L’institut Rafaël a renforcé son équipe de recherche par des équipes scientifiques et médicales travaillant ensemble à la constitution de modèles innovants de recherche et la création de nouveaux outils numériques.

L’exemple de collaboration avec l’équipe des docteurs Fabrice Denis, Christophe Le Tellier et Clément Draghi, ayant développé Moovecare « application web de suivi des symptômes autoévalués des patients traités pour un cancer du poumon ».

Classiquement, les médecins cherchent à détecter les rechutes de la maladie par la réalisation de nombreux scanners et autres examens complémentaires comme le TEP scanner, les bilans sanguins…etc.

En cherchant à améliorer la prédiction des rechutes, nos chercheurs ont participé aux nombreux travaux démontrant l’impact puissant de l’environnement dans lequel se développe la tumeur. Regarder l’environnement autour de la tumeur (l’individu dans sa globalité), plutôt que la tumeur isolément, a permis d’améliorer la prédiction de la rechute.

Des modèles mathématiques, prenant en compte l’immunité de chaque patient, et la dynamique tumorale dans son environnement, a permis de paramétrer des outils connectés et développer des applications Web permettant au patient de s’autoévaluer – par exemple pour des patients suivis pour des cancers du poumon, sur une échelle de 0 à 3 – une douzaine de symptômes (toux, essoufflement, fatigue, appétit, douleurs, poids, etc.) et de les transmettre via la toile à l’oncologue.

Un algorithme traite ensuite l’ensemble des scores attribués à ces symptômes pour déclencher ou non une alerte au personnel médical qui vérifie alors la plausibilité d’une rechute ou d’une complication. Dans l’affirmative, une imagerie est prescrite afin de vérifier s’il y a reprise ou non de la croissance tumorale.

Une étude clinique sur plus d’une centaine de patients a montré que la survie à 18 mois des patients suivis par les nouvelles méthodes connectées était augmentée d’environ 20%. Des applications sont actuellement en cours de développement pour d’autres cancers symptomatiques.

Deuxième exemple d’implication des modèles mathématiques dans l’amélioration de la prédiction du devenir de patients atteints de Cancer, et l’allègement des traitements :

Le cancer de la prostate touche près d’un homme sur sept, mais il est aussi l’un des cancers qui se soignent le mieux.  Malheureusement, il engendre encore 9000 nouveaux décès chaque année en France.

Ce cancer présente également la particularité d’être lié au taux d’hormones (testostérone) et à une protéine spécifique produite par la prostate – désignée par PSA – et qui se retrouve dans le sang, et qui augmente le plus souvent lorsque le cancer de prostate se réactive.

L’un des traitements les plus couramment prescrits consiste à contrôler la production d’hormones comme la testostérone : l’hormonothérapie ; ce traitement affecte la qualité de vie (bouffées de chaleur, troubles sexuels, anémie, fatigue).

De nombreuses équipes de recherche ont étudié l’application intermittente de l’hormonothérapie, son impact sur la qualité de vie des patients ainsi (améliorée), en cherchant à identifier si ces pauses thérapeutiques étaient préjudiciables aux patients.

L’une des approches prometteuses pour assister l’oncologue dans le choix des paramètres d’une hormonothérapie intermittente consiste à utiliser un modèle mathématique décrivant les principaux mécanismes gouvernant la prolifération des cellules tumorales.

La particularité du modèle que nous avons développé réside dans la prise en compte de l’environnement de la tumeur, c’est-à-dire du tissu de la prostate où s’est nichée la tumeur. En effet, une tumeur ne se développe pas uniquement contre un système immunitaire (qui en principe la détecte comme un corps étranger à éliminer) mais également en compétition avec le tissu hôte pour l’oxygène et les nutriments dont les cellules se nourrissent.

Nous avons montré que ce qui est peut-être attribué au hasard par certains s’explique en fait très bien par le rôle joué par le tissu hôte. Il faut penser l’environnement de la tumeur comme présentant des « barrières » s’opposant plus ou moins vigoureusement à la prolifération des cellules tumorales.

C’est pour cette raison que le mode de vie (alimentation, activité physique, stress, tabagisme, alcoolisme, etc.) a une influence démontrée sur la probabilité de présenter un cancer au cours de la vie.

À terme, notre objectif est d’utiliser ce genre de modèle mathématique de prédiction pour alléger le traitement de certains patients et mieux les sélectionner.

Enfin, un pôle de recherche en génétique des cancers est très actif à l’Institut Rafaël. Un projet de Biobanque est en cours, et une consultation d’intelligence moléculaire en cancérologie travaille avec plusieurs laboratoires de recherche.

Un département de recherche qualitative et quantitative accompagnant les soins médicaux et paramédicaux a été constitué, et permet à chaque soignant et à chaque patient de faire avancer la Médecine Intégrative. L’approche globale des patients, autant que l’émergence d’une nouvelle façon de soigner, feront l’objet de communication des multiples travaux en cours ou à venir.