Retranscription de l’émission TV  : La maison des maternelles saison 3 Épisode du mardi 2 octobre 2018

TV : 25ème campagne d’octobre rose un mois pour permettre et pour mettre le paquet pour sensibiliser à l’importance du dépistage du cancer du sein.

Un chiffre pas très joyeux une femme sur huit risque de développer un cancer du sein dans sa vie. Autre chiffre qui rassure, chaque année le dépistage précoce permet de sauver des milliers de vies en France et surtout le taux de survie à cinq ans – c’est comme ça que l’on en parle –  est passé à près de 90%. On s’approche doucement, mais sûrement des 100%.

Docteur Alain Toledano Bonjour. Bienvenue à la maison des maternelles merci d’être avec nous en direct ce matin vous êtes oncologue et fondateur de l’Institut Rafaël qui ouvre dans quelques jours. Le but c’est d’accompagner les femmes notamment qui ont eu un cancer du sein après leur traitement on va en parler. Mais d’abord le message que vous souhaitez vous et vos collègues. Absolument faire passer c’est que les femmes doivent à nouveau se faire dépister; Pourquoi ? Il y a une petite baisse dans le dépistage ?

Docteur Alain Toledano : Oui il est important de rappeler à chaque patiente chaque femme en France, de se faire dépister parce qu’aujourd’hui un cancer du sein qui se diagnostique précocement permet la guérison dans plus de 90% des cas.

TV : Quand on dit chaque femme, ce n’est pas chaque femme à partir de 25 ans et à partir de quel âge ? Quelles sont les précautions ?

Docteur Alain Toledano : Le dépistage organisé en France concerne les patientes les femmes de 50 à 74 ans. Avec comme préconisation d’effectuer une mammographie tous les deux ans. Mais il existe également des dépistages individuels en fonction des risques personnels. Par exemple les femmes qui ont des antécédents dans leur famille. Qui fument. Effectivement parfois ont fait des dépistages plus précoces à partir de 40 ans pour certaines femmes.

TV : Pourquoi selon vous les femmes aujourd’hui semblent moins sensibles au dépistage ?

Docteur Alain Toledano : La première raison peut être culturelle. Le déni, le cancer ne passera pas par moi. On n’a pas envie de savoir, il peut y avoir des craintes. Bien entendu il y a eu des campagnes également qui disent que tous les cancers du sein ne sont pas si agressifs que ça, alors les gens se dédouanent en disant bon finalement c’est pas si dramatique. Je pense qu’il faut rappeler qu’aujourd’hui le dépistage sauve des vies et c’est important que chaque femme en prenne conscience.

TV : Il sauve des vies et on peut aussi si c’est dépisté très tôt éventuellement le soigner sans chimiothérapie ce qui a aussi changé la vie.

Docteur Alain Toledano : Oui les traitements aujourd’hui peuvent être entre guillemets allégés sans la chimiothérapie que les femmes craignent parce que souvent fait tomber les cheveux, fatigue. Donc si le cancer du sein est diagnostiqué à un stade plus précoce on peut avoir des traitements mieux tolérés.

TV : L’institut Raphaël qui ouvre dans quelques jours à Levallois-Perret en région parisienne un centre dit d’après cancer. C’est quoi le but ?

Docteur Alain Toledano : La maison de l’après-cancer : aujourd’hui on va faire cohabiter dans un lieu unique des acteurs de soins médicaux et paramédicaux : des psychologues, des sophrologues, des sexologues, des nutritionnistes pour accompagner les patientes pendant et après les traitements parce qu’on a remarqué qu’il y a un sentiment d’abandon ou de rupture psychosocial quand on a terminé ses traitements.

TV : Concrètement c’est quoi un sentiment d’abandon ? C’est-à-dire qu’une fois qu’on est guéri on se retrouve tout seul ? On voit plus de médecins ? De psychologues ? Et personne pour nous accompagner ?

Docteur Alain Toledano : Souvent on a une médecine centrée sur la maladie. Et ce qu’on souhaite c’est centrer la médecine sur les personnes et leur projet de vie. C’est vrai que l’évènement traumatique d’avoir eu un cancer ou être traité pour un cancer, la société, on a de la chance en France, prend en charge toute la technicité et toute la médecine. Mais après ça laisse des séquelles. Des séquelles dans sa vie sociale dans sa vie émotionnelle dans sa vie sexuelle. L’idée c’est de pouvoir accompagner chaque femme pour qu’elle puisse rebondir. Et tout ça c’est médié le sens qu’on va donner, les affects et un travaille au quotidien avec tous les professionnels de soins.

TV : Vous sentez une demande qu’on pourrait dire d’humanisation des traitements ? Ça, c’est quelque chose quand vous parlez avec les patientes qui revient souvent ?

Docteur Alain Toledano : Oui il est important de dire qu’en France on a de la chance. On a des dépistages organisés et financés pris en charge. Aujourd’hui notre médecine ne peut pas se contenter d’être axée uniquement sur la maladie. Les gens sont bouleversés par leur cancer ou celui de leurs proches. On ne parle pas assez des aidants, des accompagnants. Et bien qu’on puisse guérir, certains gardent des cicatrices au fond d’eux et c’est très important d’avoir des professionnels qui donnent du temps et le temps c’est de la qualité. Des professionnels formés qui travaillent main dans la main pour accompagner chacun et chacune.

TV : Ce centre va ouvrir dans quelques jours le site si vous voulez vous renseigner c’est institut-rafael.fr. L’adresse s’affiche en bas de votre écran et pour faire un don pour aider la recherche contre le cancer du sein, voici l’adresse : cancerdusein.espacedons.com/.

Merci beaucoup Docteur d’être venu nous voir ce matin à la maison des maternelles. Merci. Merci beaucoup.