux traduira volontiers une ménopause précoce irréversible. Par ailleurs, le retour des cycles après chimiothérapie reste un marqueur très insuffisant, puisqu’il ne traduit pas les chances de fertilité naturelle ou médicalement assistée.  La stratégie de préservation de la fertilité est un choix, et s’appuie sur :

  • l’âge de la patiente
  • l’évaluation de sa réserve ovarienne
  • l’éventuelle indication d’une chimiothérapie, et l’administration en premier ou dans un deuxième temps
  • l’éventuelle indication d’une hormonothérapie

Plusieurs situations se dégagent :

  • La chirurgie est programmée et sera suivie d’une chimiothérapie : la préservation de la fertilité pourra être réalisée dans l’intervalle entre la chirurgie et la chimiothérapie qui doit être inférieur à 12 semaines (classiquement 4 à 6 semaines).
  • Une chimiothérapie première est indiquée. La préservation de la fertilité doit par conséquent être pratiquée en urgence, avec une tumeur encore en place.
  • Il n’y pas d’indication de chimiothérapie après le traitement chirurgical (cas le plus rare chez la femme jeune), mais une hormonothérapie est programmée ou un traitement chirurgical suivi d’une radiothérapie seule, sans hormonothérapie, est prévu. Dans ces deux cas, une préservation de la fertilité pourra être discutée en raison de la mise en différé du projet de grossesse.

Certaines études positionnent des stratégies hormonales de prévention médicamenteuses. Des progrès en cryopréservation embryonnaire et/ou ovocytaire après stimulation ovarienne ont vu le jour ces dernières années. De nombreux problèmes bioéthiques sont apparus avec ces avancées techniques. Le choix entre embryons et ovocytes ne doit pas se faire sur les chances de réussite mais après une discussion éclairée avec la patiente. Si la patiente est en couple et souhaite préserver des embryons, elle ne pourra les réutiliser qu’avec son partenaire actuel, les conséquences d’une telle décision poussant souvent les patientes à partager la cohorte des ovocytes, une part en cryopréservation embryonnaire, une part en vitrification ovocytaire. Le pré-requis reste alors l’obtention d’une cohorte ovocytaire suffisante.

Les modalités de stimulation ovarienne sont globalement identiques à celles utilisées pour les couples infertiles indemnes de toute pathologie cancéreuse.

La stimulation ovarienne devra être suffisamment forte pour obtenir un maximum d’ovocytes matures, en évitant les complications pouvant retarder l’initiation du traitement anticancéreux.

La PF chez les patientes porteuses d’une mutation génétique BRCA (prédisposant aux cancers du sein et de l’ovaire notamment) constitue un enjeu majeur. Les patientes mutées représenteraient environ 10% de l’ensemble des jeunes femmes atteintes de cancer du sein.  L’annonce de la mutation se fait en général après le processus de PF. Il convient donc d’informer les patientes sur l’éventuel impact d’un tel diagnostic quant à l’utilisation de leurs gamètes, le risque de transmission étant de 50%. Les mutations des gènes BRCA ne rentrent actuellement pas dans les indications du diagnostic pré-implantatoire en France. Reste à déterminer si les patientes le souhaiteraient ou si le don d’ovocyte peut avoir place dans de telles situations.

Pour conclure, la préservation de la fertilité est parfaitement envisageable pour la plupart des patientes présentant un cancer du sein. Il semblerait que des protocoles de stimulation ovarienne spécifiques combinant gonadotrophines exogènes et molécules anti-estrogènes puissent être utilisées chez ces patientes. Toutefois, leur utilisation est parfaitement expérimentale tout comme la cryopréservation de fragments de tissu ovarien. De nombreux enjeux restent à venir sur la réutilisation de ces ovocytes et cortex ovarien cryopréservés impliquant des questionnements éthiques qui ne manqueront pas de faire évoluer notre société. L’espace éthique et cancer de l’Institut de Rafaël planchera sur le sujet prochainement. La relation de confiance médecin-patiente nous impose une transparence et un accompagnement adapté sur ces questions de préservation de la fertilité, impactant le projet de vie…

1. Institut National du Cancer. Plan Cancer. Conséquences des traitements des cancers et préservation de la fertilité. État des connaissances et propositions. 2013.

 

L’Intelligence Artificielle au service du cancer

L’Intelligence Artificielle au service du cancer

Par Laurence Nahmani-Charbit, Docteur en Pharmacie, Formation et Consulting, Co-Directrice du magazine Labriout.

Des algorithmes qui s’apprêtent à accompagner voire  révolutionner les pratiques médicales pour sauver des vies, un fantasme de l’innovation ?
Le dernier congrès mondial annuel de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) a laissé pointer l’aube d’une étonnante promesse: l’intelligence artificielle (IA) mise au service des malades du cancer serait l’une des armes les plus prometteuses pour les diagnostiquer et surtout les guérir.

 

L’IA dans le mélanome (Annals of Oncology)

Des chercheurs ont ainsi appris à un algorithme de vision artificielle à distinguer des lésions de la peau et grains de beauté, en lui montrant plus de 100.000 images annotées comme bénignes ou au contraire suspectes.
Les médecins dermatologues ont identifié correctement un mélanome (pour 87% des cas la première fois, 89% la deuxième fois lorsqu’on fournissait plus de renseignement sur le patient- âge, sexe-). Les performances de la machine ont été supérieures avec 95% de mélanome détectés dès la première fois… De là à concevoir une application qui permettra  de scanner nos grains de beauté et de se faire des selfies pour détecter un éventuel mélanome, il n’y a qu’un pas !

 

Comment ça marche (ex : mélanome -cancer de la peau)

Etape 1

On apprend à l’ordinateur via une grande quantité d’images importées, à distinguer ce qui est sain de ce qui est malade. Il va ainsi mémoriser des milliers de références.

Etape 2

L’ordinateur va regrouper les images qui sont stockées dans sa mémoire et les analyser pour les classer et les repérer (fiabilité supérieure à l’humain, de l’ordre de 95%)

Etape 3

Il « établit » un diagnostic au vue d’une photo présentée et propose un traitement adapté (sur la base de références documentaires et articles médicaux qui ont été corrélés aux photos)

Etape 4

La décision finale reviendra au médecin, qui pour des raisons juridiques, éthiques, déontologiques et psychologiques, doit pouvoir « discuter » la proposition de la machine et reste le seul décisionnaire final !

Des traitements plus ciblés

IA CancerL’IA, en exploitant plus d’informations pourra donner une idée de l’agressivité de la tumeur  (certaines tumeurs dites invasives évoluent très vite et d’autres sont plus « calmes »), de son taux de récidive et des chances de répondre ou pas à un traitement. On n’est pas loin d’un traitement personnalisé du cancer.
Au diagnostic et à la stratégie thérapeutique proposée par l’Intelligence artificielle, vient s’ajouter l’étude des gènes (Oncogénétique) permettant d’avoir une véritable carte d’identité du cancer et d’affiner au mieux le schéma thérapeutique.

 

Des toxicités évitées

Mais l’IA ne s’arrête pas là ; en croisant les données de plusieurs pathologies (ex : Une femme atteinte de cancer et diabétique), elle permettrait d’éviter un effet secondaire ou de prédire une toxicité médicamenteuse. Bientôt, on pourra grâce à elle et de savants calculs prévoir un trouble de la coagulation ou détecter une infection (notamment chez les patients en traitement de chimiothérapie).

L’IA aux côtés des médecins plutôt qu’en remplacement

Certes, une machine sera toujours plus entraînée que l’homme, n’est jamais fatiguée et ne subit aucun aléa émotionnel….alors, doit-on IA institut Rafaels’en méfier et redouter d’être traité par une machine dans le futur ?
Pas de panique, l’IA est loin pour l’heure de menacer l’humanité et n’est pas prête de remplacer le médecin. Une machine reste une machine, ne possède aucune aptitude à raisonner  et ne saura jamais rien faire d’autre que ce pour quoi on l’a formatée.
Gardons l’esprit critique, il n’est évidemment  pas question d’imaginer se passer de l’avis du médecin mais plutôt de faire de l’IA  un outil supplémentaire de diagnostic et de stratégie thérapeutique.
Rien ne remplace le regard humain tout simplement parce qu’il est …humain.
D’ailleurs, à bien y réfléchir, le terme d’Intelligence n’aurait-il pas été galvaudé et impropre ? Ne devrait-on pas plutôt oser le terme de « Compétence Artificielle » plutôt que d’Intelligence qui suppose discernement et décision et qui pour l’heure est le propre de l’homme et non de la machine…

Et les patients ?

Pas question de remplacer leur rapport étroit avec leur médecin, même s’ils ne sont pas contre un outil qui viendrait compléter le diagnostic ou le geste médical.

En conclusion, et surtout en matière de cancérologie où s’amplifie sans cesse le développement des soins de support, on le sait aujourd’hui, l’humain est au cœur de tous les dispositifs de guérison.
L’Intelligence Artificielle qui éradiquera le cancer, ce n’est pas demain la veille, contentons-nous d’en faire un bon tandem avec le médecin pour prévenir les erreurs, diagnostiquer et soigner.
Il semblerait raisonnable de penser que la machine à émotion, ce n’est pas pour demain…

 

En matière d’IA, la France déploie également de nombreux projets.

Mammo Diag©, la mammographie automatisée qui détecte avec une précision extrême les masses anormales dans le sein sans erreur et plus rapidement, ce qui évite le nombre de biopsies inutiles et les résultats « faux positifs » éventuels.

CyberKnife© (CyberKnife Robotic Radiosurgery System), le système de radiochirurgie robotisée qui permet d’administrer au cœur des tumeurs cancéreuses ou non (cerveau, poumon, prostate, foie, pancréas) une dose élevée de rayons sous forme de faisceaux avec une grande précision, évitant ainsi les toxicités (brûlures, fatigue, effets secondaires) et potentialisant l’efficacité. « L’appareil détecte la taille de la tumeur, même en mouvement et s’adapte à ses contours, corrige son positionnement à tout moment, donc plus d’efficacité et moins de toxicité » explique le Dr Alain Tolédano, Cancérologue et Radiothérapeute et  Président de l’Institut Rafaël.

« Une maison de l’après-cancer »….Pour accompagner le patient en traitement et l’aider à trouver force et confiance pendant et après la maladie. Preuve qu’avant de traiter un malade, on traite avant tout un humain et des émotions.

Des chiens détecteurs de tumeurs cancéreuses

Des chiens détecteurs de tumeurs cancéreuses

Par Laurence Nahmani-Charbit, Docteur en Pharmacie, Formation et Consulting, Co-Directrice du magazine Labriout.

Les chiens formés pour détecter de la drogue, qui respirent nos valises aux abords des douanes, capables de retrouver des victimes sous des décombres de tremblements de terre, détecter des fuites de gaz ou parcourir des kilomètres pour retrouver leur maître, on connaissait.
Mais le meilleur ami de l’homme serait-il capable de détecter une tumeur cancéreuse et de lui sauver la vie ?

Chien tumeur cancerOn sait la fonction olfactive particulièrement développée chez les chiens. Leur muqueuse nasale est recouverte de récepteurs olfactifs ; Une fois dépliée, elle atteint 130 cm² contre 3 cm² chez l’être humain. Sur le plan qualitatif, ces récepteurs sont capables de déceler une très importante diversité d’odeurs. Ainsi le nez d’un chien va pouvoir percevoir des odeurs jusqu’à un million de fois plus diluées que ne le ferait le cerveau humain. En prime, leur truffe humide conserverait la mémoire des odeurs captées.

 

La revue médicale scientifique britannique The Lancet émettait dès 1989 cette hypothèse avec des études donnant des résultats préliminaires intéressants bien qu’impliquant à l’époque un petit nombre de patients.
Tout a commencé par une constatation de certains maîtres : leur chien aurait aboyé en s’approchant spécifiquement d’une zone du corps de certaines personnes qui s’était avérée par la suite cancéreuse…il n’en fallut pas plus pour évoquer l’idée que les cellules cancéreuses émettaient une odeur.

Comment ça marche ?

Des études ont montré que les chiens seraient capables de détecter des composés dégagés dans l’haleine de personnes malades, ces composés n’étant pas spécifiques du type de la tumeur. Mieux, ils arriveraient à détecter des récidives de cancers.
En fait, les personnes malades dégageraient dans leur haleine des composés chimiques organiques volatiles que l’odorat des chiens reconnaîtrait.
C’est ce qu’ont montré des études portant sur le cancer du poumon, du sein avec des taux de réussite avoisinant les 95%. De la même façon, des chiens ont réussi à reconnaître dans l’air expiré des maladies métaboliques et pulmonaires, dans des échantillons d’urines des cancers de la prostate et des cancers colo-rectaux ou de l’ovaire dans les selles. Ces substances volatiles se retrouveraient également sur la peau.
Toutes les études menées montrent qu’il existe bien une « odeur » du cancer. Ces composés, molécules spécifiques du cancer circulent dans l’organisme et sont détectés dans l’haleine, les urines, les selles, la peau. Ces composés apparaîtraient comme les marqueurs précoces du cancer.

Remplacer ou compléter les outils actuels

A l’heure où le « surdiagnostic» et les dangers des radiations excessives (mammographies, radiographies) sont pointés du doigt, l’odorat surdéveloppé du chien apparaîtrait comme un nouvel outil positif de diagnostic.
C’est le pari qu’a fait depuis 2015 l’Institut Curie avec le projet KDog (sous la houlette de Isabelle Fromantin, infirmière chercheuse) qui regroupe une équipe pluridisciplinaire de soignants, chercheurs et experts pour mettre la détection canine au service de la détection du cancer. En gros, il s’agit d’organiser un ensemble de tests qui permettraient de détecter des tumeurs cancéreuses à un stade précoce. Ce protocole, rendu possible par un financement participatif, s’avère efficace à 100% après 6 mois de tests.
Thor et Nikios, deux malinois formés et entraînés pendant 6 mois à détecter des tumeurs ont rempli leur mission sur un groupe de cohorte de 130 femmes et l’Institut Curie a annoncé un résultat positif à 100% en 2017 pour le cancer du sein !

En pratique

cancerLe principe : Chaque femme applique toute la nuit sur chacun de ses seins une lingette (sans se doucher, pour que la peau puisse exprimer dans la transpiration l’odeur et les composants recherchés) et la met dans un sachet plastique. Les sachets plastiques sont disposés sur un carrousel et présentés au chien formé. Le chien respire les échantillons un à un avec indifférence; s’il aboie, le test est positif.
Prochaine étape : une nouvelle étude plus importante sera mise en place de 2018 à 2021 avec quatre chiens formés et un échantillon de 1000 femmes pour valider la sensibilité du projet Kdog.
Le projet est ambitieux et laisse perplexe bon nombre de scientifiques qui considèrent que les preuves manquent car ces études ne démontrent pas la nature précise des composants identifiés mais il n’en demeure pas moins que les résultats sont là.
En plus de réduire les coûts importants actuels de la prévention et du diagnostic avec des machines coûteuses, ce projet pourrait permettre d’éviter les rayons émis par les appareils de diagnostic voire de les remplacer dans certains cas, mais surtout de pouvoir généraliser l’accès au diagnostic dans les pays ne disposant pas d’assez de moyens pour les mettre en place. Vaste programme.
Mis au point au départ pour le cancer du sein, puis de l’ovaire, le procédé devrait à terme s’étendre à de nombreux cancers. A n’en pas douter, c’est un succès. Au point que des chercheurs s’affairent déjà à fabriquer un nez électronique muni de milliards de capteurs, plus puissant encore que celui d’un chien, pour identifier les futurs biomarqueurs du cancer.

Un diagnostic en moins de 10 minutes

diagnostic cancerLe nez électronique ( « Na-Nose » ) a été mis au point par le professeur Hossam Haick, professeur spécialisé dans les nanotechnologies au Technion et plus particulièrement dans la technologie du nez électronique. Il lui a valu depuis une pluie de récompenses et la reconnaissance du monde médical.
Partant du postulat que chaque maladie possède une signature olfactive , ce nez électronique qui s’inspire directement des chiens est capable de détecter en quelques minutes plusieurs formes de cancers – du poumon, sein, côlon, estomac… – et autres pathologies graves – maladies d’Alzheimer et de Parkinson, sclérose en plaques – à partir du souffle du patient .

Il est testé sur près de 4000 patients dans 22 hôpitaux du monde et fonctionne en quatre étapes :
• pendant 3 minutes, le patient nettoie ses poumons en respirant de l’air purifié
• pendant 5 à 10 secondes, il expire dans un tube au bout duquel est greffée une poche. Celle-ci assure la collecte des molécules contenues dans l’haleine
• les échantillons sont acheminés dans le Na-Nose et ses micro capteurs en 2 minutes
• les algorithmes mis au point par le laboratoire permettent d’analyser les composants expirés en 2 ou 3 minutes.
Si, parmi ces molécules, les biomarqueurs d’une maladie ressortent, le Na-Nose l’indiquera avec 95% d’exactitude.

La relation médecin-patient

La relation médecin-patient

Docteur Alain Toledano,

Cancérologie Radiothérapie, Institut de Cancérologie Hartmann, 4 rue Kleber, Levallois-France

Institut Rafaël, Levallois

 

La connaissance des mécanismes de défense des soignants est utile à notre perfectionnement, et à l’amélioration de nos pratiques professionnelles. Elle nous autorise à envisager avec plus de recul les différentes phases par lesquelles le patient peut passer lors de sa maladie : le déni, la révolte, l’acceptation, la résignation…

La communication entre le médecin et le patient, pour être efficace, doit prendre en compte les différents moments dont le patient a besoin pour l’acceptation, et son environnement personnel. On ne doit pas être systématique dans sa manière de communiquer avec les patients.

Cette grille de lecture psychologique est aussi utile pour mieux appréhender les réactions des patients, mais également celles de leur famille.

Apprendre à mieux se connaître dans son rôle de soignant est au moins aussi important que de bien comprendre les réactions de ses patients. La relation médecin-patient est le point central de l’humanisation de la Médecine.

Nous allons évoquer différents types de modèle relationnel médecin-patient.

A- Le modèle informatif

Information cancerologieLe docteur dispense l’information brute, sans suggestion. Le choix est entièrement dédié au patient. Cette approche peut apparaître froide et désintéressée ; même si elle est jugée parfois adaptée à une consultation « one-shot », son caractère peut apparaître rude en cancérologie. L’autonomisation irréaliste du patient du patient atteint de cancer a été soulignée dans nos discussions, ce modèle classiquement « anglo-saxon », basé souvent sur des données purement chiffrées et sans affect transparaissant, est répandu dans certaines pratiques.

Exemple du médecin qui annonce à son patient lors de la première consultation « vous avez 30% de chance de guérir si vous faites ce traitement, mais le risque de complication est majeur. »

B- Le modèle paternaliste

Medecin cancerologieCe modèle est autocratique, où le docteur est le savant assumé. Le médecin prescrit, le patient se soumet et exécute les ordres et ordonnances. Il n’y a pas d’échange d’informations, alors qu’elles sont parfois souhaitables… Ce modèle plus « latin » peut être illustré à l’extrême par l’exemple de cette patiente qui demande « de quoi va-t-on m’opérer déjà ? », et se voit répondre « c’est moi le médecin, je vous l’ai déjà dit et n’ai pas plus de temps à vous consacrer, rendez vous mardi prochain ».
Le patient peut se sentir « dépossédé » de sa maladie, cela peut majorer son angoisse, rarement il se sent rassuré de se « livrer complètement » à son thérapeute.

C- Le modèle interprétatif

Apres cancer medecinCe troisième modèle implique une décision partagée, où des recommandations tenant compte du patient sont prodiguées, le docteur discute avec son patient de ce qu’il pense être le mieux pour lui, accepte la critique et les suggestions alternatives. Ce modèle relationnel est souvent plus adapté en cancérologie.

L’échange thérapeutique nécessite souvent du temps pour bien assimiler les problématiques et partager une décision avec ses bénéfices potentiels et ses risques.

La fragilité et la rupture psychosociale que génère le diagnostic de cancer sont constantes, pour les patients, comme pour leur famille. Cette annonce est tout le temps inattendue et traumatisante.

« Personne, au fond, ne croit à sa propre mort ou, ce qui revient au même : dans l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son immortalité. » disait Freud ; cela illustre bien la brutalité de la maladie, et nous incite à améliorer nos outils de communications en médecine et en cancérologie.

La gestion des risques médicaux potentiels ou avérés dépend toujours d’un choix, conditionné en partie à la personnalité du médecin, à ce qu’il perçoit du patient qu’il prend en charge, et à la relation qui s’est installée entre eux.

La qualité relationnelle dépend également grandement du temps que nous accordons à nos patients, et de l’ouverture d’esprit indispensable que les soignants doivent avoir pour s’adapter à chaque patient dans sa singularité.