Le dessin est un langage avant le langage, à travers les médiations artistiques on accompagne les personnes de la dépression légère aux différentes pathologies, à tout âge et à chaque étape de sa vie.

Beaucoup de personnes sous-estiment leurs capacités créatrices et confondent « l’efficacité du geste » avec « la liberté du geste », qui remet en mouvement les lignes internes de la personne, pour assouplir ses mécanismes de défenses, éveiller les parts inconnues de soi, refoulées, tel un palimpseste immense et naturel.

En art-thérapie, le verbal n’est pas la modalité thérapeutique privilégiée, son champs d’intervention concerne tous les Arts, qui ont leurs propres caractéristiques, favorisant ainsi diverses formes d’expressions pour chacun : chant, écriture, arts plastiques, danse, théâtre, musique ; une opportunité pour s’envisager autre.

L ‘art-thérapie est un processus de création, où sont conseillées, au minimum, 10 séances. Elles se pratiquent en séance individuelle ou en travail de groupe avec un maximum de 5 participants, dans un cadre contraignant avec des consignes précises, permettant paradoxalement à chacun de toucher sa liberté. Pour chaque public il y a une approche thérapeutique adaptée.

Toutes les étapes de création sont importantes, il ne s’agit pas seulement de ce qui « est produit » mais de « ce qui se produit », on exploite le pouvoir de l’art et ses effets. Ce double mouvement participe pleinement aux surprises de conscience, à exprimer des difficultés émotionnelles, une situation traumatique, la tension se transforme en attention, la résistance en lâcher prise. C’est un espace expérimental, dynamique.

Comment saisir un nuage et le retenir, la création convoque la personne dans un « ici et maintenant », dans une énergie singulière et il s’exprime autrement (hors de soi) dans une visée qui n’est ni esthétique, ni productive ; seules les découvertes en chemin comptent.

La maladie nous oblige à ralentir, dans cet espace-temps imposé, comment redonner sens à cette vie qui semble nous échapper. La création devient alors la passerelle entre le sujet souffrant et le sujet créateur, cette ruse va permettre le dépassement des conflits internes, la personne agit activement, elle danse, elle peint, dessine, elle se rend compte peu à peu de ses capacités, de son pouvoir, elle retrouve son élan de vie, le plaisir.

On observe la revalorisation de l’individu par la baisse des symptômes dépressif, un gain de confiance en soi.

Cet accompagnement est soutenu par l’art-thérapeute, qui connaît l’art de l’intérieur et qui l’aide à aller plus loin dans sa création, à lui « donner l’envie, d’avoir envie, d’allumer sa vie » à l’encourager à observer ce qui se passe en elle, ce qu’elle dit, l’aider à prendre conscience qu’une partie de son histoire dépend d’elle, c’est le secret de l’escargot qui reconstitue sa coquille tout seul. Progressivement elle se rend compte qu’elle est l’initiatrice de sa transformation intérieure.

Pour le patient, aucune technique n’est requise.

« Les mains ont leur langage propre et elles se suffisent à elles même » Rodin.